Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



lundi 31 août 2020

Brad Pitt, la comtesse et le champagne

Brad Pitt et son champagne. Là, il tient la bouteille comme, avant lui,
John Wayne tenait sa Winchester. L'Amérique a une histoire.


La comtesse Fleur de Miraval pouvait-elle imaginer qu’un beau gosse hollywoodien exhumerait son patronyme pour baptiser son nouveau champagne ? Brad Pitt, c’est lui, lance aujourd’hui Champagne Fleur de Miraval, une nouvelle marque voulue et mise en œuvre avec les frères Perrin, ses habituels associés à qui l’on doit le succès mondial de Miraval, le rosé de Provence que tout le monde connaît maintenant. Brad Pitt est content, il dit : « Pour moi, l’univers du Champagne est un univers fabuleux de célébration, de qualité, de prestige, de luxe. Mais le champagne rosé reste relativement marginal. Fort du succès de Miraval en Provence, je voulais que l’on essaie de créer la maison de référence du champagne rosé en concentrant tous nos efforts sur cette seule couleur. Le résultat est spectaculaire et j’en suis très fier. »
 
Du côté de la Champagne, le talent et le savoir-faire est celui de Rodolphe Péters, vigneron incontestable et auteur de cuvées que les amateurs s’arrachent. Ce Fleur de Miraval est un assemblage de 75 % de chardonnays, dont des vins de réserve, et de 25 % de pinot noir. Particularité, la bouteille est laquée afin d’éviter que le vin voie la lumière avant le débouchage du flacon. On sait le champagne très sensible au goût de lumière, cette nuance métallique désagréable. 

Champagne Fleur de Miraval, c’est 20 000 bouteilles seulement et uniquement en rosé commercialisées à partir du 15 octobre au prix significatif de 340 euros la bouteille.





Les photos : Champagne Fleur de Miraval

mardi 28 juillet 2020

Gwendeline Lucas, la nouvelle baby-fayat

La nouvelle directrice des vignobles Fayat aligne déjà dix ans de maison. Elle y a fait presque tous les métiers, elle dit qu’elle est un « bébé Fayat ». On comprend mieux la confiance que Jean-Claude Fayat a placé en elle. Et elle en parle très bien

Gwendeline Lucas (photo Leif Carlsson)


Je viens d’un petit village du Chablisien
« Je suis passionnée par le vin depuis toujours. J’étais au collège à Chablis. On n’allait pas fumer des clopes en se cachant dans le gymnase, on allait plutôt boire du bourru pour rigoler. C’est du raisin qui pétille et qui commence à être un peu alcoolisé. Je suis passée par l’école de commerce de Dijon et j’ai fait le master commerce international des vins et spiritueux en 2008. J’ai 34 ans. J’ai fait un stage de fin d’études chez CVBG, au service export. Je voulais comprendre le fonctionnement du système bordelais avec son négoce, sa place, les courtiers, etc. Depuis la Bourgogne, je ne le comprenais pas. C’est un système unique et assez compliqué. Et puis Bordeaux m’attirait énormément. Il y a une magie ici. Je voulais m’en imprégner et y vivre une véritable expérience. J’ai rencontré Clément Fayat. Il a trouvé ma vision de la vie assez proche de la sienne. Il a apprécié mon parcours à l’étranger. Huit mois en Australie dans la région de McLaren, avant de partir en Nouvelle-Zélande à côté de Blenheim. J’ai aussi fait des vinifications de vins effervescents en Bourgogne. Je voulais mettre toutes les cartes de mon côté pour être crédible et avoir des connaissances techniques. J’ai travaillé avec Yannick Evenou pendant quatre ans. »

Au début, je m’occupais de développer les ventes
« Je m’occupais aussi de la relation sur le terrain avec les négociants. Je voyageais 120 jours par an et je faisais jusqu’à 15 pays par an. Aujourd’hui, deux personnes font ça à ma place. Le groupe place sa confiance dans les gens qu’il a envie de faire grandir et de garder. On est tous très proche. C’est une relation particulière. J’essaye aussi de favoriser ce mode de promotion avec mes équipes. L’implication, c’est croire à ce qu’on fait en ayant envie de le faire. Aujourd’hui, je suis très heureuse de dire que j’adore mon travail, que j’aime beaucoup les propriétés et la famille pour lesquelles je travaille. J’ai une équipe en or. C’est un bonheur de travailler avec elle. J’ai remis l’humain au cœur de cette entreprise. Depuis que j’ai pris les rênes, le groupe a fait l’acquisition de propriétés, dont le château Aney et ses quatorze hectares en Haut-Médoc qui entrent dans l’assemblage de clément-pichon. On a 44 hectares en Haut-Médoc. Le nouveau directeur technique, Yann Monties, vient de Château Haut-Bailly. Il est arrivé pour améliorer la qualité des vins. C’est un défi qui lui plaît. Je suis assez fière de l’avoir recruter. Les trois propriétés du groupe représentent 350 000 bouteilles à commercialiser. On travaille avec la place de Bordeaux. »

Le château La Dominique et son chai signé Jean Nouvel, à Saint-Émilion


J’ai toujours eu la conviction qu’on pouvait aller plus loin 
« Surtout avec les outils dont on dispose aujourd’hui à La Dominique et ses 29 hectares. Michel Rolland est le consultant des vignobles Fayat depuis 44 ans. Dans son équipe, il y a des gens formidables comme Julien Viaud. Ça fait deux ans et demi que je suis directrice. Maintenant, on a l’équipe qu’il faut pour amener La Dominique au plus haut. Je mettrais tout en œuvre pour y arriver. On veut aller vite et bien. Je ne le cache pas, le prochain classement est notre objectif, et on veut essayer de monter d’un cran, classé B, et continuer à faire briller La Dominique. 2017 est mon premier millésime en tant que directrice. Deux ans plus tard, 2019 est vraiment à la hauteur. C’est aussi le 50e millésime de la propriété. Il me tient vraiment à cœur. »

Le château Fayat, à Pomerol


Château Fayat existe depuis dix ans
« Une force et une faiblesse. La propriété poursuit son ascension sur quatorze hectares à Pomerol. C’est la réunion de trois propriétés acquises par la famille dans les années 1990 - 2000. On a plus de 40 parcelles différentes qui entrent dans l’assemblage de château-fayat et de son second vin promesses-de-château-fayat. C’est un vin formidable qui manque de notoriété alors qu’il joue dans la cour des grands en dégustation. »



Le château Clément-Pichon, en haut-médoc



J’ai la chance d’avoir une gamme qui correspond aux attentes des amateurs
« Clément-pichon pour son côté gourmand, facile à boire, accessible. Fayat pour son élégance et son raffinement. La-dominique pour sa complexité, sa précision, son style aérien. Un beau terrain de jeu, non ? Si je devais pousser la famille à faire l’acquisition d’une propriété, ça serait en Italie, dans le Piémont. C’est la Bourguignonne qui parle. Le nebbiolo se rapproche du pinot noir. »


mercredi 22 juillet 2020

Il y a la France et qui pourrait s’en passer

Sur le noble front du monde en marche, le tableau est un peu noirci. La conjoncture, dit-on. Dieu merci, il nous reste un très beau marché national. Il est temps de s’en souvenir



 Dans les allées de Vinexpo, ce salon professionnel désormais parisien, avant la grande dépression. Le président d’une belle maison de Champagne me souffle à l’oreille que l’ambiance est morose. En cause une conjonction de soucis qu’on appelle la conjoncture. Par exemple, dans la phrase : « La conjoncture est mauvaise ». Les menées de la justice américaine, commencées en 2004, ont abouti à une augmentation des droits de douane US de 25 % ad valorem, c’est moins sûr aujourd’hui dit-on, un peu plus de confusion. Le Brexit plonge dans le noir la vision des exportateurs français. La situation politique à Hong Kong rend difficile les projections des mêmes sur cette plaque tournante du commerce mondial du vin. L’épidémie du coronavirus partie de Chine continentale complique encore l’affaire. Oui, il y a de quoi couiner. D’autant que certains chiffres indiquent une baisse déjà nette des exportations. Tentons de ré-éclairer la scène en bougeant un peu l’abat-jour.

