Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



Affichage des articles dont le libellé est Je sais. J’y étais. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Je sais. J’y étais. Afficher tous les articles

dimanche 13 avril 2025

Ce vin que vous n’avez jamais bu




L’origine, déjà. La Normandie. Vous en buvez souvent des vins normands ? Moi non plus. 
Il s’agit d’un pinot noir. La contre-étiquette nous apprend qu’il y a avait de la vigne sur ce coteau plein sud depuis des temps immémoriaux. Médiévaux, pour commencer et jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. 
Et voilà qu’un fier vigneron, un garçon joueur sûrement, a entrepris de réhabiliter le lieu pour y faire, à nouveau, du vin. 
L’idée est étrange et elle serait anecdotique si ce vin était raté. Il ne l’est pas. Il est bon, très bon même. 
Je l’ai découvert par hasard sur la carte d’un restaurant improbable à Vannes. Là, il est proposé en bouteille de 50 cl. J’ai demandé pourquoi ce format inhabituel. “C’est déjà cher” me dit-on. 44 euros sur table, ça reste dans le domaine du possible. Un restaurateur timide, sans doute.
Le domaine s’appelle Arpents du soleil. Il bénéficie d’une IGP calvados-grisy, inconnue (de moi), c’est un 2019 qui vaut d
’être attendu encore un peu. Il a un côté pinot noir exotique, rien de commun avec ce qu’on connaît des pinots noirs hexagonaux. Et il mérite vraiment une reconnaissance élargie. Il n’y a pas que l’Oregon ou la New-Z dans la vie. Il y a la Normandie aussi.

 



mercredi 8 janvier 2025

Mes magnums (207) Un grand d'Alsace
avec une très belle note

 

Domaine Weinbach, riesling Sainte-Catherine 2022, alsace grand cru Schlossberg

 

Pourquoi lui

Culte. Bien peu de domaines français peuvent se targuer de ce qualificatif. L’Alsace en compte quelques-uns, mais si Weinbach tient en quelque sorte la corde, c’est vers sa propriétaire historique qu’il faut se tourner. Colette Faller, disparue en 2015, a certainement été une icône de la viticulture, de la vinification, de son appellation, une grande dame du vin en général. Aujourd’hui, sa fille Catherine, rejointe par ces deux fils, continue à insuffler ce désir d’excellence qui est l’empreinte des belles marques. Et puis, on n’accorde pas assez d’intérêt aux grands blancs d’Alsace. Il faut que ça change.

 

Avec qui, avec quoi

Assembler des amateurs gourmands et, au moins, des curieux à un poulet du dimanche à ce schlossberg est une bonne idée. Mais vous avez le temps d’y réfléchir, ce grand cru de riesling a tout à gagner dans les replis sombres de votre cave. Cette cuvée Sainte-Catherine est un très grand vin (Regardez la note en bas de cette colonne, une rareté chez Bettane+Desseauve).

 

Combien et combien

200 euros.
120 magnums.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve

Plus droit, plus épicé que l’autre schlossberg du domaine, il démarre plus discrètement dans la vie, mais va progressivement s’arrondir et, avec le temps, offrira une texture patinée. 99


Ce sujet a été publié dans EnMagnum n°38, en vente chez votre marchand de journaux.

samedi 18 mars 2023

Ma bande de chouchous
(quatrième et dernière)

 Suite et fin de cette volée de vins adorables, tout ceux qui m'ont enchanté ces temps-ci.

Sant Armettu
L’Ermite, IGP Île de Beauté 2017
Là dans le sud de l’île, le cépage qui va bien, c’est le sciacarellu. Gilles Seroin, vigneron épatant, propose avec son Ermite un vin d’une grande finesse, un vin convaincant, bien fait, très bon. Le reste de la gamme est à l’avenant. Mon préféré en Corse.

