Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mercredi 15 novembre 2017

Les fantastiques master-class du Grand Tasting

La douzième édition du Grand Tasting arrive à toute allure. Il est temps de savoir ce qui nous attend. Ami lecteur, passionné de vin que tu es, tu trouveras ci-dessous le programme des master-class. De A comme Angélus à S comme sauternes et V comme Riedel, il n’y a pas beaucoup d’autres choses à faire ces deux jours-là.
Pour chaque tranche horaire, il y a deux master-class. Il y a deux salles et il va falloir choisir, ce qui est terrible. En même temps, il n’y en a jamais eu autant. Pas mal. Les abonnés attentifs de ce blog savent où me trouver.



Vendredi 1er décembre 2017

11h - 11h45 – Verres Riedel
Le rôle du verre dans la dégustation des vins. Trois verres et trois vins.
À l’issue de cette dégustation, chaque participant repartira avec son set comprenant les trois verres Riedel utilisés.

11h - 11h45 – Création d’Extra Brut Extra Old,
la collection des vins de réserve Veuve-Clicquot 
Coteaux-champenois, vins de réserve pinot meunier 2010, chardonnay 2008, pinot noir 1996, chardonnay 1988
Champagne, Extra Brut Extra Old NM

12h - 12h45 – Beaujolais, nouvelle génération, nouvelles tendances
Morgon, Domaine Louis Claude Desvignes, Côte de Py 2016 (rouge)
Régnié, Château de la Terrière, Vin Sauvage 2016 (rouge)
Fleurie, Domaine Monrozier, Château des Moriers - La Briette 2014 (rouge)
Côte de Brouilly, Château Thivin, Clos Bertrand 2016 (rouge)

12h - 12h45 – Château d’Yquem
Bordeaux-supérieur, Y 2016 (blanc sec)
Sauternes, Château d’Yquem 2015, 2013, 2007, 2005

13h - 13h45 – Ruinart, lart du chardonnay
Champagne, Dom Ruinart 2006 en bouteille, 2004 en magnum, 2004 en bouteille (rosé), 1993 en magnum

13h - 13h45 – La signature Angélus en quatre millésimes
Saint-émilion grand cru, Le Carillon de L’Angélus 2012,
Saint-émilion grand cru classé, château-angélus 2014, 2012, 2011, 2007

14h - 14h45 – San Leonardo, la finesse à travers les années
IGT Vigneti delle Dolomiti, San Leonardo 2011, 2007, 2004, 1999, Carmenere 2007

14h15 - 15h – Mumm RSRV, réservé aux initiés
Champagne, Mumm RSRV blanc de blancs 2012, blanc de noirs 2008, rosé Foujita, brut 4.5

15h15 - 16h – L’audace et la sérénité d’un grand vin
ou comment maîtriser un long élevage en cave – Champagne Castelnau
Champagne brut NM, brut Réserve NM, blanc de blancs 2003, Œnothèque en magnum 1998

16h15 - 17h L’indication géographique protégée Méditerranée, de la terre à la mer
IGP Méditerranée, Domaine Richeaume, Les Terrasses 2012
IGP Méditerranée, Domaine de La Tour du Bon, En Sol 2015
IGP Méditerranée, Château Revelette, Le Grand Rouge
IGP Méditerranée, Château Vignelaure 2015 (blanc)
 
16h15 - 17h 60 ans de Marquis de Terme
Margaux, Château Marquis de Terme 2015, 2005, 1985, 1955  

17h15 - 18h – Voyage dans l’Univers Krug
Présenté par : Olivier Krug (Directeur de la Maison Krug)

18h15 - 19h30 – Voyage au cœur de Bordeaux
avec les vins des Domaines Barons de Rothschild (Lafite)
Pauillac, Carruades de Lafite 2009
Pauillac, Château Lafite Rothschild 2005
Pauillac, Château Duhart-Milon 2005
Pomerol, Château L’Evangile 2005
Pauillac, Château Lafite Rothschild 2002
Pauillac, Château Duhart-Milon 2002
Pauillac, Château Lafite Rothschild 1996
Pauillac, Château Lafite Rothschild 1985
Sauternes, Château Rieussec 2005

                                                                                                                 
Samedi 2 décembre 2017

11h - 11h45 – Master Class pédagogique : conservation des bouteilles ouvertes

11h - 12h45 – Le génie du vin
Champagne, Philipponnat - Clos des Goisses Brut 2007 (blanc)
Alto Adige Terlano, Cantina Terlano - Pinot Bianco Rarità 2004 (blanc)
Maipo Valley - Puente Alto, Viña Almaviva 2015 (rouge)
Multi-regional blend : Barossa Valley, McLaren Vale, Coonawarra and Magill Estate, Penfolds - Grange 2002 (rouge)
Clos de Tart Monopole, Clos de Tart 2010 (rouge)
Saint-Emilion Grand Cru Classé, Château Figeac 2009 (rouge)
Châteauneuf-du-Pape, Domaine de la Solitude - Réserve Secrète 2006 (rouge)
Alsace Grand Cru, Marc Tempé - Riesling Mambourg Sélection Grains Nobles 2006 (blanc doux)

12h - 12h45 – Estates & Wines, les nouveaux grands terroirs du monde
Central Otago, Cloudy Bay Te Wahi 2014
Napa-Mount Veeder, Newton Single Vineyard 2014
Mendoza-Las Compuertas, Cheval des Andes 2013
Yunnan-Adong, Ao Yun 2014

13h - 13h45 Drappier Grande Sendrée, la mémoire d’un lieu-dit sur 30 ans
Champagne, Grande Sendrée 1985, 2002, 2004, 2008

13h30 - 14h15 – Maison Chanson Père & Fils : 2015, millésime du siècle
Savigny-lès-beaune premier cru, Hauts Marconnets 2015 (blanc)
Beaune premier-cru, Clos des Mouches 2015 (blanc)
Pernand-vergelesses premier-cru, Les Vergelesses 2015 (rouge)
Beaune premier-cru, Clos des Fèves monopole 2015 (rouge)

