Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



samedi 4 avril 2026

Mes magnums (245) Un second qui prend toute la place

 

                               


 

Château Cos d’Estournel, Pagodes de Cos, saint-estèphe 2018

Pourquoi lui
Cos d’Estournel, voilà une longue histoire médocaine. Sans revenir aux origines et aux fantasmes « Retour des Indes » du premier propriétaire, le passage de témoin au tournant du siècle entre Bruno Prats et son acquéreur Michel Reybier montre à quel point la propriété a été respectée et valorisée. Michel Bettane dit même que Cos d’Estournel n’a jamais été à un tel niveau d’excellence sous l’autorité de Dominique Arangoïts, l’actuel directeur du domaine. L’endroit vaut évidemment tous les détours, mais on attendra le printemps (qui arrive). Et ce qui vaut pour le grand vin vaut aussi pour celui-ci, Les Pagodes de Cos, prêt à boire dans le souple millésime 2018.

Avec qui, avec quoi
Dans les vignobles qui ne se moquent pas du monde, les seconds vins ne sont pas moins bien traités que les premiers. Ils sont en général prêts plus vite, ils sont moins fermes, plus flatteurs, avantageux en somme. Si vous avez un convive qui en doute, faites-lui goûter ce joli nectar.

Combien et combien
140 euros le magnum.
Quantité de magnums tirés non communiquée.

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve
Grande réussite, magnifique intensité aromatique, notes d'acacia rares jusqu'à ce jour, long, savoureux et sans la moindre nuance aromatique, technologique ou variétale.
95



La photo est signée Charlotte Enfer, le sujet a été traité sous une forme différente dans EnMagnum #42

samedi 14 mars 2026

Mes magnums (244) Un blanc de bord de mer




Clos Mireille, côtes-de-provence blanc 2024, Domaines Ott

 

Pourquoi lui
J’ai visité longuement le Clos Mireille que je tiens pour la plus belle propriété de toute la Côte d’Azur et je pèse mes mots puisque je sais de quoi je parle. Nul doute qu’à sa première visite, Frédéric Rouzaud, nouveau propriétaire des domaines Ott, s’est dit la même chose. Sûrement. Des dizaines d’hectares de vignes au bord de la plage, un hameau de grand charme, le Clos Mireille a tout pour faire craquer l’un des plus sérieux propriétaires de Champagne (Rœderer). Là, on élabore de grands blancs et des rosés de finesse. Les rouges viennent plutôt du château Romassan à Bandol, et les rosés de grande diffusion du Château de Selles, les deux autres domaines Ott.

 

Avec qui, avec quoi
Tout le monde connaît la marque Ott, vous ne surprendrez pas vos invités. En revanche, personne n’a idée du niveau auquel ce domaine est parvenu avec l’appui des grands techniciens de Rœderer menés par Jean-Baptiste Lecaillon. Et même pas cher. Ce blanc très pur oblige une gastronomie en rapport.

 

Combien et combien
72 euros le magnum.
Nombre de magnums non précisé.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve
Joli blanc fin et précis qui joue la carte de l’épure et de la vivacité. En bouche, la texture est délicate, précise, avec une chair élancée et une finale aérienne. On aime ce blanc de terroir pour son goût très pur.
94

 

 

La photo est signée Charlotte Enfer, le sujet a été traité sous une forme différente dans EnMagnum #42

 

mardi 24 février 2026

Mes magnums (243) Et voilà le quatrième et dernier magnum bordelais. De gauche, celui-là (la rive, bien sûr).

 

Bordeaux de gauche, bordeaux de droite

Voici le quatrième d’une belle série de quatre magnums, quatre bordeaux.
Rive droite, rive gauche, RD-RG comme disait the late Thierry Ardisson. Deux magnums de chaque côté du grand estuaire, pour ne fâcher personne. Un choix inhabituel, c’est mieux.
On en finit avec avec un magnum de gauche, la rive. 

