Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



Affichage des articles dont le libellé est Ça fait combien en dollars ?. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Ça fait combien en dollars ?. Afficher tous les articles

vendredi 5 décembre 2025

Mouton 2023 a sa belle étiquette,
son œuvre d'art originale

 

by Joana Vasconcelos


C’est l’artiste portugaise Joana Vasconcelos qui a su séduire les frères et sœur de Rothschild avec une œuvre très colorée. Comme chaque année depuis 1945, voilà une nouvelle étiquette destinée aussi à pérenniser une tradition familiale, à compléter une collection.
Comme tous ses illustres prédécesseurs (Picasso, Soulages, Miro et les autres), l
artiste portugaise recevra en paiement quelques caisses de mouton 2023

Évidemment, certains trouveront cette œuvre sublime ; d’autres, moche.
Est-ce beau ? Aucune importance.
Ce qui compte, c’est qu’elle existe.

 

 

 

mercredi 12 février 2025

La grange et la chapelle (dans une seule bouteille)

 







Étonnante rencontre entre deux pointures du vin mondial. L’une nous arrive de la colline de l’Hermitage (Rhône du nord), l’autre des collines d’Adélaïde (Australie du sud). Caroline Frey a apporté la syrah qui compose son grand vin La Chapelle. Peter Gago, la shiraz qui entre dans l’assemblage de son fameux Grange. L’un comme l’autre est familier de ce genre d’opération.

Caroline Frey a déjà ressuscité le bordeaux hermitagé avec trois cuvées (au moins, je ne sais pas toujours tout) qui assemblaient – pour la plus distinguée des trois – le cabernet-sauvignon du château La Lagune et la syrah de la parcelle La Chapelle, sur la colline de l’Hermitage. Peter Gago, lui, crée des cuvées spéciales en jouant avec les cépages de multiples domaines du monde entier, tous propriétés du grand groupe australien Penfolds dont il assure la direction des vinifications. Bref, ce ne sont pas des aventuriers de la barrique, mais de grands winemakers avec toute l’expérience requise pour faire un succès mondial de ce genre d’expérimentation. La cuvée s’appelle Grange La Chapelle et pas le contraire, si j’en crois ce que j’ai lu ici et là.

Pour l’anecdote, les premiers pieds de syrah importés en Australie venaient de la colline de l’Hermitage. C’était en 1832. Plus tard, en 1951, le premier millésime de Grange s’appelait Grange Hermitage. En fait, il s’agit de retrouvailles.

Reste à découvrir le prix de cette nouveauté. J’ai lu des choses extravagantes sur les réseaux sociaux. Attendons de plus crédibles informations. Mais ne nous attendons pas à un petit prix.

 

Mise à jour :
Où l'on apprend que le prix de la bouteille de Grange La Chapelle est établi à 2 600 euros pièce pour le millésime 2021. 1 000 bouteilles, sur les 6 000 produites, sont mises en marché à date. Les millésimes 2022 et 2023 sont encore au chai. C'est normal.

 

 

lundi 3 février 2025

Le percepteur et le vigneron (ça s’arrange)

 

 


J’ai reçu ça.
C’est très intéressant pour les vignerons, leurs familles.
C’est également une bonne nouvelle pour les investisseurs du vignoble.
À lire, donc :

« Le 29 novembre 2024, le Sénat a adopté un amendement crucial concernant la fiscalité des vignes, offrant une exonération de 75 % sur les transmissions de biens fonciers ruraux jusqu’à 20 millions d’euros, à condition de conserver ces biens pendant 15 ans. Cette décision, portée par le sénateur François Patriat et soutenue par la Confédération Nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie à Appellations d’Origine Contrôlées (CNAOC), vise à faciliter la transmission intrafamiliale des exploitations viticoles, un enjeu vital face aux défis du renouvellement générationnel et de la spéculation immobilière.

Cet amendement marque un tournant significatif dans la stratégie fiscale : le plafond d’exonération a été relevé de 500 000 euros à 20 millions d’euros pour encourager la conservation des vignes. Les sénateurs soulignent que cette initiative pourrait prévenir la disparition de milliers d’exploitations familiales, essentielles à la richesse des terroirs français.

 La CNAOC reste cependant prudente, notant que les discussions cruciales au sein de la commission mixte paritaire sont à venir. Le président de la CNAOC, Jérôme Bauer, appelle à une mobilisation continue pour garantir la réussite de cette mesure bénéfique pour l’avenir de l’agriculture familiale et viticole en France.

Ce projet est très favorable à l’investissement dans le patrimoine viticole.
Il reste toutefois dans l’attente de sa validation par le un nouveau gouvernement qui reste à mettre en place. »

 

 

Source : Vinea Transaction

Comme son nom l’indique, Vinea Transaction est une entreprise qui met en relation les vendeurs et les acquéreurs de vignobles. Parcelles, domaines, châteaux, cette agence dispose de toutes sortes de biens viticoles. Créée par Michel Veyrier il y a plus de trente ans, elle dispose aujourd’hui d’un réseau de neuf agences qui couvre toutes les régions viticoles françaises.

vineatransaction.com

 

 

mardi 21 novembre 2023

Cette crise qui enfle





Allons bon, encore une crise. Le mondovino bruisse des rumeurs les plus alarmantes sur l’état du marché mondial du vin. Baisse des expéditions en Champagne ; tassement des enchères à la vente des Hospices de Beaune, bon indicateur et aussi, semble-t-il, chez les maisons de vente habituelles ; primeurs à Bordeaux « catastrophiques » selon quelques acteurs informés ; petites appellations en grand trouble ; baisse générale de la consommation. On me murmure dans l’oreillette qu’il n’y a plus de clients pour les grands vins à gros prix. Le repli serait général. Ce que ne confirment pas quelques vignerons de ma connaissance. Disons qu’ils ont plus de chance, de meilleurs produits, des prix en phase avec les marchés, la Loire est un bon exemple. Disons aussi qu’ils sont, sans doute, peu nombreux dans ce cas et qu’ils ne font pas les gros volumes.