 

 

Champagne Tarlant
Zéro, rosé brut nature
Benoît Tarlant a un vrai sens du champagne et, singulièrement, du rosé. Voilà une exécution de nature, ah, ah, à enchanter les amateurs de champagnes inhabituels. Pas dosé du tout (sans sucre ajouté), il a une structure imparable qui laisse toute la place à une aromatique splendide. Bravo.

 


Domaine du Trapadis
Les Adrès, rasteau 2017
Helen (prononcez É-lun, c’est un garçon) Durand et son domaine du Trapadis sont considérés comme les meilleurs de l’appellation. Voilà un vin presque prêt, fin, agréable. Carignan, grenache noir, mourvèdre, c’est intéressant. Un mariage heureux de pruneaux, les fruits noirs, la pointe de truffe, c’est le sud, un sud très provençal.

 


Triennes
Rosé 2019
Quand le propriétaire de la Romanée-Conti, Aubert de Villaines, s’en va faire du vin en Provence, on se doute que l’affaire est sérieuse. Elle l’est. Avec son associé Jacques Seysses (Domaine Dujac), ils produisent ce rosé parfaitement réussi. Existe dans les trois couleurs.

 



Bouchard Père & Fils
Volnay Les Caillerets premier cru
Avec le célèbre beaune premier cru Vigne de l’enfant-jésus, ce Caillerets est l’autre chouchou de Frédéric Weber, très talentueux vinificateur de la maison. Du volnay, il a tout ce qu’on aime, un vin de finesse, d’extraction douce à la limite de l’infusion. Très réussi.

 

  

 

Valentin Zusslin
Ophrys, alsace 2019
Jean-Paul Zusslin est à mes yeux le créatif le plus doué de sa génération. Avec sa sœur Marie, ils ont propulsé le domaine, familial depuis la nuit des temps, sur le devant de la scène. Cette cuvée Ophrys est un modèle de pinot noir comme on n’en voit peu. Même pas cher. Magnum indispensable, comme sur la photo.

 


 

Égly-Ouriet
Cuvée des Grands Côtés
Coteaux-champenois 2016
Chez Bettane+Desseauve, Francis Égly est un vigneron de référence. Pour Michel Bettane, cette cuvée de pinot noir tranquille est l’équivalent du meilleur de la Bourgogne. Considérons qu’il s’agit d’une très grande bouteille pour le prix d’une plus petite. Achetez tout ce que vous pouvez.



  

Stéphane Sérol
Chez Muron 2019
Un extrait de la parcelle Millerand, vinifié et élevé en amphore, plus de finesse, moins de matière. Pourtant plus large que la cuvée d’origine. On attendra ce beau gamay quelques temps ou on l’ouvrira en prenant de l’avance et une carafe. La côte roannaise commence à prendre la lumière. Ce n’est que justice.

 

 


 

2929 Haut du formulaiForadori
Sgarzon 2016

Tout le monde aime Elisabetta Foradori, moi aussi. Dans le nord de l’Italie, sur les pentes des Dolomites, elle exploite un vignoble surtout planté de teroldego, cépage rouge local. Tout ce qu’elle touche est réussi, adorable, on en veut, on y retourne, elle a aussi un vignoble en Toscane. En plus, c’est bien distribué en France.

mercredi 8 mars 2023

Ma bande de chouchous
(et de 3) (sur 4)

 


Paul Jaboulet Aîné

La Maison Bleue

Hermitage

Si la-chapelle assemble des parcelles haut de gamme, maison-bleue est un assemblage de parcelles de l’est de la colline de l’Hermitage, qui donnent des vins plus souples. Maison-bleue est aussi trois ou quatre fois moins cher, un marchepied bienvenu vers les finesses des grands de l’hermitage et, surtout, de la-chapelle, même maison. 

 

 



Joseph Perrier
La Côte à Bras
Champagne brut nature 2012
Une maison historique qui lance un champagne de vigneron. Très inhabituel. Une parcelle, un cépage, un millésime. Loin de l’assemblage champenois. Joseph Perrier dans la transgression, surprise. Réussite, aussi. Cette cuvée nature (non dosée) a l’énergie, la droiture, les saveurs. Bien joué de la part de la nouvelle génération de la maison. 