14h - 14h45 – Château Giscours & Château du Tertre,
grands crus classés en 1855 à Margaux, 
dégustation comparative des millésimes 2005 et 2010
Margaux, Château du Tertre 2005 et 2010
Margaux, Château Giscours 2005 et 2010

14h30 - 15h15 – Champagnes Salon & Delamotte
Champagne, Delamotte brut blanc de blancs NM et 2007
Champagne, Salon 2006
Champagne, Salon 1997

15h15 - 16h – Quatre meyneys en 6
Saint-Estèphe, Château Meyney 1986, 1996, 2006 et 2016

15h45 - 16h30 – Master Class Prestige « Les musts du Guide »
Alsace grand cru, Domaine Marcel Deiss - Schoenenbourg 2009
Saint-émilion grand cru, Château Tertre-Roteboeuf
Minervois-livinière, Clos d'Ora 2015
Nuits-saint-georges premier-cru La Richemone, Domaine Perrot-Minot 2015
Bourgueil, Domaine de la Butte, Mi-Pente 2014

16h15 - 17h La Maison Henriot, le temps en magnum
Champagne, brut en magnum 2005, 1996, 1985, 1979

16h45 - 17h30 – Chianti Rufina, le chianti au sommet de l’appellation.
Un voyage parmi les meilleurs millésimes de ces 30 dernières années
Marchesi Frescobaldi, Montesodi 1988 (rouge)
Fattoria Selvapiana, Vigneto Bucerchiale 1993 (rouge)
I Veroni, 2006 (rouge)
Villa Travignoli, Tegolaia 2007 (rouge)
Colognole, Riserva del Don 2011 (rouge)

17h15 - 18h – Crus classés de Sauternes et Barsac
Le millésime 2007, 10 ans après
Château Coutet, Château Doisy-Daëne, Château de Rayne-Vigneau, Château Suduiraut,
Château La Tour-Blanche, Château Doisy-Védrines, Château de Malle, Château de Myrat
 
Pour s'inscrire ou obtenir plus d'informations (prix, numéros de salles, etc.), visitez le site grandtasting.com

mardi 31 octobre 2017

Il fabriquait des petrus avec du fombrauge

C’est Bernard Magrez qui, avec beaucoup d’humour, m’a fait parvenir cette coupure du quotidien Sud-Ouest. Il faut dire que l’affaire est énorme. Un margoulin de petit calibre au passé guère reluisant, s’est fait serrer par la police. Il vendait de faux petrus au prix des vrais. Pour sa défense, il a fait valoir qu’il emplissait les bouteilles avec du saint-émilion château-fombrauge et du saint-julien château-talbot. Ce qui fait beaucoup rire Bernard Magrez qui précise avec une certaine jubilation : « Je suis heureux que le Château Fombrauge ait donné, aux dires de Paul Oster, ce génial faussaire, de la bonne facture et une robe rassurante à la fabrication de ce nouveau petrus. » Nous aussi. Sauf pour l’assemblage fombrauge-talbot qui me paraît plutôt hasardeux. Mais je me trompe peut-être, je vais essayer.
Lisez l’article ci-dessous, c’est passionnant.
On ne lit pas assez Sud-Ouest.

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L’ancien braqueur fabriquait du faux petrus

Premium
Un homme qui fabriquait de faux vins dans son appartement en Lorraine a été condamné jeudi à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal de Bordeaux. Après des années passées derrière les barreaux, dix mentions sur son casier judiciaire, on pensait que l’ancien braqueur Paul Oster s’était mis un peu de plomb dans la cervelle. Au seuil de la soixantaine, il avait ouvert un bar à vins en Lorraine. In vino veritas ! La reconversion s’annonçait prometteuse. Elle a tourné court après le décès accidentel d’un proche. Devenu un fin connaisseur, il a alors songé à une martingale pour améliorer sa maigre retraite et des fins de mois qui sonnaient souvent creux.

Dans son appartement
« Petrus ça rapporte », lâche-t-il tout de go devant la présidente Caroline Baret. Depuis 18 mois au moins, il proposait à la vente des spécimens contrefaits du célèbre flacon de Pomerol en organisant des enchères sur eBay. Les gendarmes de la cellule vins du groupement de la Gironde qui l’ont interpellé en début de semaine à Montigny-lès-Metz, ont découvert dans son appartement un petit atelier de fabrication d’où sortaient des clones du fameux nectar. 400 bouchons, 2 000 capsules, une sertisseuse, une matrice pour dupliquer les étiquettes, de vraies bouteilles vides de petrus achetées sur Internet… Le matériel du parfait faussaire était réuni dans quelques m². « C’est un véritable amoureux du vin. Il n’a pas voulu nuire à l’image de petrus », assure son avocate Me Audrey Téani. Astucieux, Paul Oster glissait parfois un vrai petrus parmi les fausses bouteilles. Et il arrivait qu’il les remplisse avec des crus de bonne facture à la robe rassurante. « J’y ai mis du château fombrauge et du château talbot. » Des particuliers mais aussi des professionnels comme un négociant de Pomerol ont mordu à l’hameçon allant jusqu’à débourser plusieurs milliers d’euros pour avoir le bonheur de ranger une unique bouteille dans leur cave. Roué, Paul Oster remboursait rubis sur l’ongle ses clients mécontents.

"Protéger un terroir"
Quelques acheteurs suspicieux ont préféré alerter château petrus. Les flacons adressés pour expertise au mois de juin au service de restauration des vieux millésimes du domaine ont rapidement tombé le masque. Pose de l’étiquette, longueur du bouchon, signature de la propriété. Rien ne collait. L’analyse du vin menée quelques jours plus tard en laboratoire après la plainte de Petrus a confirmé la fraude. À partir de l’adresse IP du fraudeur, celle qu’il utilisait pour se connecter sur la Toile, les enquêteurs ont remonté sa piste, identifiant près de 150 transactions. 16 seulement dûment authentifiées ont été finalement retenues. 100 000 euros ayant transité sur ses comptes en 18 mois, sa petite entreprise prenait visiblement de l’ampleur. Le parquet économique et financier de Bordeaux a préféré le stopper sans délai plutôt que de lancer une enquête au long cours. « Il fallait protéger un terroir, une marque et un savoir-faire », souligne le vice-procureur Bertrand Rouède dont les réquisitions ont été en grande partie suivies. Paul Oster a été condamné à 18 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve avec obligation de rembourser les parties civiles. Les 19 000 euros saisis sur son compte ont été confisqués. « Je ne pensais pas que cela irait si loin », a-t-il avoué en début d’audience. On ne touche pas impunément à Petrus.