Un esprit un peu tordu aurait vite fait de conclure que c’est une bonne nouvelle. On entend déjà les mauvais coucheurs rappeler qu’ils l’avaient bien dit, que cette mentalité de lucre qui envahit le vignoble avec ses prix toujours plus élevés allait lui revenir en pleine poire, les mêmes fatigants que les salaires des footballeurs ne dérangent pas du tout. Et que, maintenant, il va falloir revoir les tarifs à la baisse. Je n’en crois rien. Certains le feront pourtant, quelques temps, histoire de vider les chais en prévision de la prochaine récolte. Mais, comme les poissons volants, ce ne sera pas la majorité du genre.

Un esprit mieux construit expliquera que l’important, c’est le réseau de distribution. S’en remettre à des négociants et des courtiers coupe les propriétés de leur public, des prix pratiqués, des points de vente et c’est une erreur.

Il m’apparaît que cette crisette de circonstance est plus liée à l’atmosphère générale, à ce bordel XXL qui règne en France, assemblage réussi d’arrogance et d’incompétence. L’actualité d’où qu’elle vienne nous empêche de « déjeuner en paix ». La perspective que ces folies passent sous une douche froide rapido (« pour Noël », donc) étant plus que douteuse, il se peut bien que nos amateurs français, prudents et frileux, se mettent pour un long moment à la bière, puisque c’est moins cher. Surtout au restaurant. Sans moi.

Mais qu’un rayon de soleil se pose sur les JT et le business reprendra as usual.

mercredi 11 mai 2022

Les NFT classés 1855

 

Le fait

La maison Bouey, important négociant bordelais, s’installe dans le commerce 3.0 en offrant à sa clientèle l’opportunité d’acquérir des crus classés 2021 via des NFT.

Qui ?

Bravo à Bernard Magrez (La Tour-Carnet, Pape-Clément) à Laurent Fortin (Dauzac), à Laure Canu (Cantemerle), à Jean Merlaut (Gruaud-Larose), à Matthieu Bordes (Lagrange), à Silvio Denz (Péby-Faugères, Lafaurie-Peyraguey). Ils jouent le jeu avec un sens de l’opportunité contemporaine qui les honore. Ensemble, ils sautent dans la grande piscine. Normal, l’eau est bonne.

Pourquoi faire ?

Évidemment, dis comme ça, on ne saisit pas ce qui distingue une vente sous NFT d’une vente classique puisque les vins ne sont disponibles que deux ans après l’achat. L’intérêt d’être propriétaire d’un NFT au lieu d’une simple facture comme preuve de propriété, c’est la capacité à le revendre avant d’avoir reçu les vins. Le spéculateur gagne du temps. Et comme la propriété touche un pourcentage sur chaque revente, la propriété commence très vite à augmenter son chiffre d’affaires sur un vin déjà vendu et ça, c’est très malin et une bonne façon de se prémunir contre les aléas du commerce. Pour les vins qui connaissent de longues carrières aux enchères, c’est la garantie de faire profiter le producteur de la spéculation, c'est assez moral. Avant, le vigneron voyait passer les grosses marges en s’agaçant de ne pas y toucher. Une excellente manière aussi de gérer ce qu’on appelle le marché gris en sachant toujours où sont les bouteilles et qui en dispose.

Et pour l’amateur ?

L’avantage est triple. D’abord, c’est le dernier du jeu qui échange ses NFT contre les bouteilles. Celles-ci n’ont pas fait trois fois le tour de la planète avant d’être, enfin, ouvertes. Avantage induit, la garantie de provenance. Puisque les bouteilles sont livrées par le château, l’amateur est tranquille. Pas de risque de contrefaçon. Enfin, l’empreinte carbone est réduite à son plus petit dégât. Un seul voyage du chai à la cave de l’amateur. Et sautent les bouchons.

Pourquoi seulement six châteaux ?

Il se trouve que la maison Bouey est la première à se déclarer. Bravo. Ne pas nous prendre pour des lapins de six semaines. On se doute bien que chacun des acteurs importants – ou pas – du vignoble français fourbit ses armes. Des Rothschild à Hervé Bizeul, tous les vignerons qui disposent de neurones en bon état et des volumes nécessaires, même faibles, nous préparent quelque chose. Il faudrait être singulièrement aveugle et sourd pour ne pas comprendre la qualité des enjeux.

 



jeudi 8 avril 2021

Bollinger rejoint les Bourguignons en Oregon

  Comme les Bourguignons, les Champenois sont tous légitimes dans leur quête d’expressions renouvelées du pinot noir et du chardonnay. Au-delà des considérations patrimoniales, c’est aussi sans doute ce qui guide ceux qui décident de tels investissements.

La famille Bollinger vient d’acquérir Domaine Ponzi, dans le nord de la Willamette River, juste au sud de Portland, Oregon, sur le terroir de l’AVA Chehalem Mountains. Une terre d’élection pour nos grands cépages. Ce domaine a été créé à la fin des années 70 par Dick et Nancy Ponzi. Ils ont, depuis, passé la main à leurs deux filles, Anna-Maria qui assure la présidence de l’entreprise et Luisa, c’est elle qui fait les vins. Dans le deal Bollinger-Ponzi, Luisa prend la direction du domaine et Anna-Maria accompagne la transition en attendant la nomination d’un nouveau CEO. Comme souvent, c’est la réunion de deux familles à laquelle nous assistons.

Et moi, j’attends avec impatience la dégustation à venir d’une verticale du domaine puisque j’adore les pinots noirs d’Oregon depuis que j’ai fait le voyage chez Drouhin, il y a trois ou quatre ans, propriétaire depuis trente ans d’un beau morceau de terre dans l’AVA Dundee Hills et depuis, six ans, d’un autre dans l’AVA Eola Amity. J’en avais profité pour visiter quelques domaines, dont celui de Jean-Nicolas Méo (Méo-Camuzet) qui venait de commencer dans l’AVA Yamhill-Carlton et qui, sans surprise, plaçait la barre très haut. Peu après, la maison Louis Jadot a acquis deux domaines dans la même AVA Yamhill-Carlton et la maison Bouchard Père et Fils a choisi d’acheter la célèbre winery Beaux Frères, propriété de Robert Parker et de son… beau-frère dans l’AVA Ribbon Ridge. Toutes ces zones sont extrêmement voisines et se tiennent peu ou prou dans une vallée le long de la rivière Willamette, affluent de la Columbia.