 Aux États-Unis, la taxe à 100 % est abandonnée. Satisfaction. Il semble aussi que le président américain cherche à calmer le jeu en raison, notamment, d’une levée de boucliers de la filière Vin locale. Que le président français fasse preuve du minimum de diplomatie que requiert la fonction et nous pourrions faire un grand pas en avant, puisque nous ne sommes pas au bord du gouffre. Le Royaume-Uni entre dans sa nouvelle souveraineté à pas comptés et on sait déjà que rien ne changera pendant un an au moins. Et rien n’indique qu’une catastrophe douanière s’annonce. Au pire, ce sont les exportateurs suisses qui joueront le rôle de passeurs de vin. Hong Kong jouit d’une sorte de statut de port franc pour le plus grand profit de la Chine. Même si un million de contestataires s’offusque à raison des visées hégémoniques du pouvoir central, on voit mal le PolitBuro pékinois se priver des avantages considérables d’une telle place de marché mondiale. Et pas seulement pour le vin. Cela dit, les nouvelles les plus récentes sont pour le moins alarmantes. Reste le virus. Personne ne peut dire quand et comment les choses vont s’apaiser. Pourtant, nous pouvons faire confiance aux scientifiques mondiaux lancés dans une recherche effrénée, ils vont forcément trouver une parade, un vaccin, une idée. Sinon, la catastrophe sera mondiale (l’est déjà ?) et nous allons tous mourir en finissant nos dernières bouteilles. Non, ça n’arrivera pas puisqu’on ne veut pas.

 Rien dans ce sombre tableau n’indique un désamour soudain pour le vin français. Il est, chacun le sait, un modèle pour le monde et personne ne pourrait s’en passer. Ni à New-York, ni à Londres, ni à Shanghai. Les constitutions de stocks élargis ici et là, en attendant des jours plus lisibles, en sont la meilleure preuve. Et il y a ce pays qui aime tellement nos vins, ce peuple réfractaire qui est prêt à absorber de belles parts de notre production, la France. Sous réserve, naturellement, qu’on le laisse assouvir cette passion joyeuse et ancienne. Ainsi, la batterie de lois et règlements qui entravent son expansion naturelle auprès de consommateurs dédiés feraient bien d’être revus de fond en comble et c’est bien ça le vrai combat à mener, mieux qu’une énième demande de subventions ou autre fond de soutien, ce réflexe victimaire ridicule. Qu’on cesse d’entraver les producteurs dans leur légitime désir d’être plus et mieux connus en approchant plus facilement leur public. Que les multiples administrations et leurs différentes panoplies de règlements coercitifs la jouent simplificatrices au lieu d’ajouter chaque fois une couche de plus au millefeuille des contraintes. Que, pour faciliter l’exportation, les services concernés aident l’exportateur de vins et spiritueux au lieu de lui mettre mille bâtons dans les roues. Qu’enfin on traite le producteur en ami de l’humanité et non plus en dealer de drogue comme voudrait nous le faire croire les déconstructeurs prohibitionnistes de l’ANPAA et consorts.

 Forts de quoi, notre ami le vignoble pourra se pencher sans arrière-pensée sur une nécessaire remise en cause de ses pratiques. Commencer à s’intéresser au marché national au lieu de le traiter par-dessus la jambe. Je me souviens de ce négociant bordelais qui expliquait à quelques journalistes rassemblés pour la Semaine des primeurs que ce millésime (le 2005) n’était pas pour les Français tant il était réussi, donc cher. Ça, c’était avant, vieux. Saluons le retour au premier plan de l’amateur français. Créons pour lui la batterie d’outils qui lui permettront de s’intéresser à nouveau à ce paysage bacchique unique au monde. Oui, Bordeaux compris. Partout, l’œno-toursime progresse, c’est bien, ce n’est pas suffisant. Inspirons-nous des réussites des uns et des autres, les wine-clubs californiens, les bars d’amateurs londoniens, les dîners à thème des Chinois, etc. Pour passionner un public de béotiens, tous ces gens ont trouvé d’excellentes idées. Pour reconquérir un public conquis, il suffit sans doute de donner un peu plus. Et que dire des e-boutiques des domaines ? Certaines cartonnent, d’autres prennent la poussière. S’il y a peut-être un grand Satan, il y a sûrement des petits bras. Pourtant, la vente aux particuliers sur internet a tous les avantages, cumul des marges et connaissance de sa clientèle. La calinothérapie appliquée à l’amateur n’est pas la pire des solutions. La France demande du vin, plus de vins, plus de moments de vins. Pour le plaisir, pour honorer sa culture, pour garantir ses paysages, son art de vivre, son identité. Identité ? C’est le moment de plonger, les gars, le thème est porteur.




Le titre de cet article a été inspiré par celui du dernier livre de Juliette Tournand : "Il y a la mer et qui pourrait l'épuiser"

Cet article a été publié sous une forme différente dans le numéro 19 de EnMagnum, en vente chez votre marchand de journaux en ce moment et jusqu'à la fin août. Prochain numéro le 4 septembre.

lundi 22 juin 2020

Les rosés de l'été qui commence (mon Top 5)

Longtemps, je me suis compté dans les rangs de la petite troupe lamentable qui voulait que les rosés ne soient pas des vins. C’est une longue visite au domaine de la Bégude, à Bandol, qui m’a décillé. Là, Guillaume Tari m’a fait goûter des rosés surprenants, dont un qui avait douze ans d’âge. Ce qui distingue un grand vin d’un petit, c’est sa capacité à durer. Nous y étions. Plus tard, j’ai découvert quelques merveilles en côtes-de-provence, à Peyrassol notamment, mais pas seulement. Les rosés bio de Château Gassier ont fait le job aussi. J’ai commencé alors à en conserver en cave et aujourd’hui, pour mon plus grand plaisir, je bois des rosés qui ont entre deux et dix ans d’âge. Parfois, ça ne marche pas, certains vins n’ont pas tenu la distance aussi courte soit-elle. La plupart du temps, je débouche des splendeurs. Voilà mon Top 5 du moment, à ce stade de l’été balbutiant.