 

 

 

Château La Tour-Carnet, haut-médoc 2018

 

Pourquoi lui
Même les plus grands ont commencé petits. La Tour Carnet est le premier grand cru classé d’une collection qui en compte trois autres (pape-clément en pessac-léognan, fombrauge en saint-émilion, clos-haut-peyraguey en sauternes) au milieu d’une quarantaine de domaines dans le monde entier. Impressionnant. Bernard Magrez ­– c’est lui – a beaucoup agrandi le vignoble de ce domaine comme l’appellation le lui permet et La Tour-Carnet a toujours été son chouchou, même si Pape-Clément est son navire-amiral. Les volumes importants mis en marché permettent à La Tour-Carnet d’afficher des prix très acceptables au regard de la qualité de ce haut-médoc.

 

Avec qui, avec quoi
Non, ce 2018 ne doit pas être ouvert à la volée, un soir d’inconséquence, vous n’êtes plus un adolescent. C’est un grand bordeaux et, à ce titre, il mérite encore quelques années de repos. Surtout en magnum. Et la forte proportion de merlot (60 %) dans l’assemblage n’y change rien.

 

Combien et combien
90 euros le magnum.
Nombre de magnums pas documenté.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve
Adroitement vinifié, on aime son boisé fin et sa texture ample, corsée, tannique, avec un bel équilibre donné par une vision harmonieuse de l’assemblage des cépages et des terroirs. 93

 

 

La photo est signée Charlotte Enfer, le sujet a été traité sous une forme différente dans EnMagnum #41

 

dimanche 15 février 2026

Mes magnums (242) Encore un bordeaux de droite (la rive)

 

 

Bordeaux de gauche, bordeaux de droite

Voici le troisième d’une fière série de quatre magnums, quatre bordeaux.
Rive droite, rive gauche, RD-RG comme disait the late Thierry Ardisson. Deux magnums de chaque côté du grand estuaire, pour ne fâcher personne. Un choix inhabituel, c’est mieux.
On continue avec un magnum de droite, la rive.

 


 

 

 

Château de Ferrand, saint-émilion grand cru classé 2019

 

Pourquoi lui

Je n’ai jamais bien compris pourquoi Marcel Bich, l’homme de la pointe Bic et de la Coupe de l’America a acquis cette très belle propriété de Saint-Émilion. Parce qu’elle est très belle, justement ? Sans doute. Aujourd’hui, Pauline Bich, sa fille, et son gendre Philippe Chandon-Moët ont repris les choses en main et trouvé les clefs du succès, après des années d’errements. La première clef ? Un bon directeur général, évidemment. Leur choix s’est porté sur Gonzague de Lambert, de retour du Chili après une expérience réussie et, aussi, l’un des copropriétaires du vaste château de Sales à Pomerol. À Ferrand, au-delà d’une restauration épatante du bâti et d’une refonte complète des chais, les vins ont pris pied dans une modernité bien jouée et voilà un saint-émilion qui vaut tous les détours.

 

Avec qui, avec quoi

Ce saint-émilion, grand cru classé depuis 2012, doit être traité comme la plupart de ses pairs. Avec patience et attention. C’est un 2020, vous lui accorderez deux à cinq ans de cave. Il le mérite amplement. Achetez plusieurs magnums (à ce prix-là, votre banquier fermera les yeux), goûtez l’un d’eux et jugez par vous-même.

 

Combien et combien

62 euros le magnum.

Nombre de magnums pas documenté.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve

Fruit radieux avec un croquant parfait, élancé, et la rondeur délicieuse en milieu de bouche d’une chair qui se fait plus percutante. Excellent potentiel.

93

 

La photo est signée Charlotte Enfer, le sujet a été traité sous une forme différente dans EnMagnum #41

 

dimanche 25 janvier 2026

Mes magnums (241) Un bordeaux de gauche

Bordeaux de gauche, bordeaux de droite

Voici une fière série de quatre magnums, quatre bordeaux.
Rive droite, rive gauche, RD-RG comme disait the late Thierry Ardisson. Deux magnums de chaque côté du grand estuaire, pour ne fâcher personne. Un choix inhabituel, c’est mieux.
On continue avec un magnum de gauche, maintenant.