D’autres Bourguignons interviennent comme consultants en Oregon dans cette région, Dominique Lafon et Louis-Michel Liger-Belair, par exemple. C’est dire si les terroirs du coin intéressent nos meilleurs vignerons.

 

Le domaine Ponzi à Laurelwood, Oregon. Au fond, le chai gravitaire.

 

AVA = American Viticultural Area, ce qui correspond à peu près à nos Appellations d’Origine Protégées (AOP, ex-AOC), mais à l’américaine, c’est-à-dire sans le les lourdeurs étouffantes de nos administrations. Bref, nos Français d’Oregon sont peut-être aussi à la recherche d’un peu d’air frais. Nous les comprenons.

 

mercredi 12 juin 2019

Le rosé plus cher que le rosé le plus cher
du monde

Enfoncé, le Garrus du Château d'Esclans. Dépassé, Sacha Lichine et son rosé le plus cher du monde. Voilà que Gérard Bertrand, fort de sa volonté de mettre en avant de grands terroirs du Languedoc, présente le Clos du Temple. Huit hectares, cinq cépages et, à terme, une production d'un peu moins de 25 000 bouteilles. Ce premier millésime n'en propose que 5 000. 
 
Le prix ? 190 euros la bouteille de 75 cl, comme son Clos d'Ora. Plus de deux fois plus que le Garrus de Lichine. Le marché jugera. Si les deux sont d'excellents rosés, on s'y attendait, celui du Clos du Temple a le mérite d'être léger en sulfite alors que le Garrus tape fort, la barre sur le front dès le deuxième verre.

Gérard Bertrand, authentique passionné, a longuement réfléchi à son vin. Il l'habille d'un discours inédit. Il y est question de terre, de temps, de transcendance. Il nous rappelle que ce vin est produit sur un terroir retrouvé qui a compté près de deux mille années de viticulture. Le Clos du Temple est un assemblage de sept parcelles de sols schisteux à flanc de colline en appellation cabrières.

Là, Gérard Bertrand compose avec quatre cépages de la Méditerranée, grenache, cinsault, mourvèdre, syrah à quoi il ajoute une pointe de viognier pour élancer l'histoire. Il convoque les symboles du temple, creuset de toutes les religions, de toutes les cultures. Littéralement possédé par son sujet, il a réfléchi aussi à la bouteille, modèle unique dessiné par Marie Legallet. Si le haut est rond, c'est le dôme du temple. Si le bas est carré, ce sont les quatre piliers qui tiennent la maison. On n'est plus très loin de Ken Follett. C'est bien, on vibre. Bientôt, un nouveau chai va surgir de terre.
On ne peut plus faire sans.

jeudi 13 décembre 2018

La nouvelle étiquette de Mouton-Rothschild,
millésime 2016



Maintenant, on connaît l’histoire initiée en 1945 par Philippe de Rothschild, perpétuée par sa fille Philippine et, aujourd’hui, par les enfants de celle-ci, Philippe, Camille et Julien.
Depuis le premier jour et cette étiquette du millésime 1945 qui, d’un V, célébrait la victoire des alliés sur les forces du mal et sans interruption depuis lors, c’est une véritable collection d’art contemporain qui se constitue peu à peu sous l’œil extatique de l’amateur. D’ailleurs, elle existe en vrai à Mouton et se visite.
La nouvelle livraison est l’œuvre de William Kentridge, artiste multi-media, donc du jour. L’œuvre qu’il a créé pour Mouton, Les triomphes de Bacchus, est une sorte de petit théâtre d’ombres. C’est bien joué, moderne, graphique, enthousiasmant.
Il se trouvera forcément des gens qui n’aimeront pas. Aucune importance. L’art contemporain n’est pas là pour être aimé ou détesté, il importe simplement que l’œuvre existe et témoigne des sensibilités en vogue et de l’air du temps.






lundi 7 mai 2018

Bourgogne-Jura.
Les Devillard acquièrent le domaine Rolet


L’axe Bourgogne-Jura se confirme. La famille Devillard acquiert le domaine Rolet. Cette nouvelle incursion de Bourguignons dans les coteaux jurassiens montre assez à quel point cette région bénéficie d’une cote d’acier. Il y a peu, Angélique de Lencquesaing (iDealwine) nous expliquait que Jura et Savoie étaient les deux régions qui allaient cartonner dans les ventes aux enchères à venir. Tout se rejoint et Aurore Devillard, son frère Amaury et leurs associés, les familles Flambert et Dupuis, ont bien joué. Une maison de grande réputation avec 65 hectares dans une région en flèche, bonne pioche.

Voici le communiqué de presse émis par les familles Rolet et Devillard, en accord avec leurs associés :

« La famille Devillard et leurs associés, les familles Flambert et Dupuis, annoncent aujourd’hui la signature d’un accord en vue de l’acquisition du Domaine Rolet Père et Fils.Fondé en 1942, le Domaine Rolet Père et Fils est le plus grand domaine viticole indépendant et l’un des fleurons du Jura.
Précurseur dans le Jura des cuvées de rouges mono-cépage et de blancs de caractère, le Domaine Rolet Père et Fils décline toute la richesse du terroir Jurassien à travers la large palette de sa production en appellation Arbois, Côtes du Jura, l’Etoile et Château-Chalon : Blancs, Rouges, Rosés, Crémants, Vin Jaune, Vin de Paille, Marc et Macvin.
Sur une superficie de 65 hectares, parmi les plus beaux terroirs de la région, la famille Rolet et ses équipes ont apporté depuis de nombreuses années un savoir-faire reconnu, en France et à l’étranger, associé à une recherche constante de la qualité au service de la singularité d’un terroir.
Dans le respect des traditions et des usages du Jura viticole, les Domaines Devillard et leurs associés conserveront l’indépendance du Domaine Rolet Père et Fils et assureront dans le même esprit sa pérennité et les savoir-faire qui ont porté la production de ce domaine à un niveau d’excellence millésime après millésime.
Cédric Ducoté, actuellement Directeur Export des Domaines Devillard, prendra la Direction Générale du Domaine Rolet Père et Fils dès le mois de Juin.