Château La Verrerie, cuvée Grand Deffand, lubéron 2017
On ne va pas se tortiller, nuancer, se demander si. Ce rosé est le meilleur que j'ai eu la chance de boire en ce début de saison post-traumatique et c’est tout. D'abord, c'est un 2017. Un rosé bien élaboré gagne à vieillir, même deux ans. L'assemblage syrah-grenache est classique et l'apport du bourboulenc, cépage blanc, lui donne un peu plus d'acidité et de corps. À la fin, une merveille. C'est idiot, je n'en avais qu'une bouteille. Il a fait un tremplin épatant pour le pinot noir d'Alsace qui suivait, un magnum de la cuvée Ophrys comme seuls les Zusslin sont capables d'en produire. On y pense aux accords vin-vin ? Non ? On devrait. Ce grand-deffand est fait par Valentine Tardieu au château La Verrerie, dans le Sud-Lubéron, propriété de la famille Descours (Piper-Heidsieck, Charles Heidsieck, Weston, Bonpoint, etc.). Tardieu ? Vous avez dit Tardieu ? Oui, Valentine est la belle-fille du grand Michel Tardieu et, donc, la femme de son fils qui suit les traces de son père. Une famille qui sait faire du vin.
21 euros sur chateau-la-verrerie.com/fr/e-boutique






Chante Cocotte, la Cocotte rose, IGP Pays d'Oc 2017
C’est le très joli rosé de mon cher Régis Franc, plus connu pour avoir été une star de la bande dessinée, époque Lauzier, Martin Veyron, L’Écho des savanes, Pilote, etc. Depuis une petite dizaine d’années, il produit du vin sur les pentes douces au pied de la montagne d’Alary dans les Corbières, un paysage qui l’a vu naître et grandir. Il se trouve que parmi ses cuvées, le rosé a tapé dans l’œil de quelques grands restaurateurs qui lui trouvent toutes les qualités et, singulièrement, celle de s’accorder à merveille avec un grand foie gras. Je n’y aurai pas pensé, mais Antoine Pétrus y a pensé à ma place et le sert ainsi chez Taillevent. Je fais pareil. Un vin aromatique, délicieusement acidulé, persistant. Toute la fraîcheur requise, même au creux de l’hiver.
15 euros sur chantecocotte.com/boutique



Château Bonnange, Rosé de province, bordeaux 2017
Cette bouteille éclatante m'enchante pour trois raisons. Un, c'est bon, très bon, un bordeaux rosé bien fait par l'équipe du Château Bonnange. Deux, la couleur est adorable dans sa densité plus intéressante que les pâleurs des rosés de plagistes. Trois, le nom me fait mourir de rire. Rosé de province, le jeu de mots est là et il est bien envoyé. Hélas, il est mort, les tenants de l'appellation Rosé de Provence ont eu sa peau. Ça rigole pas. Ils ont mangé du pangolin ou bien ? Un peu d'humour, les gars. Comme si les 1 500 bouteilles de ce rosé de province pouvaient faire de l'ombre aux 180 millions de cols produits par notre chère Provence. Tsss. Je vais donc tirer ce bouchon, c'est ma dernière bouteille. Il n’y en aura plus. Regrets.


Château Sainte-Roseline, La Chapelle, côtes-de-provence rosé 2014
Un rosé de garde. Oui, de garde. Un 2014. Là, par exemple, j'aurai pu lui accorder quatre ou cinq ans de plus, vous savez bien cette irrépressible envie de tirer les bouchons des vins quand ils sont bons, déjà bons, bons tout le temps. C'est La Chapelle, la cuvée ++ du château Sainte-Roseline, vers Lorgues en Provence. Un très bel endroit, cette chapelle qui abrite la momie de Sainte-Roseline, un peu étrange, mais ça se visite. Les vins sont faits par Aurélie Bertin, elle se pose des questions sans cesse sur l'avenir et le développement de sa propriété. Et elle fait très bien dans les trois couleurs. Elle aura du mal à vendre ses 2019 cette année, comme tous les producteurs de Provence et j'ai une pensée très affectueuse pour eux en espérant fort qu’aucun ne reste sur le carreau et que l'été libéré compensera un peu ce terrible début de saison.
22,90 euros sur boutique-sainteroseline.com


Mas Llossanes, côtes catalanes rosé 2016
C’est un vignoble tout juste sorti de l’oubli par un jeune couple de vignerons, engagé, volontaire. Nous avions rencontré Solenn et Dominique Genot en Toscane où ils dirigeaient Caiarossa, de très jolis vins dans un décor à peu près biblique, le genre d'endroit en regardant bien, tu vois passer Jésus entre les vignes et les cyprès. Là-haut, dans leur nouvel endroit en appellation côtes catalanes, dans la montagne, le plus haut vignoble du Roussillon, ils font des vins précis et fins, loin des épaisseurs sudistes. Ce rosé de cinsault est une réussite, tonique, fraîche et fruitée. Allez hop, dans mon Top 5 du moment. Pas étonnant qu’ils aient été distingués par le concours AdVini/SupAgro.
10 euros


Château Mangot, rosé, bordeaux 2018
Une bouteille de rosé de Bordeaux, de Saint-Émilion précisément. Elle nous arrive du château Mangot, les frères Todeschini, des jeunes gens qui s’y collent avec infiniment de travail et de talent. C’est très bon, suave et sympa, c’est le bordeaux nouveau dans sa modernité qui nous enchante, tu regardes la bouteille et tu vois le bleu du ciel. Plus de détails dans le dernier EnMagnum, le numéro 19 enfin en vente chez votre marchand de journaux, un sujet sur le bordeaux nouveau.
13 euros sur châteaumangot.fr

Comme souvent dans les Top 5, voilà six bouteilles. Pas un seul 2019, gardez les vôtres pour l’été prochain. Prix mentionnés à titre indicatif. Souvent ces prix sont assujettis à des quantités minimum (carton de 6 ou de 12, etc.)

jeudi 11 juin 2020

Trévallon, ça se boit
Trévallon, ça se voit

Chacun connaît la grande aventure du domaine de Trévallon, initiée en 1973 par Éloi Dürrbach et sa femme dans ces trois vallons magiques des Alpilles, au sud d’Avignon, un paradis de la bio-diversité qui produit deux grands vins, un rouge et un blanc, acclamés dans le monde entier. Il manquait juste qu’un livre, un beau livre lui soit consacré pour que la boucle soit bouclée. C’est fait par la grâce et le travail de Guy Jacquemont, fin connaisseur du vignoble et de ses valeurs éternelles. Trévallon en est une à tous égards. Je connais Guy depuis des années et j’ai eu l’occasion d’arpenter des vignes, de visiter des domaines avec lui. C’était dans le Beaujolais, il y a quelques siècles. Content de le retrouver aux commandes d’une aussi belle entreprise.

Le livre


Ce livre est très réussi. J’en veux pour preuve l’avis d’un homme qui n’est pas connu pour être un expansif, quelqu’un qui ne manie pas volontiers le superlatif, Aubert de Villaines, l’homme du domaine de la Romanée-Conti. Il dit : « C’est beaucoup plus qu’un beau livre, comme on dit en langage d’édition, c’est un magnifique témoignage que méritait d’ailleurs cette aventure exceptionnelle. » Au-delà de la reconnaissance de ceux qui sont devenus ses pairs, il est incontestable que l’histoire d’Éloi Dürrbach et de son Trévallon est assez unique.

Éloi Dürrbach


Je ne vais pas spoiler le contenu de l’ouvrage ici, procurez-vous cette belle somme de textes et de photos épatantes et jugez par vous-mêmes, vous ne serez pas déçus. Attention, peu d’exemplaires ont été imprimés et il n’existe pas en format poche.