 

 



Domaine de la Bégude

Thyrsus 2020
Encore une fois, Guillaume Tari sort du très exigu sentier tracé par l’appellation bandol en produisant un rouge élevé en amphores. Ce qui n’est pas permis. On se demande bien pourquoi ; partout ailleurs en France, c'est possible. Évidemment, c’est une expression nouvelle du mourvèdre et ce bandol n’est pas un bandol. 

 

 



Klein Constantia

Vin de Constance 2018

Ce vin issu d’une des plus belles propriétés du monde en Afrique du Sud existe depuis si longtemps que même Napoléon qui en buvait beaucoup ne s’en souvient pas. C’est un muscat de Frontignan léger en liqueur. Domaine conseillé par Hubert de Boüard, aussi copropriétaire. Mérite d’être attendu.

 

 


 

Laherte Frères
Ultradition

Champagne extra-brut
Tu demandes un champagne, voilà une splendeur, un truc inconnu, tu voudrais en avoir plein ta cave, en boire toute ta vie. Autour de la table, une tension monte, l’enthousiasme est là. Big up pour Aurélien, le sommelier du Sergent Recruteur.

 

 



Château Mangot

Distique 9

Saint-émilion grand cru

Chez les Todeschini, on s’affranchit des codes. Là, le millésime ne figure pas, c’est le 9 qui désigne le neuvième tirage de vins élevés en barriques assemblés à d’autres en amphores. Les Todeschini font aussi des rosés, des vins sans soufre et toutes sortes d’inventions. Ce vignoble en hémicycle, très spectaculaire à Saint-Émilion, vaut tous les détours.

 

 



Le Brun de Neuville

Autolyse rosée

Champagne brut

Ce qui séduit d’abord, c’est la couleur de ce rosé, ce feu, cette fulgurance, cette lumière. La bouche suit le mouvement avec talent. Tous les autres vins de cette gamme subtile et complète sont des succès. Même la contre-étiquette est un modèle dans le genre informative. Le Brun de Neuville, petite coopérative du Sézannais, porte haut les couleurs de la coopération.

 

 



PietraDolce

Etna Rosso 2018

Ce vin de Sicile découvert chez Sormani à Paris (grande carte des vins et assiette très soignée) est une rareté. Comprendre un vin pâle, à peine extrait, léger en bouche, aromatique comme on l’aime. Loin des vins noirs auxquels l’île italienne nous a habitué. J’en connais qui diront que ce vin manque de corps. C’est vrai, c’est aussi pour ça qu’on l’aime.

 

 



Résonance Vineyard

Yamhill-Carlton

Pinot noir 2014

La maison beaunoise Louis Jadot possède deux domaines dans la Willamette Valley. L'un s'appelle Découverte ; l'autre, que voici, Résonance. Un 2014, excellent millésime en Oregon. C'est un pinot noir planté franc de pied. Un vin avec une matière, un nez épatant, une couleur limpide. 

 

 



Penfolds

Saint-Henri shiraz 2018

Si la star de la gigantesque maison Penfolds à Adélaïde (et presque partout dans le monde) est le très fameux Grange, vedette mondiale depuis soixante ans, la cuvée Saint-Henri le talonne de près. Peter Gago, l’inventif winemaker capable de toutes les créativités, sait aussi donner une leçon de syrah de temps en temps. Saint-Henri, c’est ça. Mon préféré dans la gamme.

 

dimanche 26 février 2023

Ma bande de chouchous
(deuxième livraison, 2 de 4)

 

Voilà les neuf suivants d’une sélection de 35 vins. Tout ceux que j’ai adoré ces temps derniers. À suivre très vite sur ce blog. 

 


Christian Gosset
Champagne A01 rosé grand cru
Ce Gosset-là vient de la famille Gosset-Brabant. Avec ses cinq hectares et son indépendance, le voilà néo-vigneron à 50 ans. Pas tellement néo, en fait. Un talent fou et le savoir-faire. Ce rosé issu d’une petite parcelle est une réussite cinglante. Le plaisir est au bout du verre. Et, pour lui, du rêve.