Auteur : Dominique Richard








 

lundi 16 octobre 2017

Le cinq majeur de Pierre Arditi chez Taillevent


L'acteur a fait le sommelier


Parmi tous les déjeuners auxquels j’ai eu le bonheur d’assister ces derniers temps, il y en a eu un, immense, on aurait dit la mère de toutes les agapes.
C’était chez Taillevent, la nouvelle destination d’Antoine Pétrus, avec les frères Gardinier et Pierre Arditi. Il suffit de cet énoncé pour tout comprendre, on s’est bien marré.
Thierry et Laurent Gardinier, propriétaires des lieux, ont inventé il y a quelques années une bonne idée : laisser un grand amateur choisir cinq vins au sein de la cave du restaurant et confier au chef Alain Solivérès le soin d’accorder un menu original. John Lanchester, écrivain anglais, Jay McInerney, écrivain américain, se sont déjà exécutés. Une année, on a même convoqué les mânes de Curnonsky pour leur demander leur avis.
C’est toujours drôle de voir un vrai gourmand comme McInerney expliquer toutes les raisons qui ont conduit ses choix. Pierre Arditi, plus français, plus connaisseur, n’est pas moins drôle quand il prend son air sérieux pour justifier tel ou tel vin alors qu’on sait tous très bien qu’il en avait juste une envie dévorante. Pierre est un curieux, un vrai passionné avec tous les excès et les accès de mauvaise foi qui caractérisent les passions singulières. Il est un authentique bon vivant, heureux propriétaire d’une belle et vaste cave, on n’en voit pas si souvent. Son choix est celui de l’honnête homme, du Parisien de souche, il a compris qu’il est au Taillevent, lieu d’histoire et de mémoire, une gastronomie d’harmonie, la clientèle en rapport.

Voici sa liste des vins et des plats accordés :

- Clos des Goisses, champagne 2005, Philipponnat.
Tourteau de casier au naturel aux deux caviars,
- Silex, fumé de Pouilly 2010, D. Dagueneau.
Aiguillette de saint-pierre nacré, algue marine, huître et salicorne,
- Saumur-champigny 2005, Clos Rougeard.
Côte de veau du Limousin en tranche épaisse aux saveurs automnales,
- Côte-rôtie 2007, Domaine Jamet.
Filet de chevreuil rôti, noisettes éclatées, coing, cassis et potiron,
- Sauternes, crème de tête 1983, Château Gilette.
Croustillant mangue-passion, sorbet citron-vanille.


Ils ont bien rigolé, Arditi et Solivérès. Le déjeuner façon Club des 100 avec des vins pareils, il faut avouer que l’après-midi était vaincue. Merci pour ça, les garçons.

Comme il se doit, dès le lendemain, il s’est trouvé un grand sachant pour exposer que ces choix étaient très « classiques », le mot soufflé mezzo-voce comme si c’était une grossièreté. Là, c’était un MW français, oublieux des réalités, sans doute. Pourtant, je croyais que les MW étaient des as du commerce du vin. Pas lui, sans doute. Bon.
Cette réalité, c’est :
- que ce menu et ces vins sont proposés à la clientèle de Taillevent,
- qu’à partir d’un certain niveau de luxe, le sujet n’est pas la découverte,
- qu’il ne faut pas confondre une institution parisienne avec un club de dégust’.
Ajoutons que le classicisme est l’une des quelques très bonnes raisons de courir chez Taillevent. Avant de courir, réservez.


Taillevent, 01 44 95 15 01 

La photo : © WeShoot

lundi 9 octobre 2017

Mes magnums (51)
un beau rouge en magnum, même pas cher

Clos Bagatelle, La Terre de Mon Père, saint-chinian, 2015 



Pourquoi lui
Il y a un début à tout. Si ce n’est pas mon premier languedoc dans cette rubrique, c’est mon premier saint-chinian. On ne voit pas assez ces vins de soleil, puissants et envoûtants. Ce Terre de mon père est l’une des innombrables cuvées de cette propriété très créative. 17 vins pour 57 hectares, c’est beaucoup.

On l’aime parce que
Pour son côté assumé. 18 mois d’élevage en fûts neufs, chaque cépage de son côté avant l’assemblage et, pour finir, voilà ce millésime à dominante syrah (60 %) avec 20 % de mourvèdre et autant de grenache. C’est du sérieux.

Combien et combien ? 
600 magnums, 59 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Avec une gastronomie solide et sans détour ou complication et les convives qui vont avec. Et, à mon avis, pas avant quelques années. Que ce Terre de mon père passera dans le noir, le frais et l’humide.

Il ressemble à quoi ?
À tous les bons vins de ce Midi, qui sont toujours un mélange détonant d’harmonie, de sauvagerie, d’épices, de vent dur, de soleil brûlant. C’est puissant et poivré, il n’est pas question de se passer de ce genre-là.

La bonne heure du bonheur
Bien sûr, pas un vin d’apéritif. Et plutôt dîner, que déjeuner.

Le bug
Un vin confidentiel, mais tentez votre chance au domaine.

Le hashtag
#thebigmouthofthesouth

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Note et commentaire de dégustation de ce vin ne sont pas encore disponibles.


Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 8. Le numéro 9 est en vente depuis peu chez votre marchand de journaux. Voici la couverture de ce nouveau En Magnum #09 :

 

lundi 2 octobre 2017

Mes magnums (50 déjà)
Un meursault premier cru du château

Château de Meursault,
meursault premier cru Les Charmes-Dessus 2014 




Pourquoi lui
Parce qu’un jour, je me suis cogné le crâne au plafond des caves du château, si basses, si historiques. Qui montrent bien que l’humanité gagne des centimètres depuis le XIVe siècle. Les meursaults du château de Meursault ont fait pareil, ils ont pris de l’envergure ces années-ci. Le nouveau propriétaire investit beaucoup depuis quelques années, le winemaker a les moyens et le résultat est là.