« Nous partageons avec les Domaines Devillard la même passion à élaborer nos vins en conciliant tradition et modernisme. C’est une nouvelle ère qui démarre pour le Domaine Rolet Père et Fils avec l’entrée au sein des Domaines Devillard qui ont l’ambition de continuer à développer cette maison, tout en lui conservant son identité et ses savoir-faire » ont déclaré Eliane, Pierre, Bernard et Guy Rolet, les cédants.

« Le Jura était pour nous, une évidence car nous avons de nombreux points communs : 2 cépages bien entendu mais surtout une topographie très proche de la Bourgogne et une réelle proximité géographique. Les vins du Jura bénéficient aujourd’hui d’une excellente image voire d’un effet de mode. Néanmoins, nous ne souhaitons pas surfer sur une tendance. Par définition, ce qui est à la mode se démode. Nous nous ancrons dans la durée comme l’ont fait, dans notre famille, les générations qui nous ont précédées. Nous sommes très heureux d’accueillir le Domaine Rolet Père et Fils au sein des Domaines Devillard. Ce sera l’évolution, sans la révolution. Le Domaine Rolet bénéficie d’une image excellente et produit des vins de grande qualité. Nous partageons la même philosophie : celle de produire les plus grands vins possibles, dans la plus belle expression de leur terroir, marqués par l'équilibre et l’élégance. Notre volonté est de consolider la réputation, la qualité des  vins et la distribution du Domaine Rolet Père et Fils, en France et à l’Export. Une nouvelle page s’ouvre, dans le respect du savoir-faire, dans la tradition et la modernité » ont précisé Amaury et Aurore Devillard, les dirigeants des Domaines Devillard.

« Nous sommes très heureux  avec mon frère Stéphane et mon beau-frère Franck Dupuis, d’accompagner Aurore et Amaury dans la reprise de ce superbe domaine qui va nous permettre de découvrir un nouveau métier. Nous remercions la famille Rolet de la confiance qu’ils nous ont accordée en choisissant nos trois familles pour perpétuer leur histoire et nous porterons haut et fort les vins du domaine Rolet Père et Fils ainsi que les couleurs du Jura à travers la France et le monde » ajoute Christophe Flambert. » 

Il y manque une info de taille. Le prix. « On ne communique pas sur le prix. » Fermez le ban. Tout se sait et ça aussi, ça se saura. Il faut dire que c’est un point intéressant. Si le monde a une idée approximative des grandes transactions bordelaises ou bourguignonnes, c’est si rare dans le Jura qu’au fond, personne ne sait vraiment combien coûte un hectare planté. Pour savoir, nous avons été tourner les pages du blog d’iDealwine, justement. On y lit ceci que je reproduis tel, j’ai juste corrigé les fautes d’orthographe :
« Jura. 24 000 euros en moyenne pour  l’appellation côtes-du-jura. Le prix à l’hectare grimpe à 60 000 euros pour château-chalon. Mais ces montants peu élevés expliquent l’intérêt marqué d’investisseurs venus de Bourgogne (où le foncier est devenu inabordable) pour un vignoble où l’on retrouve notamment les cépages bourguignons. »
Bon, ben voilà. On a une idée, maintenant.

Pour mémoire, la famille Devillard est propriétaire des domaines suivants :
Château de Chamirey (mercurey)
Domaine de la Ferté (givry)
Domaine de la Garenne (mâconnais)
Domaine des Perdrix (côtes-de-nuits)

vendredi 20 avril 2018

Primeurs 2017, l'affaire de la semaine

En vente chez chateauprimeur.com, ce grands-chênes, médoc 2017
à 11 euros HT est une aubaine.
Bernard Magrez illustre une fois de plus son credo.
Il tient ses prix de vente bien serrés.






mardi 31 octobre 2017

Il fabriquait des petrus avec du fombrauge

C’est Bernard Magrez qui, avec beaucoup d’humour, m’a fait parvenir cette coupure du quotidien Sud-Ouest. Il faut dire que l’affaire est énorme. Un margoulin de petit calibre au passé guère reluisant, s’est fait serrer par la police. Il vendait de faux petrus au prix des vrais. Pour sa défense, il a fait valoir qu’il emplissait les bouteilles avec du saint-émilion château-fombrauge et du saint-julien château-talbot. Ce qui fait beaucoup rire Bernard Magrez qui précise avec une certaine jubilation : « Je suis heureux que le Château Fombrauge ait donné, aux dires de Paul Oster, ce génial faussaire, de la bonne facture et une robe rassurante à la fabrication de ce nouveau petrus. » Nous aussi. Sauf pour l’assemblage fombrauge-talbot qui me paraît plutôt hasardeux. Mais je me trompe peut-être, je vais essayer.
Lisez l’article ci-dessous, c’est passionnant.
On ne lit pas assez Sud-Ouest.

-->
L’ancien braqueur fabriquait du faux petrus

Premium
Un homme qui fabriquait de faux vins dans son appartement en Lorraine a été condamné jeudi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bordeaux. Après des années passées derrière les barreaux, dix mentions sur son casier judiciaire, on pensait que l’ancien braqueur Paul Oster s’était mis un peu de plomb dans la cervelle. Au seuil de la soixantaine, il avait ouvert un bar à vins en Lorraine. In vino veritas ! La reconversion s’annonçait prometteuse. Elle a tourné court après le décès accidentel d’un proche. Devenu un fin connaisseur, il a alors songé à une martingale pour améliorer sa maigre retraite et des fins de mois qui sonnaient souvent creux.

