Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



lundi 26 janvier 2009

Pauillac et tempête


Jamais en retard d’une idée pour vendre, les Bernard père & fils (Millesima) ont convoqué à Bordeaux leurs clients (des particuliers) et quelques représentants de la presse pinardière (nous étions huit) pour goûter deux ou trois millésimes de tous les pauillacs qu’ils commercialisent. C’est clair, il n’y avait pas tout le monde. Aucun premier cru, en particulier. Comme il faut que personne n’ignore la somme impressionnante de caisses stockées par Millesima, nous avons dégusté dans le chai. Il y faisait un petit 11°. Les vins étaient à 11°, d’accord ? En cette veille de tempête historique, nous sommes arrivés à l’heure sous une pluie battante, en même temps que les propriétaires ou leurs représentants, chacun s’affairant à ouvrir les bouteilles avant de remplir nos verres. Bref, vraiment pas des conditions idéales pour une dégustation : des vins pas aérés et glacés. Même chez vous, vous faites mieux alors que personne ne vous regarde. Cela dit, on ne peut pas en vouloir à Patrick Bernard de nous montrer ses chais, c’est ce qui fait sa différence avec un certain nombre d’opérateurs du marché qui vendent à découvert, c’est-à-dire des vins qu’ils n’ont pas. Lui, il les a, les vins sont chez lui, livrables, disponibles pour de vrai. Pas si mal par les temps qui courent.
Parmi les 44 vins (seize propriétés) soumis à notre appréciation, on a vu des écarts qualitatifs incroyables. Ce n’était pourtant que du pauillac et rien d’autre. Où l’on se dit que les tenants de l’appellation feraient bien de faire un peu de ménage pour niveler par le haut. Le haut, puisqu’on en parle, c’est sans aucun doute les vins de Pontet-Canet. Dans une dégustation, on recrache tout sous peine de se faire beaucoup de mal. Mais le pontet-canet 2004, je l’ai bu. Deux gorgées même. Et le second vin, les hauts de pontet-canet, est dans le sillage du premier vin. Le genre de second vin qui dépassait de la tête et des épaules bon nombre de premiers vins dégustés ce soir-là. Juste derrière pontet-canet 2004 (mais derrière) venaient lynch-bages 1999, un nez merveilleux, Pichon Baron 2003 pour sa longueur et batailley 2004 pour sa bouche très bavarde.
Le lendemain, TGV retour vers Paris. Bien rentrés, merci. La tempête a frappé le soir même avec les dégâts que l’on sait. Si quelques châteaux bordelais y ont laissé des plumes (des tuiles, en fait), le vignoble (végétatif) n’a sans doute pas souffert des forts vents. Les palissages, peut-être ?

Pour info, 2004 chez Pontet-Canet, c’est le premier millésime en biodynamie. Et Pontet-Canet est la première propriété bordelaise à traiter en biodynamie un grand cru classé en 1855. Bravo Alfred Tesseron, c'est du beau travail.

La photo : Alfred Tesseron, propriétaire de Pontet-Canet, photographié par Mathieu Garçon

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