On l’aime parce que
Déjà, l’annonce d’un meursault de bon niveau et en magnum m’enchante. La palette aromatique dingue propre aux meursaults développés par le volume du magnum, la promesse donne soif.

Combien et combien ?
Environ 300 magnums produits. 161 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
On a presque envie de recommander ce meursault dans un dîner classique où il ferait la route à un beau cru classé de Bordeaux. Si, ça existe encore. Heureusement.

Il ressemble à quoi ?
À l’idée qu’on se fait d’un meursault bien fait, ample, savoureux, unique, interminable. Ce n’est pas une surprise, bien mieux, c’est une confirmation. Certains terroirs bien travaillés nous rendent plus intelligents.

La bonne heure du bonheur
Il se tiendra bien en ouverture d’un dîner de gourmands.

Le hashtag
#chardonnay (déjà utilisé 634 000 fois sur Instagram, succès garanti)

Le bug
Juste une grosse attente des performances de la propriété remise en ordre de marche

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Cette parcelle est souvent nommée « Charmes aux Camps » par les vignerons. C’est l’un des tous meilleurs emplacements dans le climat des Charmes Dessus, juste sous les Perrières Dessous. Inénarrable poésie des climats de Bourgogne. Un vin avenant, généreux, qui, malgré une opulence agrémentée d’effluves de fruits jaunes mûrs, démontre un aspect salin et imprime dans sa trame une identité plus minérale que celle des meursault-charmes, issus de quatre autres parcelles en contrebas. 17/20


Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 8. Le numéro 9 est en vente depuis peu chez votre marchand de journaux. Voici la couverture de ce nouveau En Magnum #09 :

 

mardi 26 septembre 2017

Mes magnums (49)
un joli blanc pas bien cher

Domaine de la Solitude, pessac-léognan blanc 2012

 

Pourquoi lui
Un vin blanc, oui. Depuis que les rosés ont dépassé les blancs dans les verres des Français, j’ai plus de sympathie pour les blancs. Sauvons les blancs, donc. J’ajoute que les blancs de Pessac-Léognan sont sur le podium des grands blancs français, podium que je laisse à chaque lecteur le soin de constituer sous réserve qu’il y ait un pessac-léognan dessus. Des blancs, même à Pessac, on en fait peu. À La Solitude, pas plus de huit hectares lui sont consacrés. C’est 25 pour les rouges.

On l’aime parce que
Moi, je l’aime surtout pour la parité sauvignon-sémillon. C’est vrai, quoi. Le sémillon, c’est la rondeur de ces blancs, c’est le velouté, le pulpeux. Quand le sauvignon est la droiture, la structure. L’un ne devrait pas aller sans l’autre.

Combien et combien ?
74 magnums, 24 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Avec des amis au regard clair, à l’âme pure, aux préoccupations spirituelles. Une certaine hauteur de vue est conseillée. Mais pas seul, quel dommage.

Il ressemble à quoi ?
Ce domaine appartient à la communauté religieuse de la Sainte Famille depuis 1854 et c’est Olivier Bernard (Domaine de Chevalier) qui exploite pour le compte des religieuses depuis 1993 et pour quarante ans, conseillé jusqu’alors par Denis Dubourdieu. Autant dire que tout va très bien pour les vins des moniales.

La bonne heure du bonheur
Un grand blanc sec, ça va à table et ça marche avec tout ce qui va avec le blanc. Poissons blancs, viandes blanches, certaines charcuteries, certains fromages.

Le bug
Depuis qu’on sait que 2012 est un bon millésime finalement, il n’y a plus de bug.

Le hashtag
#ohmygod

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Un blanc puissant et équilibré, jolis arômes de fruits exotiques, pistache, résineux, une grande minéralité. Bouche volumineuse et chaleureuse, très aromatique, tendue par une délicieuse vivacité.
14,5/20

Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 8. Le numéro 9 est en vente depuis peu chez votre marchand de journaux. Voici la couverture de ce nouveau En Magnum #09 :



vendredi 22 septembre 2017

Mes magnums (48), un champagne nature

Veuve Fourny & fils, blanc de blancs, premier cru, brut nature


Pourquoi lui
Dans ce magazine, on aime bien les champagnes qui alignent les singularités. Ici, blanc de blancs + brut nature + premier cru, c’est un bon candidat. En plus, et pour faire bonne mesure, ce vin est élevé sept mois sur lies en cuves et fûts sans ajout de soufre. Là, toute la bistronomie du XIe arrondissement de Paris s’évanouit de bonheur. Autre particularité, c’est un assemblage de trois millésimes consécutifs (et vins de réserve, bien sûr).

On l’aime parce que
On peut toujours se moquer des bobos (n'hésitons jamais), mais ce champagne dans sa droiture et son tranchant est l’ami des apéritifs réussis. Il a sa façon de vous propulser à table, c’est tout ce qu’on lui demande.

Combien et combien ?
Quantité de magnums produite non communiquée, 59 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Avec les plus branchés de votre carnet d’adresses et avec des morceaux de parmesan (les trois sont faits pour s’entendre)

Il ressemble à quoi ?
C’est l’avenir du champagne, ce genre d’élaboration. S’il y aura toujours une place pour le grand classicisme, les innovateurs à la Fourny prennent de plus en plus de place. Ce sont des séducteurs.

La bonne heure du bonheur
À l’apéritif et même pour les après dîners un peu durs. Sa fraîcheur requinquera les plus atteints.

