Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swim in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



mercredi 7 mars 2012

Un vin « nature » sous garantie

Voilà Gérard Bertrand. Il est ce qu’il est convenu d’appeler un gros producteur. Plus petit que les très gros, beaucoup plus important que les petits. Combien de bouteilles ? « Pas assez ». C’est le roi de la formule qui botte en touche, vieille habitude ramassée sur les terrains de rugby dont il a fait son ordinaire jusqu’à l’âge de trente ans. On le sait amateur de qualité, la plupart de ses belles cuvées sont éligibles dans les bons guides et accumulent de bonnes notes. Le tout à des prix tenus. Présent dans presque toutes les appellations du Languedoc et du Roussillon, nous savons aussi qu’il suit de près les pratiques culturales propres et en applique les principes sur l’un ou l’autre de ses domaines.
Toujours attentif aux tendances et aux goûts des consommateurs, il accompagne finement le mouvement et présente aujourd’hui cinq cuvées « nature », c’est-à-dire sans soufre ajouté. Quatre vins de cépage (chardonnay, syrah, cabernet-sauvignon, merlot) et une AOP Corbières. Pour quel volume en tout ? « Je ne sais plus ». Bon, on se croirait chez Moët-Hennessy. Le lecteur habituel de ce blog sait bien quelles relations j’entretiens avec ce monde du vin « nature » et je me suis rendu à la dégustation des vins de Gérard Bertrand en traînant un peu des pieds. Reconnaissons que j’ai eu tort. J'ai nettement préféré le corbières, et ses vins sont certainement un excellent choix dans cette gamme de prix (5,50 à 6,50 euros), mais je n’y ai pas trouvé la plus petite bonne raison de ne pas mettre de soufre, ce qui prouve bien qu’il n’est pas nécessaire, dans ce cas, d’en mettre. Mais là où Gérard Bertrand fait très fort, c'est en appliquant une garantie de 18 mois sur ses vins en promettant au consommateur que pendant cette période ils ne présenteront aucune déviance aromatique. J'en connais deux ou trois qui vont grincer un peu. Regardez cette courte vidéo, il explique tout ça plutôt bien.



Cette interview a été réalisée dans la cave du Bistro du sommelier (Philippe Faure-Brac est le sommelier), filmée par Youri Soltys, produite par Bettane+Desseauve. Mars 2012.

14 commentaires:

  1. Je n'ai rien contre Gérard bertrand mais le le vin naturel est, selon moi, une philosophie or sur l'ensemble de ses propriétés (+ de 300hectares !!!), combien sont-elles cultivées naturellement??? N'est-ce pas juste une opportunité pour vendre davantage en surfant sur la vague du bio?

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  2. 18 mois sans déviance aromatique: on arrive peu à peu à une date limite de consommation pour le vin ?
    Claire "l'anonyme qui va vite créer son profil".

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  3. Je suis étonné par la statistique qu'il donne en fin de vidéo : 98% des vins achetés sont consommés sous 24h.

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    1. Au fond, personne n'en sait rien. Ce sont des supputations

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  4. Question tres important pour moi, dites, les vins ont ete bouche avec quoi, boichon synthetique ou liege?
    Merci!

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  5. MAIS COMMENT FAIT IL ? MACERATIONS CARBONIQUE, VITAMINE C? FLASH PASTEURISATION ? FILTRATION STERILE ? FILTRATION TANGENTIELLE ?

    RIEN QUE DU NATUREL ! ! !

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  6. L'Oiseau de Jupiter enlevant un mouton,
    Un Corbeau témoin de l'affaire,
    Et plus faible de reins, mais non pas moins glouton,
    En voulut sur l'heure autant faire.
    Il tourne à l'entour du troupeau,
    Marque entre cent Moutons le plus gras, le plus beau,
    Un vrai Mouton de sacrifice :
    On l'avait réservé pour la bouche des Dieux.
    Gaillard Corbeau disait, en le couvant des yeux :
    Je ne sais qui fut ta nourrice ;
    Mais ton corps me paraît en merveilleux état :
    Tu me serviras de pâture.
    Sur l'animal bêlant à ces mots il s'abat.
    La Moutonnière créature
    Pesait plus qu'un fromage, outre que sa toison
    Etait d'une épaisseur extrême,
    Et mêlée à peu près de la même façon
    Que la barbe de Polyphème.
    Elle empêtra si bien les serres du Corbeau
    Que le pauvre animal ne put faire retraite.
    Le Berger vient, le prend, l'encage bien et beau,
    Le donne à ses enfants pour servir d'amusette.
    Il faut se mesurer, la conséquence est nette :
    Mal prend aux Volereaux de faire les Voleurs.
    L'exemple est un dangereux leurre :
    Tous les mangeurs de gens ne sont pas grands Seigneurs ;
    Où la Guêpe a passé, le Moucheron demeure.

    Jean de la Fontaine,Les Fables, Le corbeau voulant imiter l'aigle.

    Oh le bel arbre! Mais! Mais! Oh il y a une forêt derrière! ah chouette!

    Amitiés

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    1. Mathias, quel talent. Je ne commenterai pas le commentaire, mais bravo.

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  7. Nouveau tapie''surfant'' ou ultra-visionnaire?je ne sais pas encore.

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  8. J'aimerais savoir si ces vins sont filtrés de façon stérile avant la mise en bouteille. Ça pourrait expliquer la garantie. Mais un vin filtré de façon stérile se qualifie-t-il toujours aux yeux des amants de la nature?

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  9. Un point qui n'est pas abordé : a-t-il été fait usage d'autres intrants oenologiques ? (levurages, enzymes, etc...).
    Avez-vous pu lui poser la question ?

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    1. La question est posée. Attendons la réponse.

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