Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mercredi 6 février 2019

La mémoire de Dom Richard


Richard Geoffroy ne sera plus l’emblématique chef de caves de Dom Pérignon. Richard Geoffroy sen va créer un saké de haut niveau. Très bien. Il nous quitte, nous nous sentons comme abandonnés et ce, quelle que soit la qualité de son remplaçant, Vincent Chaperon, choisi et formé par lui, donc ultra compétent. Rien ne sera plus comme avant. Dailleurs, cest lidée. Les générations montantes ne montent pas pour faire comme leurs aînées. Né en Champagne, Richard Geoffroy est le champagne, son ambassadeur mondial, une marque à lui tout seul, licône des cuves et des flacons. Voici, en quelques mots décisifs, une idée de lapport du grand homme à ce dom-pérignon quil incarne si justement. 
Morceaux choisis pour lire vite.  



l’acidité 
« Un graal champenois dont il faut savoir s’affranchir. 96 était un monstre d’acidité, les 2/3 des vins sont déjà morts. 1959, année chaude, acidité basse, un vin au sommet aujourd’hui. Personne n’a jamais prouvé que l’acidité est un élément du vieillissement. »

le millésime 2003 
« Sur 2003, plus tu soufres, plus tu oxydes, donc on n’a touché à rien. Il ne fallait ni acidifier, ni sulfiter et là, tu as un vin d’une grande stabilité. Il est parti pour durer longtemps. »

ses racines 
« Quand tu viens de la terre, tu lui appartiens. Je suis fils de vigneron et j’ai une relation organique avec la vigne, voilà mes racines. »

ses vins
« Je n’ai rien changé, juste cherché à aller plus loin dans le projet
Dom Pérignon. Creuser le sillon, tendre vers un absolu, c’est une quête pour toujours. »
« La trace d’un esprit, c’est de laisser respirer le millésime, laisser s’installer un dialogue entre le style de la maison et les caractéristiques de l’année. Conjuguer l’un et l’autre de la manière la plus saillante. »
« La technique n’est pas dans la tradition Dom Pérignon ; le progrès, oui. »



moi, manager. 
« Mon passé de médecin m’a appris à exprimer ce que je veux d’une façon compréhensible par mon équipe. »
« L’excellence est dans le management. Emmener chacun à son meilleur niveau. C’est ce qui m’occupe le plus, ou pas loin. »

une vision 
« La continuité n’existe pas. L’esprit est plus important que la reproduction ».

le bio
« La viticulture en Champagne, c’est compliqué. C’est un jeu d’essais et d’erreurs. Mais il faut bouger. Au sens le plus strict de l’éthique, vis-à-vis de l’utilisation des produits phytosanitaires et aussi dans la recherche de plus d’expression du terroir champenois. Il faut continuer. Il n’y a pas de monde parfait. L’idée est de progresser. »

demain 
« Sur les millésimes à venir, attendez-vous à des surprises. Il y a moyen d’étonner en étant soi-même, sans se perdre. »

un conseil
«Il faut que la Champagne se détende. Il y a des vignerons qui bougent
les lignes. La Champagne est en mouvement, le travail d’excellence avance partout. »


Les photos : sont signées Mathieu Garçon

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


 

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