Le rosé est pluriel comme tous les vins, comme la mode, cette comète fugace. Pour faire simple, cette couleur anime deux clans, deux populations qui ne se fournissent pas dans les mêmes rues, les mêmes boutiques.
D’un côté, H&M, Zara, les baskets et les rosés ultra pâles que le grand public adore en croyant sottement que la pâleur du vin le garde de l’alcool. En même temps, comme dirait l’autre, on est content de voir les Français signer une réussite bas de gamme et mondiale. Ce n’est pas si fréquent. Nous, d’habitude, c’est plutôt Dior et Hermès. Cela posé, pondérons ce propos et considérons le succès des rosé pâles et chers voire très, un haut de gamme coûteux pour des vins savamment élaborés à la manière de ce que livre le groupe Moët-Hennessy avec ses propriétés provençales (Galoupet, Esclans, d’autres à venir). Il va de soi que le grand groupe n’a pas investi dans le segment des vins rosés pour faire de la figuration avec des bouteilles à cinq balles.
De l’autre, APC, agnès b., Weston et les rosés de couleur soutenue, les “dark rosés” qui enchantent les amateurs. Deux expressions d’une couleur qui n’ont rien en commun. Ni les saveurs, ni les couleurs, ni les prix. Pas même les méthodes d’élaboration. Moi, j’ai choisi mon camp depuis un moment, ce qui n’empêche pas des incursions dans le camp d’en face quand un caviste vous promet que et que, des monts et des merveilles, on se laisse faire, on essaye, on n’est pas obtus, pas toujours ravi non plus, mais quand même, parfois ça marche et même très bien (Fontenille, Triennes, par exemple).
“Dark rosé is the new red” (copyright Vincent Pousson, clap, clap, clap, c’est bien trouvé), le mot est juste, donne envie d’y croire, j’y crois. Faites pareil, ça change tout. La mode est faite pour partir dans tous les sens, tout le temps, à toute allure. Suivons ce mouvement. Pour une fois, c’est le bon.
On
trouvera de très jolis dark rosés à Tavel, évidemment (Aqueria ou
Dauvergne & Ranvier), on pense à Marcel Richaud (cairanne) et aussi au
Roussillon (domaine des Mathouans), à la Champagne (Drappier, Le Brun de
Neuville), à Bordeaux (le clairet du Clos Dubreuil), l’Italie (Foradori), la
Suisse (Chappaz). Et il y en a d’autres.
La prochaine fois, nous nous intéresserons aux rouges pâles. Dark rosés, rouges pâles, le monde avance. Ben oui.
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