Chaque millésime a une étiquette différente


Le livre Trévallon, une famille d’artistes, un vin rare par Guy Jacquemont est disponible dans certaines librairies spécialisées ou, plus sûrement, sur le site du domaine www.domainedetrevallon.com/livre au prix de 80 euros. Il existe également une version limitée et numérotée, en coffret (300 euros).

mardi 2 juin 2020

Mes magnums (128)
Le retour des grands crémants

Maison Simonnet-Fèbvre, P100, blanc de noir,
crémant-de-bourgogne 




Pourquoi lui
J’adore les crémants de cette maison depuis longtemps. Chaque fois que je tire un bouchon, le plaisir est là avec son cortège de bulles, sa bouche fraîche, ses qualités apéritives. Un vin qui donne faim, oui, ça existe.

On l’aime parce que
La gamme des crémants est particulièrement bien faite. Sous la houlette familiale et raisonnable de la maison beaunoise Louis Latour, tout est là. Le rosé est juste dingue, on en parlera une autre fois.

Combien et combien
1 500 magnums
28,55 euros

Avec qui, avec quoi
Le meilleur monde, celui qui a envie de goûter des choses alternatives et très goûteuses. Ou la pire engeance, celle qui ne fait pas du tout attention à ce qu’elle boit. Ces gens-là, vous ne les recevez pas. Si ?

Il ressemble à quoi
Un crémant n’est pas un champagne. Pas la même pression dans la bouteille, pas la même mousse, pas le même vin. Un plaisir assez voisin, une impression équivalente, la finesse en moins, le prix en plus. On y est ?

La bonne heure du bonheur
Il n’y a sans doute pas grand-chose à attendre d’une garde, même courte. À boire sans attendre des lendemains qui chanteraient plus juste, ils ne sont pas garantis et comme c’est déjà très bon, hop, tendez vos verres. Cela dit, je vais essayer quand même. On en reparle dans trois ans.

Le hashtag
#theotherbubbles

Le bug
Les gens ont oublié les douceurs du crémant. Il est temps de s’en faire l’ambassadeur. Surtout à ce prix-là

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Un gourmand fruité cerise qui trahit son pinot noir, la bouche est structurée et presque tannique. 


Cette chronique a été publiée sous une forme différente dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il devait être disponible chez votre marchand de journaux à partir du 15 mars, puis du 7 mai, il l'est depuis le 13, le diffuseur étant dans un léger vrac ces jours-ci. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :

mercredi 27 mai 2020

Mes magnums (127)
une nouvelle étoile dans le ciel de Bourgogne

Domaine Pierre Girardin, Éclats de calcaire, bourgogne-chardonnay 2018 

 

Pourquoi lui
De Pierre Girardin, nous ne savons que trois choses. Il est le fils de son père Vincent, grand Bourguignon retiré des affaires.
Il a 21 ans, peut-être 22. Michel Bettane est tombé de sa chaise en goûtant ses blancs. Ceci expliquant cela, le voilà dans nos pages.

On l’aime parce que
Évidemment, c’est très bon, très terroir, très fin, très réussi.
On n’imagine pas l’éloge de Bettane à moins. Et on aime ces histoires de comètes qui apparaissent dans le ciel de France
à toute vitesse en dispensant des cadeaux à l’humanité.

Combien et combien
720 magnums
38 euros

Avec qui, avec quoi
De grands amateurs de grands blancs de Bourgogne et à l’aveugle. En prenant des paris, juste pour rire. Vous allez passer pour un explorateur. Enfin.

Il ressemble à quoi
Un chardonnay sur calcaire, comme son nom l’indique, dans une interprétation nouvelle. Pas question de passer à côté.

La bonne heure du bonheur
Boire une partie de vos magnums, conserver le reste, vivre heureux et accompli. Attendre sereinement la réussite du jeune homme avec l’air entendu de celui qui sait déjà.

Le hashtag
#astarisborn

Le bug
On dirait que ce jeune homme va connaître un destin à la Arnaud Ente. Si tu n’en bois pas maintenant, tu n’en boiras plus jamais, taxes US ou pas. À 38 euros le magnum, ce n’est pas le moment de se tortiller comme un ver coupé.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Fruit mûr soutenu avec dynamisme par une trame minérale plaisante et jamais austère. Finale crayeuse et longue. Grand chardonnay dans un style qui réinvente le genre. 17/20 (grosse note, je précise)


Cette chronique a été publiée soius une forme différente dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il devait être disponible chez votre marchand de journaux à partir du 7 mai, il l'est depuis le 13, le diffuseur étant dans un léger vrac ces jours-ci. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :

 

mardi 12 mai 2020

Mes magnums (126)
Un rosé de Provence pour énerver les snobs

Commanderie de Peyrassol, Le Clos Peyrassol,
côtes-de-provence 2018 




Pourquoi lui 
Peyrassol est un endroit unique au monde. Mille hectares de sauvagerie pour une centaine d’hectares de vignes. Vous la voyez, la bio-diversité, ses pins, ses garrigues, ses sangliers ? Le tout à quelques kilomètres des spots les plus courus de la Côte d’Azur. Pour compléter le tableau, c’est aussi un parc d’art contemporain qui rassemble une statuaire hors norme.

On l’aime parce que
Il est temps d’encaver quelques beaux magnums de rosés, format minimum, l’été approche et vous l’attendez. Il y a déjà longtemps que l’équipe en place travaille à sortir de beaux rosés fins et délicats, elle y parvient sous plusieurs étiquettes dans une gamme somme toute assez courte. Pour les rouges, c’est Stéphane Derenoncourt qui s’y colle avec succès.

Combien et combien 
1 089 magnums
64,50 euros

Avec qui, avec quoi 
Ces grandes propriétés provençales ont cessé depuis des siècles de faire n’importe quoi avec leurs cuvées de rosé. Aujourd’hui, les vins sont précis, même quand ils sont simples.

Il ressemble à quoi 
Un vin de grandes tablées, un rosé qui ne se moque de personne, pas de nom de cuvée exotique pour exciter l’Américain, du style, une présence.

La bonne heure du bonheur 
J’attends toujours les rosés un an au moins, c’est meilleur l’été d’après. Faites comme vous voulez, mais gardez quelques flacons pour l’été prochain et vous verrez. Si j’ai raison, dites-le nous.

Le hashtag
#summerispink

Le bug
J’ai entendu dire qu’il y a des gens qui ne boivent pas de rosé. Ce qu’ils sont drôles, les snobs.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Rosé de soif, simple, frais et sur son terroir.


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il devait être disponible chez votre marchand de journaux à partir du 7 mai, il le sera à partir du 13, le diffuseur étant dans un léger vrac ces jours-ci. D'ici là, il est en accès gratuit sur le site enmagnum.com, sous forme de flipbook, une technologie très confortable pour lire un beau magazine, en attendant le vrai, celui qui sent bon le papier imprimé. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :


mardi 5 mai 2020

Mes magnums (125) Un don du ciel, en rouge

Domaine Robert Sérol, Les Millerands, côte-roannaise 2018 



Pourquoi lui 
Toute la gamme des rouges de Sérol est à ma table, tous les étés, depuis plusieurs années. Grâce soit rendue à l’excellent caviste d’Auray, les Crus des vignerons, qui m’a fait découvrir cette pépite adorable. Avide de partage (^^), j’ai convié Thierry Desseauve à une dégustation, il est reparti avec la bouteille à peine entamée en poussant des petits cris de joie. Et voilà.

