L’Alsace est à son tour touchée par
l’œnotourisme de luxe et il va falloir reconsidérer le tracé de sa route des
vins, prévoir une extension par le nord. Depuis le 28 septembre et l’ouverture
de la Villa René Lalique, l’aventure commence à Wingen-sur-Moder, au nord-ouest
de Strasbourg.
La très historique cristallerie Lalique est là, dans
ce petit bourg forestier, depuis sa création par René Lalique au début du XXe
siècle. Le grand artiste habitait à quelques mètres de son usine. Après sa
mort, l’endroit a été assez mal entretenu pour nécessiter une refonte complète
quand Silvio Denz a acquis la marque et ses actifs. Aussi connu pour ses
vignobles de Saint-Émilion (Châteaux Faugères et Rocheyron), d’Espagne et
d’Italie (Monte-Peloso), Silvio Denz est un collectionneur de Lalique et c’est
ce qui l’a poussé à acquérir la marque menacée de faillite. Très vite, il lui a
insufflé le dynamisme qui manquait. Tout commence par le lancement d’une ligne
de verres œnologiques conçus par le critique américain James Suckling et c’est
ainsi que la collection « 100
points » a vu le jour.
Le monde de la cristallerie française qui a commis toutes sortes de verres, et autant d’œuvres d’art, n’avait pas pris en compte la nécessité œnologique de la verrerie. Un univers laissé aux seules entreprises autrichiennes, allemandes et italiennes. L’Autrichien Riedel est le chef de file de cette tendance et le grand modèle, pour tout le monde. La France, qui abrite les plus belles cristalleries du monde, devait reprendre la main et l’initiative de Lalique a été suivie. Baccarat a reconsidéré son offre, d’autres aussi, jusqu’à Saint-Louis qui vient de sortir d’admirables verres de dégustation. Dans la foulée, de nombreux producteurs de cognac ou, c’est nouveau, de tequila ont fait appel au talent de Lalique pour créer des carafes destinées à loger leurs meilleurs spiritueux. On a même vu le producteur portugais d’origine hollandaise Dirk van der Niepoort abandonner quelques jours les berges du Douro et ses grands portos pour aller visiter Lalique et la Villa afin de passer commande de quelques carafes dédiées à ses meilleurs vins.
Le monde de la cristallerie française qui a commis toutes sortes de verres, et autant d’œuvres d’art, n’avait pas pris en compte la nécessité œnologique de la verrerie. Un univers laissé aux seules entreprises autrichiennes, allemandes et italiennes. L’Autrichien Riedel est le chef de file de cette tendance et le grand modèle, pour tout le monde. La France, qui abrite les plus belles cristalleries du monde, devait reprendre la main et l’initiative de Lalique a été suivie. Baccarat a reconsidéré son offre, d’autres aussi, jusqu’à Saint-Louis qui vient de sortir d’admirables verres de dégustation. Dans la foulée, de nombreux producteurs de cognac ou, c’est nouveau, de tequila ont fait appel au talent de Lalique pour créer des carafes destinées à loger leurs meilleurs spiritueux. On a même vu le producteur portugais d’origine hollandaise Dirk van der Niepoort abandonner quelques jours les berges du Douro et ses grands portos pour aller visiter Lalique et la Villa afin de passer commande de quelques carafes dédiées à ses meilleurs vins.
La Villa René Lalique est le point d’orgue de cette
rénovation voulue par Silvio Denz. Il a su convaincre le chef trois étoiles
Jean-Georges Klein de prendre en main les cuisines du restaurant. L’objectif
est clair, les étoiles suivront. L’endroit est vaste, lumineux, on doit sa
conception au grand architecte Mario Botta, auteur pour Silvio Denz du chai de
Château Faugères. Côté vins, c’est Romain Iltis, jeune prodige de la
sommellerie qui a les clefs de la cave. Meilleur sommelier de France 2012,
Meilleur ouvrier de France 2015. Du lourd qui devrait faire bon ménage avec une
cave d’exception. Les chiffres sont éloquents, 20 000 bouteilles en stock,
2 000 références dont le meilleur de l’Alsace. La carte des vins,
éclectique, est tarifée raisonnablement. Le premier prix, 55 euros pour un
chinon du Domaine de Noiré. Cette carte transporte l’amateur jusqu’à 28 000
euros pour un yquem 1865, mais il n'y a qu'une seule bouteille. À l’intérieur de cette fourchette extrême, l’amateur
trouvera son compte à bon prix, certaines bouteilles étant proposées avec un
coefficient multiplicateur inférieur à deux, ce qui est unique pour un
établissement de ce niveau.
La Villa René Lalique est aussi un hôtel intimiste
qui abrite six suites luxueuses, entièrement décorées avec des panneaux de cristal,
des lampes, des lustres, des poignées de portes signés Lalique et comme c’est un boutique-hôtel, le client peut partir avec ce qu’il a envie d'acheter. Dernier détail,
on n’est pas obligé d’être un fan de Lalique pour être très heureux dans cet
endroit.
Cet article a été publié sous une forme différente dans le supplément Vin de Paris-Match du 19 novembre 2015.
Comme disait le Michelin du temps des grandes heures : le Musée vaut le voyage ! Il est simplement magique.
RépondreSupprimerEt comme il y a Klein dans l'environ immédiat, inutile de le redire : un voyage quasi obligatoire d'autant plus que les forêts alentour sont gemütlich à souhait.
Si, si : les gens parlent aussi le français.
Sans oublier la cave d'exception à prix tenus. Eh.
RépondreSupprimerPour y avoir été, il faut effectivement saluer le travail effectué: le lieu, la table, la cave sont exceptionnels.
RépondreSupprimerConcernant les prix "tenus" de la cave d'exception, il ne faut quand même pas exagérer: les coefficients sont très élevés pour les "petits" vins et les champagnes (hormis peut-être pour la Loire), et il y a peu de pépites à bon rapport Q/P pour les amateurs.
La maison vaut le détour pour les choix exceptionnel de sa cave, mais il faut savoir que les prix n'y sont pas doux.