 

 

Le Clos du Caillou
Le bouquet des garrigues, côtes-du-rhône 2017
D’un domaine surtout connu pour ses sublimes châteauneuf-du-pape, ce côtes-du-rhône joue de sa finesse, d’une belle élégance. Une expression du grenache (majoritaire dans l’assemblage) qui privilégie la fraîcheur. On en rêve tous.

 

 


Jean-Luc Colombo
Le Pavillon des courtisanes, cairanne 2019
L’homme est surtout connu pour ses admirables cornas, son appellation chérie. Il intervient aussi tout autour de chez lui et jusqu’au bord de la Méditerranée. Même s’il est déjà bon, ce cairanne profitera pleinement de quelques années (deux ou trois, pas plus) de repos à fond de cave.

 

 

 

Domaine de l’A
Bordeaux blanc 2017
J’ai découvert ce vin à l'aveugle, penché sur un verre de blanc. Au nez, extase immédiate. C’est un chardonnay d’une qualité incroyable. D’où ? Personne n’a su le dire. De Bordeaux, chère madame. Surprise et joie. Sur la Rive droite, ils sont quelques-uns (peu nombreux) à nous émouvoir avec leurs chardonnays. Dont les Derenoncourt.

 

 
Domaine Decelle & Fils

Beaune premier cru Les Teurons 2018
Un jour, Thierry Desseauve arrive au bureau en se félicitant à grands cris d’avoir bu cette bouteille. De superlatifs en superlatifs, il n’avait pas de mots trop forts, la conviction gagne. J’ai fait pareil à toute allure. J’ai adoré. C’est à vous, maintenant.

 

Chante Cocotte
La Cocotte Rose 2015, La Cocotte Blanche 2013
Régis Franc n’est pas un vigneron, pas plus un vinificateur. C’est un auteur de vins bien entouré et doté d’un sixième sens pour dénicher des parcelles incroyables qui produisent des vins de belle garde, même en rosé. Il fait aussi plusieurs rouges et même un clairet parfait, à tous les étages de l’argent.

 


Drouhin Oregon
Roserock, pinot noir 2014
L’autre propriété de la famille Drouhin en Oregon et mon préféré. Un pinot noir tout en ciselures, d’une finesse peu commune. Un terroir de fou planté sur un coteau abrupt en face de la chaîne des volcans. Le grand vin à vue d’œil. Il laisse dans le sillage plein d’autres pinots noirs. Leçon. Existe aussi en blanc.

 



Champagne Henriot
L’Inattendue, blanc de blancs grand cru 2016
Voilà que le président de la maison Henriot (avec la nouvelle chef de caves) décide de produire une cuvée hors gamme bien à lui. L’Inattendue arrive sur le marché. Un blanc de blancs grand cru, faiblement dosé, aussi réussi que le reste de la production avec une personnalité différente. C’était l’idée.

 


Famille Brunier
Piedlong, châteauneuf-du-pape 2014
Piedlong est le nom d’une parcelle, proche de Pignan dont quelques raisins complètent l’assemblage. C’est l’aristocratie, ou l’une des, de Châteauneuf-du-Pape. Et voilà un grenache très pur, infusé, aux tanins polis comme un galet roulé, la finesse en bandoulière. Tout s’explique.

 

dimanche 19 février 2023

Ma bande de chouchous (1 de 4)

Voilà les six premiers d’une sélection de 35 vins. Pas les plus grands, juste tout ceux que j’ai adoré ces temps derniers. À suivre très vite sur ce blog. 