On l’aime parce que 
Le gamay est un bienfait pour l’humanité en quête de vins désaltérants, légers, équilibrés. On dit aussi « buvables », je n’aime pas tellement. Les vins de la côte-roannaise sont sans doute multiples, il y a deux stars Stéphane Sérol et Romain Paire aux domaine des Pothiers. Aujourd’hui, c’est Sérol.

Combien et combien 
200 magnums
25,80 euros

Avec qui, avec quoi 
Choisissez qui vous voulez, carton assuré. Je n’ai jamais vu personne tordre le nez en buvant l’un ou l’autre des vins de Sérol. Si c’est le cas chez vous, chassez l’importun, c’est un snob voire pire, un buveur d’étiquettes.

Il ressemble à quoi 
Aux vins dont on rêve ces temps-ci. On veut du facile, du goûteux, du léger, du sympa. Comme note de dégustation, on a vu plus sérieux ; comme impression générale, on est pile dedans. En plus, viticulture en bio-dynamie pour achever de convaincre vos convives soucieux.

La bonne heure du bonheur 
C’est déjà bon, aucun horizon dégagé pour dire que ce sera mieux plus tard. J’en conserve quelques bouteilles depuis deux, trois ans. Je ne suis pas sûr de mon coup. Nous verrons.

Le hashtag 
#alternativethinking

Le bug 
Peu de magnums, peu de revendeurs, c’est mal engagé. Essayez plutôt le domaine.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Gamay impressionnant de justesse et d’équilibre. Extraction en douceur sur le fruit, de la souplesse
dans les tannins. Aucune lourdeur, beaucoup de plaisir. Coup de cœur absolu. 17/20 (grosse note)


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il devait être disponible chez votre marchand de journaux à partir du 7 mai, il le sera à partir du 13, le diffuseur étant dans un léger vrac ces jours-ci. D'ici là, il est en accès gratuit sur le site enmagnum.com, sous forme de flipbook, une technologie très confortable pour lire un beau magazine, en attendant le vrai, celui qui sent bon le papier imprimé. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :

mercredi 29 avril 2020

Mes magnums (124) Un saint-joseph
tout nouveau, tout beau

Domaine Bott, saint-joseph 2018 



Pourquoi lui 
Graeme et Julie Bott, les Kiwis d’Ampuis se sont rencontrés chez Stéphane Ogier chez qui ils ont passé une dizaine d’années. Tout est dit. Gros savoir-faire, immense talent, gigantesque énergie et hop, ils ont un domaine. Nous, des gens comme ça, on les adore.

Voilà pourquoi ils sont là. 
On l’aime parce que Graeme, en charge des vinifications, sait avec quoi il joue et Julie sait qu’il sait. Ce vin est une réussite. C’est le deuxième millésime de ce nouveau domaine Bott (tout a commencé en 2015). Ils font aussi un côte-rôtie parfait en attendant un parcellaire autrement connu comme grandiose. Lancement est le nom de ce petit bout de parcelle qu’ils ont réussi à acquérir.

Combien et combien 
200 magnums
55 euros

Avec qui, avec quoi 
Avec des découvreurs. Nous, par exemple. On aime ce jus tonique et frais, on aime cette nouvelle interprétation du saint-joseph. Invitez-nous.

Il ressemble à quoi 
Déjà, saint-jo est l’appellation que tout le monde aime. La voilà en version droit comme un cyprès, intelligent, habile, pas trop cher.

La bonne heure du bonheur 
Pas d’urgence. Même s’il est bon tout de suite, il a un avenir radieux. Surtout en magnum. Laissez-lui du temps. Achetez plusieurs exemplaires et goûtez le vin, un magnum par an, sur une période de dix ans. Vous nous raconterez.

Le hashtag 
#bottavecunb

Le bug 
Il y a une vraie urgence à acheter des bouteilles chez les Bott. Le temps de procrastiner et les gros importateurs du monde vont tomber dessus, nous n’aurons plus rien. Essayez l’allocation annuelle pour sécuriser vos appros.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Complexe et structuré. Assurément un vin de garde à attendre quatre à cinq ans avant qu’il n’exprime tout son potentiel. Une syrah minérale, charnue, qui profite d’un élevage ambitieux. Taillé pour la gastronomie. 16/20



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il devait être disponible chez votre marchand de journaux à partir du 7 mai, il le sera à partir du 13, le diffuseur étant dans un léger vrac ces jours-ci. D'ici là, il est en accès gratuit sur le site enmagnum.com, sous forme de flipbook, une technologie très confortable pour lire un beau magazine, en attendant le vrai, celui qui sent bon le papier imprimé. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :


 


mardi 21 avril 2020

Mes magnums (123) Un vieux beau du Jura

Domaine Rolet Père et Fils, trousseau, arbois 1988 

 

Pourquoi lui 
Le Jura est à la mode. Très. Tomber sur un gisement de magnums de vieux juras, cépage trousseau, est une chance inouïe. Le domaine Rolet, repris depuis peu par les Devillard, fameux Bourguignons des côtes de Nuits et châlonnaise, dispose de stocks parfaitement conservés et assez conséquents à des prix plutôt abordables. C’est donc une obligation que nous nous faisons de présenter ce vin ici.

On l’aime parce que 
C’est bon. Son grand âge, 32 ans, lui a apporté toute la patine qu’on aime sans trop obérer cette fraîcheur indispensable. Le résultat est là, un grand vin pour la table et les amateurs.

Combien et combien
1 500 magnums
57 euros

Avec qui, avec quoi
Une fine tablée de bons amis qui savent boire le vin quand il est juste, vrai, bien amorti. Ce rouge souple s’accommodera, vous aussi, d’une gastronomie normale, si elle existe encore.

Il ressemble à quoi
À un vieux beau, en fait. Toutes les séductions de la beauté multipliées par l’expérience de l’âge. Le tout, dans un parfait état de conservation. Normalement, le combo idéal pour faire un tabac en société.

La bonne heure du bonheur
Là, on y est. Pas de raison de jouer les prolongations plus longtemps. On le boira à déjeuner ou à dîner sans se poser de question. À 12,5° d’alcool, tout va bien.

Le hashtag
#oldiesbutgoodies

Le bug
Il y a beaucoup de magnums, mais à ce prix, aucune chance que les flacons traînent bien longtemps dans les caves de la maison.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve
Le Bettane+Desseauve n’existait pas à l’époque. Alors, nous l’avons goûté et voilà ce que nous en disons : nez floral et charmeur, encore en pleine forme malgré les années. L’acidité naturelle du trousseau balance à la perfection la suavité d’un fruit bien mûr et juteux. Original et fin. 


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #19 dont la sortie a été retardée pour les raisons que vous savez. Il sera disponible chez votre marchand de journaux à partir du 7 mai. D'ici là, il est en accès gratuit sur le site enmagnum.com, sous forme de flipbook, une technologie très confortable pour lire un beau magazine, en attendant le vrai, celui qui sent bon le papier imprimé. Voilà la Une de ce numéro bien chahuté par les événements :


mardi 14 avril 2020

Mes magnums (122)
Un blanc de Bretagne, ça existe ? Oui

Coteau du Braden, blanc 2018 



Pourquoi lui 
Parce que personne ne connaît cette micro-production bretonne, un coteau à Quimper, l’océan est là, tout proche, les autos aussi sur la rocade qui domine la vigne. Là, on produit deux cépages, du chardonnay et du pinot gris qui entrent à parts égales dans la composition de ce premier magnum.