Le bug
Ce n’est pas la marque la plus facile à trouver

Le hashtag
#NewBubbles

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Droit, pur, intense, d’une race équivalente au brut, mais pour amateurs exigeants. 17/20


Ce texte a été publié sous une forme différente dans ENMAGNUM n° 8. Le numéro 9 est en vente depuis peu chez votre marchand de journaux. Voici la couverture de ce nouveau En Magnum #09 :



lundi 18 septembre 2017

Mes magnums (47),
un grand champagne de l'Aube

Drappier, Grande Sendrée, champagne brut 2006 


Pourquoi lui
C’est la grande cuvée de la célèbre maison d’Urville, chère au cœur et au palais du général De Gaulle. Drappier était son fournisseur personnel et livrait surtout à Colombey-Les-Deux-Églises, en voisin. Michel Drappier a pris la suite de son père Bernard, un vieux monsieur de bonne humeur. Logée dans une bouteille reprise du XVIIIe siècle, cette cuvée nous attend depuis dix ans dans des caves cisterciennes du XIIe siècle.

On l’aime parce que
L’Aube regorge de trésors. Cette cuvée est baptisée ainsi d’après une parcelle recouverte de cendres après un incendie qui ravagea Urville en 1838. Le « s » vient d’une erreur de recopiage du cadastre, jamais corrigée. Ce qui vous donne une histoire à raconter.

Combien et combien ?
Quantité non communiquée, 160 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Comme tous les grands champagnes, le choix est vaste. Il peut rafraîchir une fin d’après-midi d’été, faire un apéritif des plus convenables, il peut passer à table ou encore alimenter une conversation philosophique d’après-dîner. Choisissez votre camp.

Il ressemble à quoi ?
C’est un grand vin, faiblement dosé (5 grammes de sucre par litre), sulfité a minima, issu des plus belles parcelles de la maison Drappier. À un prix encore raisonnable, il en remontre volontiers à des vins beaucoup plus coûteux, mais pas plus goûteux.

La bonne heure du bonheur
Idéalement, c’est un vin de méditation. Goûtez-le tard, au coin du feu, en picorant des bouts de comté de bonne provenance.

Le bug
Le rosé est encore meilleur

Le hashtag
#pasdechampagnesanslesvinsdelaube

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Ce millésime, sans rejoindre le grand 2002, développe plus d’énergie tout en s’inscrivant dans un style puissant. Un champagne de table. 16,5/20

mercredi 13 septembre 2017

Marc Monrose et cette envie de bien faire

Quand Roger Zannier visite le château viticole Saint-Maur à Cogolin pour la première fois, il n’est pas comme nombre de ses pairs à la recherche d’une « maison de vacances exceptionnelle avec piscine ». Non, vingt ans plus tôt, en 1991, il avait investi dans un beau domaine du Douro portugais, la quinta de Pessegueiro où il produisait des vins secs sous la nouvelle (1979) appellation Douro. Des vins élaborés sur le conseil de Jean-Michel Cazes (Lynch-Bages) par la célèbre et très qualitative Quinta do Noval. Le vin, sa production, son commerce, il savait ce que c’était, il n’a pas découvert les vignes du château Saint-Maur au moment de signer chez le notaire comme cela arrive parfois. Et le voisinage avantageux de Saint-Tropez agissait plus comme une opportunité de marketing que comme un aimant people. La belle histoire était là était là.


Marc Monrose, photographié à Paris



Qui est Roger Zannier ? Un fils de maçon italien établi à Saint-Chamond, entre Lyon et Saint-Étienne. Là, un beau jour, il achète deux machines à coudre et lance une activité de confection et à force de travail et de bonne fortune, il est aujourd’hui à la tête d’un empire dans le secteur du vêtement pour enfants et de la mode. Chacun connaît ses marques, de Kickers à Z, de Tartine & Chocolat à IKKS. S’il en a cédé certaines, toutes ont contribué à sa gloire. On l’a connu aussi à la tête de Z, une équipe cycliste, mais c’est fini. Son fils Arnaud développe un pôle hôtellerie et c’est son gendre, Marc Monrose, qui a la responsabilité des vignobles familiaux et que nous rencontré à l’occasion d’un de ses passages à Paris, entre deux avions, entre deux marchés d’export. Sa vie a basculé à l’occasion d’une visite dans les vignes portugaises de son beau-père. Est-ce la beauté austère et un peu étrange du Douro, l’appel du changement de vie, la qualité des vins produits ? Nous sommes en 2006 et il s’inscrit illico à l’université de Dijon, sa ville natale, et trois mastères plus loin, il cède ses affaires personnelles et le voilà aux commandes des vignobles Zannier, à plein temps à partir de 2009. Huit ans déjà. Un premier constat ? « Le plus dur avec les vins portugais en, France, c’est de les vendre ». Alors, il croche dedans, s’efforce autant qu’il est possible, change de pied et, peu à peu, le succès s’organise. Il a compris que quand on n’est pas une famille du vin « On ne vend pas de vin, mais du rêve, des souvenirs, des idées, des sensations ». Pourtant, il est dans le réel quand il conseille à son beau-père d’agrandir la propriété de plus du double (de 11 à 30 hectares), d’acheter un terrain pour construire une cave ultra-moderne et de mener des études sur la structure parcellaire du vignoble, l’adéquation des méthodes et des cépages aux sols, avant de reprendre l’élaboration des vins à la quinta, plutôt que chez Noval. Marc Monrose a d’abord été enthousiasmé par les compétences des équipes en place à Pessegueiro depuis les premiers jours de l’exploitation sous la gouvernance Zannier. D’abord, ils sont toujours là, ce qui est un signal fort tant sur l’endroit que sur le patron. Ensuite, dit-il, « Chacun, là-bas, a une culture du vin exceptionnelle. Ils ont tous quelques vignes pour leur consommation personnelle et ils revendent des raisins en état sanitaire parfait. » Pourtant, c’est parfois compliqué, la viticulture locale. Sur certaines parcelles de vieilles vignes, on trouve jusqu’à 70 cépages différents sur un seul hectare. D’où l’importance de replanter de grandes parcelles de touriga nacional, le cépage noble du Douro. Et puis, à force d’entêtement, le nouveau chai est sorti de terre. Sa tour de 23 mètres de haut abrite un cuve-ascenseur. En 2011, pour la première fois, Pessegueiro a produit un porto, « Nous avons profité du millésime exceptionnel pour déclarer un vintage. » Aujourd’hui, Marc Monrose produit deux grands rouges secs, Aluze et Quinta do Pessegueiro. En 2011 encore, il a sorti une cuvée d’exception baptisée Plénitude et vendue 60 euros, un prix très élevé pour un rouge du Douro. Cette cuvée a de nouveau été produite en 2015 pour 3 000 bouteilles. En tout, 120 000 bouteilles et quelques pots de miel sortent chaque année de Pessegueiro, objectif 150 000. L’un des atouts maîtres de Marc Monrose est son consultant, l’impeccable Éric Beaumard, surtout connu pour être un sommelier hors pair et le directeur général de l’hôtel George V à Paris. Il aurait pu choisir de travailler avec l’un ou l’autre de nos grands consultants, ces flying winemakers que le monde s’arrache, mais non, il a préféré s’entendre avec un sommelier, c’est une idée neuve, mais pas unique. D’autres en font autant. C’est aussi en 2011 que Vignobles Zannier acquiert le château Saint-Maur. Ce vignoble est inscrit au classement des crus de Provence de 1955, ce qui n’a pas grand sens, mais confère une certaine crédibilité dans le public. Dès l’affaire conclue, Marc Monrose se met au travail. Une nouvelle cave sort de terre pour le premier millésime du nouveau Saint-Maur en 2013. Marc s’enthousiasme : « Je veux vendre du vin à Saint-Maur, comme on vend du champagne. » Déjà, avec des bouteilles originales, il en revendique les codes. Et les volumes. De 2013 à 2016, il est passé de 80 000 bouteilles à 400 000. Et, comme si tout ceci ne suffisait pas, il a créé un rouge en 2015. De ses trois cuvées, il tire beaucoup de fierté, content aussi des prix de vente acceptés par le public et les cavistes, 10, 18 et 32 euros, c’est déjà très bien. On sent l’homme en pleine phase avec ses défis, le succès est au coin de l’histoire, la sienne. Il conclut : « C’est le plus beau métier du monde, l’égal des orfèvres ou des denteliers ». Bien vu.