Dans son appartement
« Petrus ça rapporte », lâche-t-il tout de go devant la présidente Caroline Baret. Depuis 18 mois au moins, il proposait à la vente des spécimens contrefaits du célèbre flacon de Pomerol en organisant des enchères sur eBay. Les gendarmes de la cellule vins du groupement de la Gironde qui l’ont interpellé en début de semaine à Montigny-lès-Metz, ont découvert dans son appartement un petit atelier de fabrication d’où sortaient des clones du fameux nectar. 400 bouchons, 2 000 capsules, une sertisseuse, une matrice pour dupliquer les étiquettes, de vraies bouteilles vides de petrus achetées sur Internet… Le matériel du parfait faussaire était réuni dans quelques m². « C’est un véritable amoureux du vin. Il n’a pas voulu nuire à l’image de petrus », assure son avocate Me Audrey Téani. Astucieux, Paul Oster glissait parfois un vrai petrus parmi les fausses bouteilles. Et il arrivait qu’il les remplisse avec des crus de bonne facture à la robe rassurante. « J’y ai mis du château fombrauge et du château talbot. » Des particuliers mais aussi des professionnels comme un négociant de Pomerol ont mordu à l’hameçon allant jusqu’à débourser plusieurs milliers d’euros pour avoir le bonheur de ranger une unique bouteille dans leur cave. Roué, Paul Oster remboursait rubis sur l’ongle ses clients mécontents.

"Protéger un terroir"
Quelques acheteurs suspicieux ont préféré alerter château petrus. Les flacons adressés pour expertise au mois de juin au service de restauration des vieux millésimes du domaine ont rapidement tombé le masque. Pose de l’étiquette, longueur du bouchon, signature de la propriété. Rien ne collait. L’analyse du vin menée quelques jours plus tard en laboratoire après la plainte de Petrus a confirmé la fraude. À partir de l’adresse IP du fraudeur, celle qu’il utilisait pour se connecter sur la Toile, les enquêteurs ont remonté sa piste, identifiant près de 150 transactions. 16 seulement dûment authentifiées ont été finalement retenues. 100 000 euros ayant transité sur ses comptes en 18 mois, sa petite entreprise prenait visiblement de l’ampleur. Le parquet économique et financier de Bordeaux a préféré le stopper sans délai plutôt que de lancer une enquête au long cours. « Il fallait protéger un terroir, une marque et un savoir-faire », souligne le vice-procureur Bertrand Rouède dont les réquisitions ont été en grande partie suivies. Paul Oster a été condamné à 18 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve avec obligation de rembourser les parties civiles. Les 19 000 euros saisis sur son compte ont été confisqués. « Je ne pensais pas que cela irait si loin », a-t-il avoué en début d’audience. On ne touche pas impunément à Petrus.

Auteur : Dominique Richard








 

mardi 5 septembre 2017

Phélan-Ségur est vendu

Phélan-Ségur, un soir d'été et d'orage.


Les frères Gardinier, propriétaires de Château Phélan-Ségur, Groupe Taillevent, Les Crayères à Reims et un important domaine d'agrumes en Floride, annonce la vente (négociation exclusive, en fait) de Phélan-Ségur à un entrepreneur belge, Philippe Van de Vyvere.
La rumeur courait depuis un moment, elle n'était donc pas sans fondement. Rappelons que la famille Gardinier a signé un long passage de trente ans aux commandes du cru. Lequel est devenu l'un des plus exemplaires de l'appellation et, certainement, un grand du Médoc.
Voici ce que les frères Gardinier disent :
« Afin de renforcer la cohérence entre nos différentes activités, nous avons décidé de consacrer
l’essentiel de nos investissements à venir dans les métiers de la gastronomie (restauration,
distribution, …) et de l’hôtellerie haut de gamme. Taillevent Paris, le Domaine Les Crayères et le
Comptoir du Caviar en seront les premiers bénéficiaires, avec des projets déjà définis. Le renforcement du groupe pourra également passer par de la croissance externe si cela s’avère être
complémentaire », expliquent les trois frères, Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier, et d’ajouter
« le vin, l’une de nos passions, reste au coeur de l'ADN du groupe. Nous gardons ainsi une réelle
proximité avec nos amis viticulteurs. »


À propos de l'acquéreur
Philippe Van de Vyvere, qui a construit son développement autour d'activités maritimes et portuaires
à travers son groupe Sea-Invest, a toujours cultivé une passion des grands vins.
« Initié dès mon plus jeune âge par mon grand-père, grand connaisseur et collectionneur des Vins de
Bordeaux, je perpétue cette tradition familiale. Parmi mes amis, je compte d'heureux propriétaires
dans le Bordelais, et mon rêve de posséder un jour une belle propriété a été exaucé lors de ma
rencontre avec la famille Gardinier. J’ai eu un réel coup de coeur pour Château Phélan Ségur,
magnifique domaine surplombant la Gironde. Les nombreux échanges avec les frères Gardinier leur
ont fait comprendre que j'allais être un acquéreur respectueux du passé, et ayant la volonté de
continuer l'excellent travail accompli. Mon ambition est de pérenniser Phélan Ségur comme l'un des
grands Saint Estèphe. »



La photo : est signée Mathieu Garçon

mardi 18 avril 2017

Le groupe Maisons et Domaines Henriot
acquiert la winery Beaux Frères en Oregon

Une petite partie des vignes du domaine Beaux Frères, dans la Willamette en Oregon.
Le domaine est mené en bio-dynamie.
Quelques semaines après la splendide prise de position du groupe EPI, déjà propriétaire des champagnes Charles Heidsieck et Piper-Heidsieck, qui a acquis les grands rouges de la famille Biondi Santi, en brunello-di-montalcino, voilà une autre preuve de l’incroyable santé de la filière vin française.
Le groupe familial, Maisons et Domaines Henriot, dirigé depuis deux ans par Gilles de Larouzière a pris le contrôle d’une winery de tout premier plan en Oregon. Elle porte un drôle de nom, Beaux Frères, qui témoigne de l’actionnariat composé de Michael Etzel, le vinificateur-fondateur et de son beau-frère qui n’est autre que Robert Parker, mari de la sœur aînée de Michael. Oui, lui-même. Il reste actionnaire. Il est important de préciser que Robert Parker n’a jamais commenté ou noté les vins de Beaux Frères dans le Wine Advocate ou dans ses livres. Son impact sur le domaine Beaux Frères tient surtout au niveau d’exigence qu’il a insufflé à tous les échelons de l’élaboration des vins comme des pratiques culturales. Ce vignoble est mené en biodynamie. Pour comprendre la dimension artisanale de la winery Beaux Frères, il faut savoir qu’elle produit 110 000 bouteilles dont les prix (public TTC) s’étagent de 60 à 125 $ pour une gamme de plusieurs cuvées de pinot noir et une de chardonnay. Des prix élevés pour un consommateur français, mais habituels aux USA.