On l’aime parce que 
L’histoire est si belle. Du vin en Bretagne, des passionnés qui réinventent une vieille tradition, il ne manque rien pour s’enthousiasmer. Et puis, c’est notre ami Pierre Guigui, fin dégustateur, qui assure la promotion de cette belle aventure si peu commerciale. Et « Grand cru de Cornouailles », vous imaginez ? Quelle allure. Allo, l’INAO ?

Combien et combien 
Hors commerce
1 seul magnum

Avec qui, avec quoi 
Avec des curieux, des vrais, des gens de gueule et d’esprit, prêts à tout oublier, prêts à boire un blanc breton, prêts à tout, quoi.

Il ressemble à quoi 
C’est un vin d’iode, un vin de fruits de mer, de poisson au beurre blanc, un vin frais, vif, citronné. Même une charcuterie (bretonne) lui tiendra la main sans déroger.

La bonne heure du bonheur 
Allez, on n’attend pas, c’est maintenant ou jamais.

Le hashtag 
#comingsoonatawineshopnearyou

Le bug 
Toujours pas commercialisé.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Le Bettane+Desseauve n’en dit rien encore puisque ce vin n’est pas commercialisé



Cette chronique a été publiée, sous une forme différente, dans EnMagnum#18. Aujourd’hui, EnMagnum#19 n’est pas en vente chez votre marchand de journaux, défaut de livraison pour cause d’époque perturbée oblige. En revanche, ce numéro 19 est en accès libre sur internet via le site enmagnum.com. Allez-y, on ne vous demande rien puisque c’est gratuit. C’est la technologie du flipbook, éprouvée et confortable, on peut agrandir textes et photos comme on veut, c’est parfait.
Voilà à quoi il ressemble :

 

mercredi 8 avril 2020

Mes magnums (121) Un champagne rosé
en magnum, c'est un été d'avance

J. de Telmont, Grand Rosé, champagne 



Pourquoi lui 
Saluons le retour aux affaires de cette marque créée en 1911 et qui avait tendance à se disperser légèrement. La quatrième génération a pris le volant, tout rentre dans l’ordre et, d’abord, les vins. La viticulture aussi, qui s’oriente vers la biodynamie, pas si simple en Champagne.

On l’aime parce que 
Point un : un grand champagne rosé est toujours une bonne nouvelle.
Point deux : une petite maison qui sort de l’ombre en travaillant son propre domaine en est une autre (bonne nouvelle).

Combien et combien
70 euros. 1 500 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Un jour lumineux, pour regarder la couleur du vin dans le soleil. Ce vin, c’est de l’été en bouteille. À boire l’hiver, donc.

Il ressemble à quoi 
Un vin qui va avec tout, en toutes circonstances. Moi, je le préfère à l’apéritif ou avec des fruits rouges, ah ce n’est pas la saison, ça va venir.

La bonne heure du bonheur 
Aucune raison d’attendre, même si trois ou quatre ans de cave de plus ne lui feront aucun mal, au contraire.

Le hashtag 
#pinkchampagnelover

Le bug 
Manque de notoriété. Manque d’image. Pour l’instant.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Rond et souple, fruit agréable, facile à boire dans un usage universel.


Cette chronique a été publiée, sous une forme différente, dans EnMagnum#18. Aujourd’hui, EnMagnum#19 n’est pas en vente chez votre marchand de journaux, défaut de livraison pour cause d’époque perturbée oblige. En revanche, ce numéro 19 est en accès libre sur internet via le site enmagnum.com. Allez-y, on ne vous demande rien puisque c’est gratuit. C’est la technologie du flipbook, éprouvée et confortable, on peut agrandir textes et photos comme on veut, c’est parfait.
Voilà à quoi il ressemble :

 



mercredi 1 avril 2020

Mes magnums (120) les rouges de Provence d'une star du vignoble

Domaine Hauvette, Améthyste, les-baux-de-provence 2016 



Pourquoi lui 
Je ne connais pas Dominique Hauvette, mais d’où que viennent les informations, elles donnent envie de la rencontrer, nous avons commencé par ses vins.

On l’aime parce que 
Un grand rouge de Provence est un cadeau du ciel. Ici, c’est de cinsault qu’il s’agit. Grand, le cinsault ? Oui, ça dépend qui en fait du vin. Là, visiblement, c’est bien joué d’un bout à l’autre. Le vin qui vibre est un concept enviable.

Combien et combien 
130 euros. 300 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Avec votre premier cercle, mais ne parlez pas de cinsault, faites déguster à l’aveugle, il y en aura bien un pour parler de bourgogne.

Il ressemble à quoi 
Si l’idée du vin d’auteur vous est étrangère, essayez pour comprendre.

La bonne heure du bonheur 
Les vins de Dominique Hauvette sont construits pour la garde. Pour ce 2016, je dirai 2026, minimum.

Le hashtag 
#excellenceenprovence

Le bug 
Qui en vend ? Je ne sais pas.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Fin comme un pinot noir, le cinsault trop souvent mésestimé montre ici tout son potentiel. Délié, chatoyant, fin et floral, il est tout en longueur, finesse et complexité. 16,5/20


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #18 sous une forme différente.
Le numéro 18, s'il en reste, est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu’à la fin de la semaine. Voilà la couverture du numéro 19, une ode à Bordeaux dans sa reconquête. On attendra un peu pour le trouver en kiosque. Pour l'instant et compte tenu des circonstances, l'imprimeur ne livre pas. Pour être gentil avec tout le mon de, nous offrons ce numéro aux internautes. En allant sur le site enmagnum.com, vous pouvez suivre un lien qui donne accès à ce numéro sous forme de flipbook, une technologie éprouvée et confortable. Go.



lundi 23 mars 2020

Mes magnums (119)
C'est possible de lancer une nouvelle marque de champagne ? Oui, c'est possible

Frèrejean Frères, brut premier cru, champagne NM



Pourquoi lui 
J’adore l’histoire des marchands de canons Frèrejean Frères qui vendaient leur production à Napoléon III, puis à Clémenceau. À l’époque, l’usine était rue de Réaumur, à Paris. La fratrie du moment est plus champenoise, installée à Avize depuis 2005.

On l’aime parce que 
Ces trois jeunes frères Frèrejean sont issus d’une branche de la famille Taittinger et voilà qu’ils nous présentent des champagnes de finesse, d’élégance et de ciselure, plutôt marqués chardonnay.

Combien et combien 
90 euros. 1 800 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Avec tous ceux qui aiment les histoires incroyables-mais-vraies et les jeunes entrepreneurs avec du talent dedans.

Il ressemble à quoi 
Ce sont de grands vins d’apéritif. En tenir compte.

La bonne heure du bonheur 
La gamme est assez large pour un début (quinze ans, en Champagne, c’est un début) et celui que nous vous montrons ici n’a besoin de rien. Bien sûr, cinq ou dix ans de cave ne lui fera que du bien, mais ce n’est pas indispensable.

