Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



dimanche 10 janvier 2016

Anabelle et Corbin, les hortensias et les vins





Anabelle Cruse est l’une des rares propriétaires de grand cru classé à vivre toute l’année dans son château avec ses trois enfants et son mari, tout en étant l’œnologue responsable des vins que son château produit. Ce choix, elle l’a fait il y a longtemps. Elle trouve que « C’est dommage, ces campagnes qui se vident alors que les villes deviennent folles ». Et ce n’est pas l’agitation de Saint-Émilion et les humeurs liées au classement qui risquent de la concerner, son Château Corbin qu’elle aime tant « est classé depuis toujours ».
Mais tout n’a pas été linéaire. « Après mes études d’œnologie, puis de gestion, j’ai passé deux ans en stage au château Branaire à Saint-Julien. C’est là que j’ai tout appris. Une envie de rompre avec mon quotidien bordelais m’a emmenée me promener jusqu’en Inde, à Calcutta, où j’ai passé six mois à travailler aux côtés de Mère Teresa. J’adore ce genre de modèles, on en manque
aujourd’hui. »
Comme nombre de ses pairs, reprendre le château était une priorité quasiment vitale même s’il fallait remettre de l’ordre dans tous les compartiments du jeu, ce qu’elle a entrepris avec méthode, rigueur et passion. D’un mot, elle vous fait tout comprendre, « Mes enfants et Corbin, c’est primordial », tout est dit. Pendant que les enfants sont à l’école, pas loin de Saint-Émilion, Corbin avance. Déjà, 35 % du vignoble a été replanté, le bâti a connu une longue période de travaux, près de quinze ans. Reste maintenant à moderniser l’outil, reconsidérer le chai au plus près du parcellaire de Corbin, c’est-à-dire passer de treize à vingt cuves, plus petites. Là, le défi est technique et assez ambitieux, puisque l’objectif est de tirer ce qu’elle appelle « la quintessence du terroir de Corbin ». Elle y arrivera parce qu’elle est comme ça, n’imagine pas le contraire, elle a le temps, aussi. Et du talent assemblé à des convictions, bien assez pour porter son très joli saint-émilion au plus près des étoiles.




La photo : iPhone and me     #womendowine

Cet article a été publié sous une forme différente
dans le supplément Vin de Paris-Match, début septembre 2015.

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