La photo : Mathieu Garçon

mardi 12 septembre 2017

Mes magnums (46) un beau pinot noir de Beaune

Beaune premier cru, Vignes franches 2015, Louis Latour 

 

Pourquoi lui
À la mesure de la production bourguignonne de ces dernières années, un beau pinot noir de Beaune se fait de plus en plus rare. Quand on en voit passer un, on lui demande de rester un peu. Et quand il nous rappelle une époque où les propriétaires fonciers ne payaient pas de taxe (vignes franches), la nostalgie nous étreint et le bouchon est tiré.

On l’aime parce que
Comme la plupart des grands rouges de la maison Louis Latour – nous pensons à l’admirable corton-grancey, ce beau magnum est fait pour vieillir à fond de cave, mais pour quelques semaines encore, il est merveilleux. Après, il connaîtra une éclipse, on dit qu’il s’est « refermé ». L’image est forte.

Combien et combien ?
100 magnums, 99 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi ?
Avec ceux qu’on aime, ceux qu’on souhaite honorer, ceux qui le méritent. Ce qui exige de passer son carnet d’adresses au peigne ultra-fin.

Il ressemble à quoi ?
À ces grands bonheurs dont l’enchérissement progressif nous éloigne inexorablement. Les bourgognes, les truffes blanches, les voitures de collection. Tout ce qui s’affole dans les catalogues des marchands. Cela dit, à 99 euros, ce magnum de beaune premier cru est encore à peu près accessible.

La bonne heure du bonheur
C’est un vin de bon dîner, de gibier à plumes, un vin limpide et brillant, un beau bourgogne en somme.

Le bug
Cent magnums de ce vin… Comment dire ? Ne perdons pas une minute.

Le hashtag
#pinotnoirforever

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Très coloré, savoureues notes de cerise noire bien mûre, tanin fin, corps charnu, bel équilibre. Attendre deux à trois ans minimum.


mardi 5 septembre 2017

Phélan-Ségur est vendu

Phélan-Ségur, un soir d'été et d'orage.


Les frères Gardinier, propriétaires de Château Phélan-Ségur, Groupe Taillevent, Les Crayères à Reims et un important domaine d'agrumes en Floride, annonce la vente (négociation exclusive, en fait) de Phélan-Ségur à un entrepreneur belge, Philippe Van de Vyvere.
La rumeur courait depuis un moment, elle n'était donc pas sans fondement. Rappelons que la famille Gardinier a signé un long passage de trente ans aux commandes du cru. Lequel est devenu l'un des plus exemplaires de l'appellation et, certainement, un grand du Médoc.
Voici ce que les frères Gardinier disent :
« Afin de renforcer la cohérence entre nos différentes activités, nous avons décidé de consacrer
l’essentiel de nos investissements à venir dans les métiers de la gastronomie (restauration,
distribution, …) et de l’hôtellerie haut de gamme. Taillevent Paris, le Domaine Les Crayères et le
Comptoir du Caviar en seront les premiers bénéficiaires, avec des projets déjà définis. Le renforcement du groupe pourra également passer par de la croissance externe si cela s’avère être
complémentaire », expliquent les trois frères, Thierry, Stéphane et Laurent Gardinier, et d’ajouter
« le vin, l’une de nos passions, reste au coeur de l'ADN du groupe. Nous gardons ainsi une réelle
proximité avec nos amis viticulteurs. »


À propos de l'acquéreur
Philippe Van de Vyvere, qui a construit son développement autour d'activités maritimes et portuaires
à travers son groupe Sea-Invest, a toujours cultivé une passion des grands vins.
« Initié dès mon plus jeune âge par mon grand-père, grand connaisseur et collectionneur des Vins de
Bordeaux, je perpétue cette tradition familiale. Parmi mes amis, je compte d'heureux propriétaires
dans le Bordelais, et mon rêve de posséder un jour une belle propriété a été exaucé lors de ma
rencontre avec la famille Gardinier. J’ai eu un réel coup de coeur pour Château Phélan Ségur,
magnifique domaine surplombant la Gironde. Les nombreux échanges avec les frères Gardinier leur
ont fait comprendre que j'allais être un acquéreur respectueux du passé, et ayant la volonté de
continuer l'excellent travail accompli. Mon ambition est de pérenniser Phélan Ségur comme l'un des
grands Saint Estèphe. »