Le hashtag 
#thenewcomer

Le bug 
Il y aura forcément quelques tristes figures pour s’émouvoir de cette histoire de canons.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Élancé, frais et offrant de belles notes d’agrumes et fleurs, un beau champagne d’apéritif et de début de repas. 15/20



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum sous une forme différente.
Le numéro 18, s'il en reste, est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu’à la fin de la semaine. Voilà la couverture du numéro 19, une ode à Bordeaux dans sa reconquête. On attendra un peu pour le trouver en kiosque. Pour l'instant et compte tenu des circonstances, l'imprimeur ne livre pas.



mercredi 18 mars 2020

Mes magnums (118)
Un grand cru de Bourgogne qu'on connaît moins, à tort

Domaine Michel Magnien,
clos-de-la-roche grand cru 2015 




Pourquoi lui 
Frédéric Magnien est un garçon sérieux et habité par sa fonction. Il croit à ses terroirs, à ses façons de faire, aux vins qui sortent de ses chais. Passé à la bio-dynamie « pour aller au bout de l’idée », il est engagé profondément dans une voie de pureté et d’expression. Chacun en jugera, mais ce garçon est convaincant. 

On l’aime parce que
Qui peut dire qu’il n’aime pas les grands crus de Bourgogne ? Il faudrait être fou. En boire est déjà une chance, tant les rendements sont minuscules et les prix, majuscules. 

Combien et combien 
460 euros. 120 magnums. 

Avec qui, avec quoi 
Avec une assemblée de convives recueillis, attentifs, convertis. Ce très fameux Clos de la Roche est une parcelle pentue, partagée entre quelques propriétaires. Le jeu pédagogique serait d’en goûter plusieurs dans le même millésime. 

Il ressemble à quoi 
À un grand millésime puissant et riche. Un vin qu’on boit les yeux clos, un léger sourire aux lèvres. Ce genre de plaisir très civilisé. 

La bonne heure du bonheur 
Dix ans d’âge minimum. Quinze, idéalement. 

Le hashtag
#skyrocketingburgundy

Le bug 
On ne peut même pas dire que c’est cher puisque c’est beaucoup moins cher que l’an prochain. 

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Joli jus, vin racé, très goûteux, parti pour une longue garde. Un style alliant finesse et puissance, aussi large que long en bouche. 17/20 



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #17 sous une forme différente.
Le numéro 18 est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu’à la fin mars
ou plus, nous verrons bien. Voilà la couverture de ce numéro 18,
une vision
inattendue de la saison, de l'hiver.


 
 

jeudi 5 mars 2020

Mes magnums (117) Une merveille de pinot noir par des gens qui savent le pinot noir

Domaine Trapet Alsace, Chapelle 1441, alsace pinot noir 2016 



Pourquoi lui 
Deux raisons entre mille. Un, les pinots noirs d’Alsace. Quand ça veut, c’est magique. Deux, Trapet, ça vous dit quelque chose ? Andrée Trapet est la femme de Jean-Louis et chez ces gens-là, monsieur, le pinot noir, on connaît. Et il y a la folle élégance d'un magnum de vin d’Alsace, c’est beau comme une cigogne posée sur votre table.

On l’aime parce que 
Ils sont une assez petite troupe à faire de beaux pinots noirs en Alsace. Il convient donc de les honorer à hauteur du bonheur qu’ils nous apportent. Ce que nous nous efforçons de faire dans nos pages depuis le numéro 1.

Combien et combien 
40 euros environ
Une dizaine de magnums

Avec qui, avec quoi 
Certains trouveront l’étiquette languedocienne, voire rigolote. Ceux-là, ne les invitez pas. Préférez ceux qui savent plonger le nez dans le verre en fermant les yeux avec un air concentré, puis extatique. Au moins, votre ego ne souffrira pas.

Il ressemble à quoi 
Un pinot noir léger en couleurs, très aromatique, une bouche fine et flatteuse. Vous y êtes ? C’est ce qu’on veut boire.

La bonne heure du bonheur 
Un peu d’attente ne nuira pas, c’est déjà très bon.

Le hashtag 
#theotherpinotnoir

Le bug 
Dix magnums. Non, mais dix magnums, quoi.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Une belle trame très pure, un toucher élégant, pas trop de chair mais un bon fruit, de l’élégance et de la finesse, on n’a pas forcé l’extraction et ça lui va bien.


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum sous une forme différente.
Le numéro 18 est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu'en mars.
Voilà la couverture de ce numéro 18, vision
inattendue de la saison.


 
 

lundi 24 février 2020

Daniel Benharros est mort un dimanche

Mais qui est Daniel Benharros ?
Un grand professionnel du vin, un homme d’influence.
Son métier ?
Régisseur. C’est lui qui apportait un chiffre d’affaire publicitaire au journal qu’il représentait, Le Figaro, l’obligeant ainsi à créer un environnement rédactionnel favorable. Il a été le premier à inventer la publicité du vin et les suppléments vin de la grande presse, c’est lui qui a sorti le vin des pages de la seule presse spécialisée. Après un début de carrière orienté gastronomie (Gault et Millau, Cuisine et vins de France), il crée en 1986 le Guide des routes du vin où il nomme Antoine Gerbelle à la rédaction en chef. Les grands noms du vin de l’époque s’y succèdent, Michel Smith, Christian Flacelière, Bernard Burtschy et un petit jeune qui fera la carrière qu’on sait, Thierry Desseauve.

En 1991, Daniel inaugure les pages Vin du Figaro qui durent toujours. C’est lui et lui seul qui a imposé le vin comme un sujet récurrent dans un grand groupe de presse national. Il commence avec Le Figaro Magazine, continue avec le quotidien. Contre vents et marées et, particulièrement, contre la sourde opposition d’une partie de la rédaction, il réussit à rendre hebdomadaire la page vin du quotidien. Une très jolie façon de donner de l’air à toute la filière, reprise en un chœur touchant par toute la presse française. Belle façon aussi de faire valoir la culture du vin, son caractère immuable, son origine si ancienne. Sa connaissance très exhaustive des arcanes du mondovino français lui vaut plus que jamais la confiance de tous les grands décideurs et lui permet ainsi d’asseoir son influence.

Après avoir traversé un épisode santé très difficile avec un courage et une opiniâtreté qui ont forcé l’admiration de tous, il était toujours le premier de son métier et c’est encore lui qui donnait au vin la médiatisation papier la plus importante et la plus régulière. Il a pesé très lourd, mais toujours avec légèreté, dans les décisions éditoriales et, donc, dans la place faite au vin et ce, malgré les visites régulières à l’hôpital et les périodes de faiblesse qui suivaient et que ce travailleur acharné supportait mal.
Il y a peu, il me disait, vibrant de fierté, qu’il avait gagné dix ans de vie, que c’était dix ans d’échec pour la maladie. Elle a gagné à la fin, comme souvent.

Pour qu’aucun doute ne subsiste, je dois à Daniel Benharros d’avoir intégré ce métier formidable. Il m’a toujours soutenu avec une fidélité sans faille, c’est un luxe et un confort. Je ne suis pas le seul. Un très grand nombre de ceux qui occupent aujourd’hui une position dans la presse du vin lui doivent entre beaucoup et énormément. Je sais que chacun, au fond de lui-même, est dévoré de tristesse. Ce sont les souvenirs de Daniel qui nous rendent le sourire et qui nous donnent, ce matin, la force de continuer. Tous ensemble, nous perdons un grand ami, un grand supporter. Nos prochaines rencontres sous le signe des grands vins et de la franche rigolade seront bien plombées par son absence.