Michael Etzel, le vinificateur et fondateur de Beaux Frères
Beaux Frères est une propriété emblématique du dynamisme de l’Oregon et c’est une belle prise. Maisons et Domaines Henriot a acheté la majorité des parts, mais conserve chaque membre de l’équipe. Pour Gilles de Larouzière, c’est « Une marque qui dispose d’un potentiel de développement magnifique, même aux USA. Et le pinot noir connaît un engouement mondial. Nous sommes en mesure de les aider à l’export et aussi sur le marché domestique grâce à MDH America, notre filiale dédiée. Pour commencer, il s’agit de comprendre le modèle, très différent de ce que nous faisons en France, et bâti sur la vente directe pour 50 % de la production. Aux USA, c’est habituel et pour nous, c’est très nouveau. Nous pouvons les aider dans la présentation et la promotion de leurs vins, mais nous devons surtout être respectueux de ce qui marche si bien et prudent dans notre approche de l’entreprise. »
Ce qu’il y a d’amusant dans cette opération, il faut bien l’avouer, c’est la qualité de la réponse apportée aux persistantes rumeurs qui donnaient Gilles de Larouzière vendeur du groupe familial. Rumeurs en provenance, pour l’essentiel, du négoce londonien. Gilles nous précise : « Nous envoyons un message très clair sur les intentions des familles, mais nous ne le faisons pas pour ça. Il s’agit pour le groupe d’une occasion unique d’ajouter une pépite à une collection qui en compte déjà beaucoup. Nous ne sommes pas dans une logique de développement massif, mais plutôt d’artisanat d’art ».

Gilles de Larouzière et Michael Etzel

Rappelons que Maisons et Domaines Henriot est déjà propriétaire des champagnes Henriot, des bourgognes Bouchard Père et Fils, des chablis William Fèvre, des fleuries du Château de Poncié, des spiritueux Lejay-Lagoute.

La gamme des pinots noirs et chardonnay de Beaux Frères


mardi 19 juillet 2016

Cet hermitage est le vin le plus cher du monde



Voilà ce que nous dit la maison iDealwine qui s’y connaît
en ventes aux enchères :
« Le classement mi-annuel 2016 marque un changement de taille dans le marché des enchères de vin : une bouteille d’hermitage La Chapelle 1961 de la maison Jaboulet a ravi la première place du classement au Domaine de la Romanée-Conti. Plusieurs acheteurs se sont disputé ce flacon d’exception qui a finalement été adjugé 13 320 euros pour le compte d’un amateur autrichien, soit 67 % de plus que sa cote iDealwine®. Cet hermitage offrait un pédigrée irréprochable : reconditionné récemment au domaine, il était accompagné d’un certificat d’authenticité. »
Ce qui place cette chapelle 61 au premier rang des vins les plus chers du monde.
C’est bien pour le marché (qui a besoin de relancer l’intérêt sur les locomotives), c’est sympa pour le producteur (Caroline Frey n’a pas fait le 1961, bien sûr, mais elle en est propriétaire et vient de signer une belle suite de millésimes de la-chapelle), ça fait briller les yeux des amateurs (ils en rêvent), tout est en ordre.

En lisant l’ensemble des performances des vins vendus via iDealwine, je me suis amusé à faire ça.
Pour le prix d’une seule bouteille de la-chapelle 61, j’aurai quoi ?
- 12 bouteilles de mouton-rothschild 2000 et 3 000 euros de monnaie,
- 4 hermitages 1995, cuvée Cathelin, Jean-Louis Chave,
- 5 chambertins 1955 du domaine Leroy.
Mais ce sont les pétrus (7 places) et romanée-conti (12 places) qui trustent 19 des 25 premières places du palmarès.
Les lignes bougent, mais à peine.

jeudi 21 avril 2016

Les primeurs, pour quoi faire ?

Les primeurs seize, quinze et dix ans après

C’est le moment, tout commence.
Ici et là, au fond d’un uber ou devant un écran de bureau, l’Homme s’interroge, compulse des fichiers de notes et de commentaires, affole les applis, compare des prix qui sont tous les mêmes ou à très peu près, appelle un pote qui s’y connaît.
L’Homme va acheter du bordeaux en primeurs.
Il prend son temps, ce n’est pas comme si sa vie en dépendait. Il est loin le temps où il fallait se positionner, comme on dit dans le commerce chic, avant la sortie de la deuxième tranche, plus chère évidemment. Il n’y a plus de deuxième tranche et si il y en a encore, l’Homme sera en vacances, alors, les primeurs, hein.
Parfois, il s’agace d’un rien. Se demande qui de Bettane+Desseauve, leurs 101 super bordeaux, ou de Jane Anson, la nouvelle chroniqueuse trop hype du Figaro, a le plus raison pour haut-carles ou carmes-haut-brion, les chouchous du millésime. C’est la saison où l’Homme se pose de vraies questions (dois-je acheter figeac ou pontet-canet ?).
Non, il ne se dit pas que s’il n’achète pas là maintenant, il ne l’aura pas son cheval-blanc OWC, comme ils disent chez Berry Bros (CBO en français). Au fond, il s’en fout un peu. Il est normal, le Raymond. Il sait bien que le jour où il ouvrira l’une des bouteilles qu’il va acheter samedi, dix ou quinze ans plus tard, tout ceci, ces tourments, sera oublié.
Il est comme moi, Raymond, ce n’est pas un spéculateur, c’est un jouisseur.
Dans un registre voisin, il ne se dit pas non plus que c’est l’affaire du siècle cette histoire de primeurs. Il a lu sur le site de tel magazine anglais ou américain que les vins dont on parle se retrouvent moins cher qu’en primeur, trois ans après. Enfin ça, il l’a lu, mais il n’a rien vu de tel, même pas dans les Foires aux vins d’octobre, moi non plus, pourtant il paraît, mais bon.
Non, le Raymond, je vais tout vous dire.
Il achète des bordeaux en primeurs pour en avoir.
- Quoi ? C’est tout ? Tu parles d'une info.
- Ben oui, tu t’attendais à tomber de ta chaise ? C’est pas Wikileaks, ici.
Comme moi, il sait le bonheur d’attaquer un rang de douze dans ses casiers équipés en rangs de dix (ceux qui savent, savent). Le plaisir de tirer un bouchon de haut-marbuzet 2000 acheté en 2001, mais à qui ? C’est comme le malartic-lagravière 2001, qui me l’a vendu ? Osef, comme on dit sur internet. Mais quel pied de sortir ça. Et comme c’est bon. Et bon d’en avoir en sachant que t’en as encore. Le petite-église 06, je me souviens. C’est le beau Gérard Super-Bordeaux qui me l’a fourgué comme un truc de la plus haute importance, que je devais pas rater ma vie, tout ça. T’as vachement bien fait, Gérard, il est parfait, en place, très bon, ce p’tit pomerol de deuxième rideau. Et comme j’ai complètement oublié le prix, neuf ans après, il est encore meilleur. Je l’ai, je suis content, c’est tout bien, je l’ai bu, bonheur avec onze à suivre.
Voilà à quoi servent les primeurs. En avoir, les couver pendant dix ou quinze ans, oublier le prix, les boire avec ravissement et les amis.