La photo : est signée Mathieu Garçon

jeudi 31 août 2017

Bettane+Desseauve, le Guide 2018.
Voici les palmarès de l'année


C'est la rentrée, le Bettane+Desseauve est sorti.
Dans sa belle livrée caramel, il est assez chic, mais ce n'est pas le sujet.
Non, ce sont nos amis les vins qui occupent cent pour cent de la pagination
(et de nos pensées). Pas moins de 11 450 étiquettes ont été retenues, sur une somme de 50 000 vins dégustés. Un travail de titan, ayons une pensée pour les dix experts B+D qui ont goûté tout ça. Ces vins sont issus de 2 360 domaines, châteaux, propriétés, maisons, coopératives.

Voici, en exclusivité mondiale, les palmarès de l'année argumentés, débattus et décidés par Michel Bettane et Thierry Desseauve. C'est eux qui ont le final cut, la décision ultime. Ils établissent ensemble le tableau d'honneur de l'année écoulée.


 
LES DOMAINES DE L’ANNÉE

LE NUMÉRO 1 DE L’ANNÉE
Château Mouton-Rothschild

LES PRODUCTEURS DE L’ANNÉE (Top 10)
Domaine Louis-Claude Desvignes
Château Tertre-Roteboeuf
Domaine Leroy
Domaine de la Vougeraie
Laurent-Perrier
Domaine André et Mireille Tissot – Stéphane Tissot
Domaine Thibaud Boudignon
Château des Tours
Famille Perrin
Domaine de l'Île

LA CONFIRMATION DE L’ANNÉE
Château Marquis de Terme

LA PROGRESSION DE L’ANNÉE
Piper-Heidsieck

LE GRAND RETOUR
Mas Conscience

LE DOMAINE BIO DE L’ANNÉE
Domaine de l'Oratoire Saint-Martin

LA SIGNATURE DE L’ANNÉE
Dauvergne Ranvier


LES VINS DE L’ANNÉE

LES VINS NUMERO 1
Domaine Chanson Père et Fils
Beaune premier cru Clos des Mouches 2015, rouge
Beaune premier cru Clos des Fèves 2015, rouge
Beaune premier cru Les Grèves 2015, rouge

VINS DE L’ANNÉE (Top 10)
Château Cos d'Estournel
Saint-estèphe 2014, rouge
Château Suduiraut
Sauternes 2015, blanc
Domaine J.A. Ferret
Pouilly-fuissé Hors Classe – Tournant de Pouilly  2015, blanc *
Pouilly-fuissé Tête de Cru Clos des Prouges 2015, blanc
Champagne Jacquesson
Champagne Dégorgement Tardif N°736 Extra-Brut NM
Domaine Peyre Rose
Languedoc Syrah Léone 2007, rouge
Domaine Cosse Maisonneuve
Cahors La Marguerite 2014, rouge
Domaine Jean-Louis Chave
Hermitage L'Hermitage 2014, blanc

L’ÉMOTION DE L’ANNÉE
Domaine René Bouvier
Marsannay Champs Salomon 2015, rouge

LA RÉVÉLATION DE L’ANNÉE
Champagne de Castelnau
Champagne Hors Catégorie NM

LA CONFIRMATION DE L’ANNÉE
Clos Venturi
Corse Clos Venturi 2015, blanc

L’EXPRESSION DU TERROIR
Mas Jullien
Terrasses du Larzac Autour de Jonquières 2014, rouge

LA BELLE SURPRISE
Clos Saint Vincent
Bellet Vino Di Gio 2015, rosé

LE VIN À METTRE EN CAVE
Domaine Anne et Hervé Sigaut
Chambolle-musigny premier cru Les Noirots 2015, rouge

LE VIN À METTRE EN CAVE
Château Léoville Poyferré
Saint-julien 2014, rouge

LE MEILLEUR RAPPORT PRIX-PLAISIR
Domaine des Champs Fleuris
Saumur-champigny Les Tufolies 2016, rouge


LE VIGNOBLE DE L’ANNÉE
MÂCON ET MÂCON-VILLAGES 



Le Guide Bettane+Desseauve 2018 est en vente chez votre libraire

mercredi 30 août 2017

Le vin est-il échange et partage
jusque dans les Foires aux vins ?

1. Comme les Foires aux vins se tiennent plutôt dans des hypers et des supers, la GD honnie, vous évitez toute une frange de donneurs de leçons qui peut se révéler lassante à la fin. Ce fin marécage aurait tôt fait de vous dégoûter du vin. Une chance, ils ne fréquentent pas les enseignes de la grosse distribution, ils craignent de ne pas savoir faire avec un caddie ou quelque chose comme ça.

2. Après les donneurs de leçons, en général, le ressac dépose sur vos chaussures effarées les pasionarias du vin « nature », genre Madame Feiring (celle qui traite Michel Bettane de lepéniste au motif qu’il a un avis plus mesuré qu’elle sur les vins « nature »). Elle, elle vous dégoûtera sûrement de tout, y compris du débat, des mois de septembre, de l’avenir, de la nuance. Elle ne donne pas de leçons, elle jette des anathèmes sur tout ce qui bouge. Elle non plus ne va pas à l’hyper, ouf.

3. Les Foires aux vins réunissent surtout un public masculin très concentré sur ses achats, la constitution de sa cave, les bonnes affaires. Du coup, les quelques femmes qui s’y trouvent ne manquent pas d’intérêt, bien au contraire. Si elles sont là, et sans l’homme de leur vie, c’est qu’elles aiment le vin et qu’elles savent compter. Deux beaux atouts. De plus.