 

 

 

 

Château Phélan-Ségur, saint-estèphe 2016

 

Pourquoi lui
Il y a longtemps que je cultive un goût certain pour les saint-estèphe du château Phélan-Ségur. Avant de trouver un successeur passionné, les frères Gardinier avaient porté cette propriété tout en haut de l’affiche, aux côtés des grands classés de l’appellation. Il faut dire que le terroir de Phélan-Ségur ne cède rien à ceux de Montrose, de Meyney ou de Cos d’Estournel. À leur acquéreur, ils ont laissé un domaine en pleine forme et l’un des plus beaux châteaux du Médoc. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, ils avaient engagé Véronique Dausse pour faire progresser Phélan-Ségur. Tâche dont elle s’est si bien acquittée que l’acquéreur, fine mouche, l’a confirmé à son poste. Et voilà Phélan-Ségur en route vers toujours mieux.

 

Avec qui, avec quoi
Une fois n’est pas coutume, voilà un magnum qu’on peut ouvrir sans risquer l’infanticide. Un 2016, ça va. Et l’un des plus réussis de l’appellation. Si vous êtes très exigeant, accordez-lui une paire d’années de sommeil supplémentaire puisque c’est un magnum. Ou dix ans, puisque c’est Phélan-Ségur.

 

Combien et combien
140 euros le magnum.
Nombre de magnums pas documenté.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve
On adore le nez particulièrement complexe et racé, la bouche savoureuse, dense, avec des tannins remarquable et une grande vigueur en finale. Tonique, bien campé, du potentiel, il fera date dans l’histoire du cru.
95

 

La photo est signée Charlotte Enfer, le sujet a été traité sous une forme différente dans EnMagnum #41

samedi 10 janvier 2026

Mes magnums (240) Un bordeaux de droite

 

Bordeaux de gauche, bordeaux de droite

Voici une fière série de quatre magnums, quatre bordeaux.

Rive droite, rive gauche, RD-RG comme disait the late Thierry Ardisson. Deux magnums de chaque côté du grand estuaire, pour ne fâcher personne. Un choix inhabituel, c’est mieux.

On commence par la droite, bien sûr.

 

 

Clos Lunelles, castillon côtes-de-bordeaux2022

 

Pourquoi lui
Pour célébrer la mémoire de Gérard Perse, récemment disparu, j’aurais pu faire l’exégèse de son fameux château-pavie, comme tout le monde, tout le temps. J’ai préféré m’intéresser au plus modeste de ses vins, le clos-lunelles. Acquis en 2001, il a été touché par « la baguette magique de Gérard Perse » selon la jolie formule de Robert Parker et, aujourd’hui, c’est l’une des locomotives de l’appellation. Imagine-t-on un instant notre homme traiter avec moins d’égards son plus petit cru ? Non, bien sûr. Perse était l’homme de la précision, de l’exigence, du sérieux. Toutes qualités que l’on retrouve avec la même constance dans chacune de ses productions. S’il est parvenu au sommet avec ses grands saint-émilion, son modeste castillon s’en approche à toute allure.

Avec qui, avec quoi
Il faut s’intéresser aux côtes-de-castilllon. L’appellation compte un grand nombre de propriétés très bien menées. Ce clos-lunelles en fait partie et avec quelle grâce. Cet assemblage à forte majorité de merlot exige, comme les autres, un peu de patience. Trois à cinq ans de cave lui feront le plus grand bien.

 

Combien et combien
60 euros le magnum.
Nombre de magnums pas documenté.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve
Chair savoureuse et tannins pulpeux, avec une finale florale accomplie. L’élevage lui a permis de gagner en nuances. C’est une priorité pour l’amateur.
93

dimanche 4 janvier 2026

2026 est là



En 2026, soyons toujours plus élégants, beaux, créatifs.
"My blesses bless ya"