Et le seul truc auquel l’Homme est devenu vraiment attentif, c’est à qui il achète ces vins qui lui seront livrés dans deux ans. Ça ne rigole plus comme du temps de 1855. Les marchands sérieux sont ceux qui appartiennent à de gros négociants bordelais historiques à une ou deux exceptions près, ceux qui sont adossés à des millions de quilles en stock, pas les malins de cour de récré qui montent des sites trop chouettes pour être honnêtes.
Il finira par dégainer la Visa, Raymond. Pour ça. En avoir, l’oublier, le retrouver, la poussière, ces plaisirs. C’est simple.


lundi 8 février 2016

Le concours de blogs où je ne suis pas candidat

Le grand marchand Millesima, entreprise bordelaise historique issue d’une puissante famille de négociants, a lancé un concours mondial de blogs. Où l’on a vu affluer des candidatures de toutes provenances, Europe, USA, etc. En tous plus de cent impétrants en lice pour la reconnaissance suprême. La raison pour laquelle je n’en suis pas, c’est que Millesima m’a demandé d’être juré dans un jury composé de deux membres. L’autre est Xavier Sanchez, directeur commercial et marketing chez AXA Millésimes, un garçon sérieux posé dans cette histoire avec sa grande expérience (Bordeaux, Bourgogne, Porto, Tokaji) plus que nécessaire.
Bref, me voilà dans le très délicat rôle du juge qui juge ses pairs. Il me fallait donc adopter un bouquet de critères acceptable par chacun, mes collègues et moi. J’ai donc décidé de faire comme souvent, au feeling. Je me suis intéressé aux blogs qui délivrent une information pas trop tordue, qui ne se livrent à aucune exégèse à caractère idéologique, à ceux qui remettent les pendules à leur place, comme dirait Johnny. Je me suis passionné pour les blogs qui donnent envie de ce qu’ils racontent, quel que soit le niveau présumé du lectorat. S’agissant de blogs du monde civilisé au sens le plus large, je n’ai pas retenu le look des blogs comme critère discriminant, chacun en cette matière voyant midi à sa porte et que la police du goût, hein, très peu pour moi dans cette position de juge.
In fine, Xavier Sanchez et moi avons retenu ensemble 48 blogs pour aboutir à une sélection finale de 24 candidats. C’est cette liste de 24 que le public est appelé à juger à partir de ce mardi, chacun pouvant choisir trois blogs européens et trois américains.
Moi, dans mon Top 3, j’ai mis deux blogs français et un américain. Les blogs français sont ceux de André Fuster (clic) et François Audouze (clic) que je trouve épatants pour des raisons radicalement différentes, que j’étais ravi de découvrir dans la liste des candidats et parce que je suis pour soutenir les gens qui font bien. Le blog américain s’appelle La Dolce Vino. Déjà, c’est drôle. Un blog formidable. Et il y en a plein d’autres à découvrir d’urgence.
C’est beaucoup plus difficile de voter pour deux fois trois blogs (trois américains et trois européens) parmi 24 que d’en choisir 24 au milieu de cent. Public, cher public, bonne chance.

Pour voter, suivez Millesima sur Facebook dès le mardi 9.


jeudi 12 novembre 2015

Rayne-Vigneau (à Sauternes) est vendu

On l’apprend à l’instant (non, on a le droit de vous le dire à l’instant, en fait), la société CA Grands crus, filiale du Crédit agricole, a cédé son château Rayne-Vigneau, premier cru classé de Sauternes. L’acquéreur s’appelle Derek Smith, aussi champion de la Vente par correspondance de vins et d’autres choses.
Je suis sûr que les comptes de CA Grands crus s’en trouveront mieux et j’espère que cet acquéreur sait ce qui l’attend.
Je pense qu’il faut se réjouir de voir de l’argent enthousiaste arriver à Sauternes.

Il va falloir que le nouveau propriétaire s’occupe du collage des étiquettes.
Mais c’était très bon, ce 2001.