4. Pour engager la conversation, demandez-lui un avis au lieu de donner le vôtre comme un gros lourd. Et si elle vous le donne, remerciez le ciel et tenez-en le plus grand compte. Trois bouteilles du vin recommandé, voire une caisse de six (en signe d’allégeance) est un bon début pour envisager une suite.

5. N’en faites pas des caisses, justement. Elle sont lourdes, certes, mais la personne est équipée d’un caddie en état de marche et, à moins que la caisse choisie soit trop haute ou trop lourde, ne proposez pas sans cesse vos services, c’est exaspérant et vous pourriez agacer. N’oubliez pas que 99 % d’entre elles se débrouillent très bien toutes seules le reste du temps.

6. La moindre hésitation (de sa part) peut vous permettre une avancée non négligeable. Soyez secourable, pas envahissant. Si vous dégainez votre smartphone, assurez-vous que l’appli dont vous vous servez est Grand Tasting, l’appli qui donne des infos et des conseils sur les vins de toutes les Foires aux vins de cette année, donc sur la bouteille qui est pile devant elle. Dingue, non ? Vous avancez de dix cases. Sauf si un autre homme seul à l’hyper a également l’appli Grand Tasting, ce qui risque fort d’arriver. Pour conserver de l’avance, ayez sous le bras le dernier numéro de EnMagnum qui propose une belle centaine de pépites des Foires aux vins. Ah, il n’y avait pas pensé, ce boulet.

7. À ce stade, il va falloir inventer. Vous montrer sous votre meilleur jour, par exemple. Précéder ses envies de vins, la comprendre, psychologie-etc., toutes ces choses compliquées. Ne proposez pas de rosés sous prétexte que c’est une femme, on n’imagine pas plus ringard (c’est ce qu’elles disent dans ELLE, en tout cas). Faites plutôt valoir les qualités organoleptiques des vins que vous voudriez qu’elle achète (au cas très improbable où vous seriez amené à les boire avec elle).

8. Passage obligé, faire rire. Il paraît que ça crée des ouvertures. Au moins, vous tomberez amoureux, c’est déjà ça. Pour la faire rire, moquez-vous des étiquettes ridicules, il y en a plein. Ces vins qui s’appellent Grololo, Vin de merde ou Fuck@Sarkozy sont autant de parfaits exemples du pire. Dites « Vous imaginez ça sur votre table ? ». Non, elle n’imagine pas, mais elle pouffe. Ça suffira à créer un commencement de complicité.

9. Occupez-vous de votre caddie. Disparaissez, remplissez, revenez. Repartez. Si vous n’avez pas une vie propre et des goûts qui vous appartiennent, vous n’existez pas. Et surtout ne pas siffloter d’un air trop cool le tube de Springsteen, Queen of the supermarket, elle va tout de suite comprendre que vous bafouillez un anglais des plus approximatifs et que vous n’avez pas compris les mots de la chanson.

10. Allez, circulez. Arrêtez d’emmerder cette jeune personne, vous avez la même à la maison. Le vin est échange et partage, certes, mais ce n’est pas une raison.

lundi 21 août 2017

Mes vins de l'été (point d'étape)

Belle tombée de vins étrangers, cet été. Il en est venu de partout ou presque. Commençons par le commencement, c’est-à-dire l’Italie.

Italie.

Très joli barbera de Sottimano partagé avec bonheur
et avec une grande journaliste/écrivain gastronomique
chez Vantre, la bonne adresse de Marco Pelletier à la République.

Brunelli fait du brunello et il le fait très bien.
Ce brunello-di-montalcino s’inscrit parmi les meilleurs des grands italiens.
Il n’a pas déçu, fait mille promesses. Mais trop jeune, à la fin.

Entre quelques bouteilles de barolo du même producteur (Alessandria),
ce dolcetto très suave qui mérite vraiment qu'on l'attende (J’adore la nappe).

Le fantastique granato d'Elisabetta Foradori.
Le cépage est le teroldego et tout ceci nous arrive en magnum du Haut-Adige,
l'extrême nord de l'Italie. C'est un vin rouge, millésime 2006.


Autriche.

L'été des vins épatants, chapitre 5 962 :
un zweigelt (c'est le cépage) autrichien. On en fait aussi en Italie dans le Trentin Haut-Adige
et c'est toujours très bon pour ce que je sais des vins de Lageder ou de Hofstatter.

Liban.


L'une des cuvées de Kefraya, grand vignoble de la Bekaa au Liban.
Un vin facile, équilibré et flatteur, sans exagération dans aucun registre.
Content de l'avoir vue, cette bouteille. Trop petit, le 75 cl.

Chine.


L'étiquette d'une merveilleuse élégance, c'est Ao Yun,
le vin en progrès de Moët-Hennessy qui nous arrive des confins montagneux de la Chine.
Déjà un succès pour cette aventure viticole incroyable
(toute l'histoire dans En Magnum #08 en vente chez votre marchand de journaux).

Portugal. 

Un rouge sec portugais facile et sympa, on en boit jamais assez des comme ça.
Merci à Daniel Pirès, le sommelier de la Scène Thélème à Paris, qui me l'a fait découvrir.

Dans une brasserie qui va bien de l'avenue Gambetta, ce douro rouge (sec) parfaitement à sa place.
No surprise, Ramos Pinto fait partie des domaines supervisés par Jean-Baptiste Lécaillon (Roederer, etc.). Donc, c'est bon d'avance et c'est bon aussi pendant. Et à un prix serré.

USA, Californie.


Un déjeuner de champagne chez Albert Corre (Le Petit Pérgolèse),
mais avec un très grand rouge sur la viande, opus-one 2010, sacré jus.
Évidemment, c'est plus chic comme ça. Bravo et merci à Damien Champy
et à l'équipe champenoise de la petite coopérative Le Brun de Neuville.

Australie.

Un cabernet-sauvignon pas mal, pas trop extrait, l'Australie.
Bu à table dans un petit restaurant de la Spey, en Écosse.


USA, Oregon.


Chez Il Vino.
Regoûté avec gourmandise le pinot noir d'Oregon de Jean-Nicolas Méo.
Une très belle interprétation du terroir et du cépage.