Daniel Benharros

mardi 18 février 2020

Mes magnums (116) Un châteauneuf-du-pape
d'une délicatesse folle

Domaine de la Solitude, Le Vin de la Solitude, châteauneuf-du-pape 2017 



Pourquoi lui 
Le nom, la Solitude, ne justifie pas tout. Quoique. L’histoire familiale qui remonte au Moyen-Âge et à une famille toscane qui donna un pape à Avignon, non plus. Non, c’est le vin, l’important.

On l’aime parce que 
La finesse à Châteauneuf-du-Pape est une qualité. Nouvelle ? Relativement. Il fait partie des vins qu’on a envie de boire ces jours-ci. Goûtez-le.

Combien et combien 
96 euros. 150 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Avec ceux de votre entourage que vous estimez capable d’envisager un châteauneuf avec d’autres yeux que ceux de l’amateur de gibier, classique et fatigant. 

Il ressemble à quoi 
Dentelle et délicatesse, ça vous dit quelque chose ? oui ? Alors, voilà le vin qui va vous transporter vers d’autres horizons. Le Rhône sud, c’est aussi ça.

La bonne heure du bonheur 
Cinq ans d’attente minimum. Minimum. Les vrais amateurs compteront sept à huit ans. Êtes-vous un vrai amateur ?

Le hashtag 
#areyoulonesometonight

Le bug 
Le commun des mortels pourrait confondre ce vin avec un châteauneuf ordinaire. C’est une erreur.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Bouquet original et fin. Bouche en dentelle, résultat des 80 jours de macération. Délicatesse évidente qui réconcilie n’importe quel amateur de vins fins avec l’appellation. 17/20



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum sous une forme différente.
Le numéro 18 est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu'en mars.
Voilà la couverture de ce numéro 18, une vision
inattendue de la saison.



 

mercredi 12 février 2020

Mes magnums (115)
Un côte-rôtie comme on les adore

Domaine Pierre-Jean Villa, Fongeant, côte-rôtie 2016 



Pourquoi lui 
Parce que Pierre-Jean Villa, parce qu’il est doué en plus d’être éminemment sympathique. Parce que c’est un bosseur sans état d’âme, parce qu’il est tout entier dédié à son vignoble, à ses vins. Parce que lui. 

On l’aime parce que 
« Un côte-rôtie, c’est branché » dirait Michel Bettane. Pas seulement. C’est une sorte de concentré de tout ce qu’on a envie de trouver dans un vin aujourd’hui. La finesse, l’énergie, les épices, la longueur. Tout. D’où l’engouement du monde pour cette appellation en pointe. Et malgré les prix qui s’envolent. 

Combien et combien 
185 euros. 180 magnums. 

Avec qui, avec quoi 
Peu importe avec qui, tout le monde aime les côte-rôtie. Ce magnum issu d’un parcellaire depuis deux millésimes mérite sans doute de filtrer un peu plus les convives. Un sauté de veau aux olives noires et tomates confites lui fera une compagnie très acceptable. 

Il ressemble à quoi 
À toutes ces grandes syrahs pour lesquelles on se damnerait sans discuter. Le Rhône nord est le royaume d’élection de ces grands vins. Des syrahs qui n’ont pas d’équivalent ailleurs dans le monde. J’exagère ? Sans doute. Tant mieux, puisque j’y crois. 

La bonne heure du bonheur 
Doucement. Vous entretenez une cave de beaux magnums, il n’y a pas d’urgence. D’autres, parmi votre collection, sont déjà prêts. Donnez-lui un minimum de cinq ans. 

Le hashtag 
#sotrendy 

Le bug 
Peu de magnums, peu de revendeurs, il n’y en a plus au domaine. Bonne chance. 

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Un tannin velouté et soyeux en tous points splendide, une texture moelleuse et un fruité frais qui persiste jusqu’en finale. Grand raffinement. Grande fraîcheur. 18/20 



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #17 sous une forme différente.
Le numéro 18 est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu'en mars.
Voilà la couverture de ce numéro 18, une vision
inattendue de la saison.


 

lundi 3 février 2020

Michael Huang, d'après lui

Il a 47 ans. Il est Chinois, de Pékin. Il a acquis le Château Bonnange, à Blaye, pour sa retraite. Mais c'était un vignoble et la vigne n'attend pas. Que dit-il ? 


Le château Bonnange, à Blaye

« J'ai acheté ce château, il y a quatre ans. J'ai commencé à boire du vin vers l'âge de 30 ans. Ce qui me plaisait bien. Rien de comparable avec la passion qui m'anime maintenant. Au début, je venais un peu l'été, un peu l'hiver, en vacances. J'ai fini par comprendre qu'un vignoble exigeait un engagement énorme. Je me suis impliqué à la chinoise, c'est-à-dire à toute vitesse. Je voulais redresser ce vignoble en deux ans. Mais la vigne ne l'entend pas de cette oreille. C'est ce qui est beau. Mais ce n'est pas facile de devenir un propriétaire responsable. Michel Bettane m'avait prévenu. J'ai suivi le conseil »


« Je me suis mis à apprendre le vin en assistant à de multiples dégustations. J'ai commencé à définir mon goût, à comprendre des choses sur le vin. C'est long, c'est passionnant, c'est indispensable. Je commence à avoir une vision plus précise et du plaisir à faire le vin. Mes objectifs du début ont évolué. Avec Paul-Emmanuel Boulmé, notre maître de chai, nous expérimentons. Nous avons planté du pinot noir, pour voir. Nous cherchons à nous différencier, à apporter aux amateurs une expérience nouvelle. Et puis, il y a ici, à Bonnange, quelque chose d'un peu mystique qui me va bien, une qualité qui flotte dans l'air. Bien sûr, Blaye est une appellation sous-estimée, mais je vois son potentiel dans des vins d'artiste, pas des vins économiques. Dans cette esprit, je veux pousser le malbec, un cépage historique de la région. Et faire du rosé. On a commencé avec un vin nommé "rosé de province". C'était drôle, ce nom. Hélas, ça n'a pas plu du tout aux Provençaux et j'ai été obligé d'arrêter. L'humour, vous savez. »

Michael Huang

« Nos vins sont riches et puissants, concentrés et aromatiques. Ils sont bons tout de suite et pour longtemps. 20 ans, 30 ans, selon les millésimes. Tous nos vins, les malbecs comme les merlots, les blancs comme les rosés, ont une couleur soutenue. Ils ont une certaine consistance, cohérente avec le goût. Et quand nous aurons notre pinot noir, dans trois ans, il partagera le caractère de nos autres vins. À la différence des pinots noirs classiques. » 

« J'aime l'idée du contrepied. Je ne veux pas suivre une voie toute tracée, une mode, je veux faire des vins que j'ai envie de boire. Mais je ne suis pas vigneron, je suis un entrepreneur, je réfléchis beaucoup à l'avenir de mon entreprise. Même si j'aime beaucoup ce que monsieur Bonnange a fait ici, il faut mériter le lieu. L'argent ne suffit pas. »



« Nous avons décidé d'appeler cette cuvée Clos de Bonnange en discret hommage à Claude Bonnange, l'homme qui m'a vendu son château. Hélas, d'obscures raisons administratives m'ont contraint à abandonner ce nom. »

Le domaine s'appelait Clos des Roberts.
Claude Bonnange a préféré lui donner son nom. Ce qui peut se comprendre


Photos Mathieu Garçon


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #17 sous une forme différente.
Le numéro 18 est en vente chez votre marchand de journaux
jusqu'en mars.
Voilà la couverture de ce numéro 18, une vision
inattendue de la saison.