Mise à jour 
Il s'agit en fait d'une cession de la majorité des parts de Rayne-Vigneau au groupe Trésor du patrimoine, holding de Derek Smith. CA Grands crus reste actionnaire minoritaire du beau sauternes. D'autre part, CA Grands crus a acquis la totalité des parts du Château La Tour-de-Mons à Margaux, ce qui renforce sa position dans le Médoc.



jeudi 9 juillet 2015

Les 10 vins les plus chers


Le site de vente aux enchères iDealWine, lancé en 2002, confirme sa pleine forme et publie ce communiqué de victoire :
 
« Les chiffres du rapport annuel du Conseil des ventes pour l’année 2014 placent International Wine Auction, la filiale d’iDealwine en charge de l’administration des ventes aux enchères on-line du site, au premier rang des opérateurs de vente aux enchères de vin en France.
Le conseil des ventes, organisme qui régit le fonctionnement des ventes aux enchères en France, a publié ces derniers jours son rapport pour l’année 2014. Le segment des ventes aux enchères de vins a atteint 33 millions d’euros d’adjudications (hors frais) en 2014. Sur ce marché iDealwine, au travers de sa filiale International Wine Auction, se place au premier rang des opérateurs, avec un montant d’adjudications qui a atteint l’année dernière 6,475 M€ (hors frais acheteurs), soit 7,7M€ TTC. »
Pas mal.
Pendant les six premiers mois de 2015, iDealWine a déroulé 12 ventes aux enchères. 44 000 flacons ont été adjugés pour un montant total de 3,39 millions d’euros (4,06 millions TTC).
Les chiffres publiés ci-dessous sont intéressants en ce qu’ils sont un très fidèle reflet du marché français et des places respectives de chacun de ses grands vignobles. Excepté la belle performance d'un bas-armagnac de bonne origine qui coiffe pour une fois les cognacs sur le poteau. Je rappelle qu'il s'agit de ventes aux enchères, pas du tarif de votre caviste préféré.


Les 10 vins les plus chers vendus au premier semestre 2015 (frais acheteurs inclus)

Le vin le plus cher
Romanée-conti 2001, du Domaine de la Romanée-Conti : 9 120 euros

Le bordeaux le plus cher 
Petrus 1982 : 3 316 euros

Le champagne le plus cher
Krug Collection 1979 (magnum) : 3 780 euros

Le rhône le plus cher 
Château Rayas châteauneuf-du-pape 1978 : 1 140 euros

Le loire le plus cher
Clos-Rougeard, Le Bourg, saumur-champigny 2005 : 330 euros

Le languedoc le plus cher
Grange des Pères 2005 : 168 euros

L’alsace le plus cher 
Clos Saint Hune riesling 2003, Trimbach : 144 euros

Le spiritueux le plus cher
Bas-armagnac Laberdolive 1935 : 1 080 euros

Le vin étranger le plus cher
Screaming Eagle 2012 (Napa Valley, USA) : 1 920 euros

Le whisky le plus cher
Whisky Port Ellen 1978 (13th release 34 ans 55° Islay Whisky) : 1 668 euros



mercredi 8 avril 2015

Pédesclaux, Pauillac, Lorenzetti et Wilmotte
(sont dans un chai)

Jean-Michel Wilmotte, la main, le crayon, l'œuvre


Comme promis, voici les photos du nouveau chai de Château Pédesclaux, cru classé 1855 de Pauillac. Cette acquisition récente de Jacky Lorenzetti a enfin les moyens de retrouver sa grandeur passée. En attendant, il n’est pas exclu que pédesclaux 2014 soit le meilleur rapport qualité-prix du Médoc.
Et il n’y a plus de cru classé 1855 à la traîne, désormais.

Les hommes de Pédesclaux 

Jacky Lorenzetti et son écharpe aux couleurs de son club de rugby

Jean-Michel Wilmotte, l'architecte

Emannuel Cruse, le conseiller et co-propriétaire du château d'Issan à Margaux


Le chai de Pédesclaux, nouvel emblème à Pauillac




Le château Pédesclaux pris en sandwich, comme emballé, entre deux cubes de verre. Une bonne idée qui consiste à donner un peu d'ampleur à un édifice qui en manquait.





 Les photos sont signées Mathieu Garçon

mercredi 4 février 2015

Mouton en chef de la meute



C’était Lafite, c’est Mouton.
Celui-ci, après l’autre, prend les commandes de la locomotive bordelaise à l’assaut de l’Empire du milliard. Par le biais d’une vente aux enchères dédiée à Mouton-Rothschild, Sotheby’s a prouvé de façon éclatante que le bordeaux, quand il est grand, conserve toutes ses chances dans le cœur des grands amateurs chinois.
En s’appuyant sur l’Année du Bélier (sorte de gros mouton à cornes assez énervé), les spécialistes de la maison de vente anglaise ont fait un gros carton qui a dépassé de beaucoup les estimations les plus avantageuses. Même la bouteille la moins chère, un (petit) millésime 1977, a fait plus de trois fois l’estimation à plus de 900 euros la bouteille.
C’est une bonne nouvelle pour tout le monde.
On a beaucoup prétendu que les Chinois, enfin décillés, ne voulaient plus de bordeaux dans leurs caves. Surfant sur quelques revers de grands bordeaux dans les ventes en Chine, chacun y allait de son commentaire. À entendre les oiseaux de malheur, Bordeaux et ses grands vins touchaient le fond (de la piscine du château, pas plus). Comprendre que, à leurs yeux brumeux, c’était juste normal.
Tu parles.
Bravo à tous ces grands amateurs de Hong Kong et d’ailleurs d’avoir remis l’église au milieu du village et d’avoir renvoyé les bilieux à leurs aigreurs. C’est marrant, cette propension de la réalité à piétiner les rêves les plus tordus des visionnaires les moins doués.

Quelques exemples de prix :
- Une verticale des millésimes de 1945 à 2012 : 270 000 euros
- Un lot de trois bouteilles de 1961 : 17 000 euros (mais six 1982 au même prix)
- Un magnum de 1945 : 80 000 euros (mais deux bouteilles du même : 67 000 euros seulement)
- Une bouteille de 1870 : 36 000 euros

On le voit, Mouton a trouvé sa place, au premier rang des grands vins du monde avec quelques confrères, mais pas tellement. Plus de 260 lots, exclusivement des moutons, ont été dispersés sous le marteau du commissaire-priseur, ce 30 janvier à Hong Kong.


La photo : fresque inédite de Miquel Barcelo pour l'étiquette de château-mouton-rothschild 2012 (détail).