Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



dimanche 14 octobre 2012

Une belle histoire, une bonne bouteille



C’était une fin d’après-midi, dans une de ces crises de rangement de cave, un truc qui vous prend de loin en loin sans beaucoup d’efficacité, mais qui a un gros mérite, celui de remettre la main sur des bouteilles oubliées.
Voici la Ferme des Lices, belle histoire et bonne bouteille.
Oubliée, retrouvée, et en passagères clandestines, plein de bulles qui remontent à la surface, pour un éclat de rire, une déconnade, un bonheur passé.
La Ferme des Lices est une pure invention d’une jeune fille qui s’appelle Laurence Berlemont. Œnologue, elle a créé un business dédié à Brignoles dans le Var et gère un certain nombre de propriétés en Provence, vins et d’huiles d’olive. Chef d’entreprise et mère de famille, elle vit très vite, roule beaucoup, a des idées et s’enthousiasme chaque fois qu’il est nécessaire.
Un beau matin, voici que sa route croise celle d’une riche Américaine, propriétaire d’une villa agréable dans l’un de ces domaines privés, fermés et gardés comme on n’en trouve guère qu’à Saint-Tropez. Au fil de la conversation, rendez-vous est pris pour voir les vignes. Là, Laurence comprend que chaque propriétaire est détenteur de 2 à 5 000 m2 de bonnes vignes, que le raisin part à la coopérative, que la vigne est un gentil décor de vacances. Armée de son bâton de pèlerin, elle commence à convertir chacun à son idée.
Ce n’est pas simple d’expliquer à des gens propriétaires de parcelles importantes et constructibles, à Saint-Tropez en bord de mer, qu’ils vont signer un contrat à long terme pour faire un vin dont vous me direz des nouvelles, sûrement, mais pas tout de suite, donnez-moi deux ou trois ans pour y arriver. L’équation personnelle de Laurence Berlemont balaie les obstacles à force de conviction, les yeux qui brillent peuvent se montrer convaincants et une dizaine de propriétaires lui font confiance.
Il s’agit de créer le seul domaine viticole privé de la commune de Saint-Tropez. Elle paiera le raisin en bouteilles étiquetées au nom de chacun des propriétaires. La plupart sont des étrangers, ils trouvent l’idée drôle et flatteuse et vogue la galère. Laurence s’occupe de tout, investit le petit garage de l’Américaine pour mettre des cuves, la vigne est belle, les vacances sont bonnes, tout le monde est content.
L’aventure s’appelle La Ferme des Lices, Saint-Tropez sur l’étiquette est une mention avantageuse, le vignoble est mené en bio, le vin est bon dans les trois couleurs, cavistes et restaurateurs locaux s’intéressent, les propriétaires des vignes bombent le torse, l’histoire est lancée.
Cette bouteille retrouvée est un millésime 2006, il est prêt à boire. C’est un vin bien structuré, arrondi, sans excès de soleil, sans intention de faire genre. À mes yeux, l’un des meilleurs rouges de la presqu’île. Un assemblage gagnant de syrah et de cabernet-sauvignon qui, comme toujours dans ces cas-là, réclame un peu de patience pour être bu à son meilleur. 


Oui, on peut sans doute acheter du vin à la Ferme des Lices en direct, essayez via le site, ici.

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