 

Château Climens
Asphodèle 2019
Blanc sec de Barsac
Impossible de faire vivre une propriété du Sauternais sans un blanc sec. Bérénice Lurton n’échappe pas à la règle et s’en sort avec les honneurs et cet Asphodèle 100 % sémillon, rondeur et suavité hors-norme, un modèle de vin aimable, l
’avantage du sémillon. Et puis, Bérénice a vendu Climens…

 

Clos des Fées
Œil-de-perdrix,
rosé de pinot noir 2020
Hervé Bizeul a fait du rosé par hasard. Une cuve de pinot noir qui vit sa vie dans un coin et bim, voilà du rosé. C’est un raccourci, mais le résultat est là, c’est très bon. Il s’appelle Œil-de-perdrix, un nom ancien pour désigner la couleur du vin, plutôt très élégante. Le hasard fait bien les choses.

 

Graeme et Julie Bott

Kamaka

Terroir de Seyssuel 2018

Le premier tirage de la syrah plantée sur le terroir de Seyssuel, nouvelle star du nord de Vienne, une terrasse en surplomb du Rhône bientôt en AOP, par Graeme et Julie Bott.
700 bouteilles hors commerce, acquises par ceux qui ont aidé Graeme et Julie à acquérir le matériel pour planter. Oui, il y a des gens comme ça.

 

 

 

Boris Champy

Coteaux-bourguignons 2019
Ma première bouteille signée Boris Champy. Ce coteaux-bourguignons issu du gamay, tonique, précis, parfait. Après une belle carrière (son interview dans EnMagnum n°28), il a repris le domaine Montchovet, pionnier historique du bio en Bourgogne. Reste une gamme à découvrir, j’ai déjà commencé.

 

 


Château de Chamirey

Clos du Roi, mercurey 2019

La Bourgogne, c’est le sujet de ce numéro. La côte-chalonnaise, la valeur refuge pour tous les amateurs de bourgognes. Et ce clos-du-roi de l’excellent château de Chamirey, une chance inouïe de boire un grand pinot noir au prix d’un petit, un peu plus au nord de cette même Bourgogne.

 

 


Hubert de Boüard
Chardonnay 2018
Hubert de Boüard s’intéresse à tout, dont le chardonnay qu’il plante sur ses terres de Lalande-de-Pomerol. Ce vin est très réussi avec son aromatique chantante, ses complexités et sa persistance interminable. C’est très beau. Cette passion fait plaisir à voir et à boire, déjà. 

 

 

La liste complète a été publiée dans EnMagnum n°29 sous une forme différente.

vendredi 10 février 2023

Les dix vins de ma vie

On est toujours le résultat de multiples influences, jamais une génération spontanée. Voilà les dix vins qui ont marqué ma vie, formé mon goût. Comme souvent, ces dix sont douze

 

 

 

Le saint-joseph de Chave

Il y a une grosse dizaine d’années, la lumière m’est apparue à la faveur d’un sublime saint-joseph de Jean-Louis Chave. J’avais compris (un peu mieux) l’appellation et la syrah. Bien sûr, il y a son hermitage, un sommet introuvable, hors de prix. Alors, oui, ce saint-jo. Pour longtemps.

 

 

 

Le champagne Blanc des Millénaires 1995 de Charles Heidsieck

Je suis tombé dedans aux premiers jours de mon irruption dans le mondovino grâce aux bons offices d’Alexandra Rendall, aujourd’hui patronne de Bettane+Desseauve Asia. Ce vin est une légende que j’ai racontée une fois dans Paris-Match. Il a tout ce qu’on aime chez Charles Heidsieck, dont ce côté viennoiserie assez intense et très spécifique. Ici, l’étiquette originale. Oui, j’en ai encore.

 

 

 

Le Comtes de Champagne de Taittinger

Mon premier déjeuner en Champagne, au château de la Marquetterie, avec Pierre-Emmanuel. J’ai immédiatement adoré ce vin léger, d’une absolue finesse, il est un marqueur de mes goûts depuis lors. Et puis, au milieu du déjeuner, un grand cru classé de Bordeaux (lynch-bages dans un vieux millésime somptueux) pour relancer les papilles. La classe, comme ils disent.

 

 

Le beaune-grèves premier cru Vigne de l’Enfant-Jésus
de Bouchard Père & Fils

J’ai bu une variété phénoménale de millésimes de ce beaune premier cru, du XIXe au XXIe siècle, de 1865 à 2017, cette chance. Pas tous, bien sûr, juste beaucoup. Il est sans doute ma référence en matière de pinots noirs. Mais bon, j’ai bu beaucoup moins de musigny ou de romanée-conti. 

 

 

 

L’hermitage la-chapelle 1991 de P. Jaboulet Aîné

Caroline Frey avait convié le monde pour une verticale de son la-chapelle, l’hermitage légendaire. Nous avions tout bu. Les mythiques 1961, 1978, 1985, 1990, d’autres dont ce 1991 que j’avais préféré, ce soir-là. Immense syrah. Un souvenir pour la vie et la preuve que le très grand vin existe. Il y a quelques jours, Caroline m’a dit « C’est le vin auquel je consacre ma vie ». C’est beau.

 

 

 

Le sauternes 2001 de Château d’Yquem

Je pourrai écrire mille pages sur les déjeuners, les dîners avec Pierre Lurton, ses cheval-blanc, ses yquems, les grands rires, cette détente. Depuis tout petit, je considère le sauternes comme un grand vin. Émotion aussi avec un guiraud 1942 dans sa bouteille bleue des années de guerre. C’est une autre histoire.

 


 

Le château-chalon de Jean Macle

Les grands blancs de Jean Macle m’accompagnent depuis toujours. De vieilles histoires d’amitié qui ont bercées nos vingt ans. Très vite, j’ai adoré le goût si particulier des blancs du Jura, je n’ai jamais cessé. Aucune raison que tout ceci s’arrête puisque ça vient de si loin.

 

 

Le blanc de Château Simone

Ce château du sud-est d’Aix-en-Provence accompagne mes dîners depuis plus de quarante ans. C’est un vin de grande garde, très supérieur au rouge du même château. J’en ai toujours acheté, toujours conservé, je les bois au bout de quinze à vingt ans, faites pareil, c’est sublime. Surtout avec une truffe blanche à la saison.

 

 

 

Le rouge de Trévallon

Je m’y suis plongé comme on entre en religion. Des adorateurs m’avaient converti. Et j’ai rencontré Éloi et Floriane Dürrbach, les inventeurs de Trévallon. La religion s’est transformée en rigolades, la foi est restée, intense, forte, cette idée du rouge unique, un modèle pour le (nouveau) monde avec son blend international cabernet-syrah.

 

 

 

Le rosé, effervescent ou tranquille

C’est dom-pérignon rosé 2003, commenté par Richard Geoffroy, qui m’a précipité dans une vague de champagne rosé dans laquelle je m’ébats avec délice depuis lors, une dizaine d'années. C’est la découverte des rosés de garde, même de courte garde, qui m’a convaincu qu’un rosé est un vin avec un goût adorable. Parfois, la vie est facile.

 


 

Le teroldego de Foradori

Comment faire sans l’Italie ? J’ai commencé par Sassicaia qui valait cent francs à peine aux Caves Augé, j’ai rencontré Angelo Gaja chez lui, d’autres du Piémont, de Toscane, de Sicile. Et je suis tombé sur une bouteille d’Elisabetta Foradori, coup de foudre. Un cépage local, le teroldego. Je n’ai pas fait le voyage des Dolomites. J’ai le temps, maintenant.

 

 

 

Les pinots noirs des Zusslin

Une dégustation au fond d’une cave du Marais, une petite foule qui se bouscule sans hâte. Et paf. Moi, les quatre fers en l’air ; la révélation ; le pinot noir, c’est ça ; c’est qui, ces gens ; où suis-je ? Je les bois en magnum, y’en a pas assez dans une bouteille.



 

Les bordeaux de mon père

Il ne buvait que du bordeaux. Une époque où l’on était bordeaux ou bourgogne comme on était Peugeot ou Simca. En plus, il ne buvait que des médocs. Sans doute ce qui a construit mon goût pour la Rive droite, mon intense curiosité et, partant, ma cave très éclectique.