Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



lundi 27 juillet 2015

Le vin des autres
(n’est pas le mien)

Il y a cette permanence des idées venues d’ailleurs, d’autres gens, qui envahissent ton quotidien en un flot ininterrompu. Tu n’es pas tellement d’accord, mais peu importe ton avis. On ne te le demande pas. Ainsi du vin, mais pas que (restons sur le vin).




Chez Bettane + Desseauve, il arrive qu’un dégustateur de retour du vignoble ait des étoiles au coin des yeux et s’exprime sans mesure sur telle merveille goûtée l’avant-veille. Aussitôt, l’une d’entre nous s’empare de l’histoire. En peu de mails, c’est réglé et me voilà l’heureux propriétaire à prix barré de 24 bouteilles acquises dans l’enthousiasme collectif et livrées dans la semaine. Mon premier réflexe, c’est trois mois de cave et on verra. On a vu. Pas d’erreur avec le châteauneuf-du-pape du Mas Saint-Louis, pas plus avec le graves du château de Cérons. L’un et l’autre se révèlent de parfaites acquisitions dans des registres différents, j’aurai fini les graves dans les deux ans et les rhônes dans les dix ans, voire plus.
C’est beaucoup plus compliqué avec le saumur-champigny les-murs 2013 du Clos Cristal. J’avais vu une critique très élogieuse et crédible ici (clic) et sur la foi de ces quelques lignes augmentée par les mots de l’un des nôtres revenu en transe, allez hop, j’en prends 24. Une première, puis une seconde bouteille n’ont pas convaincu. Un jus épais, des arômes grossiers, des tanins caillouteux, je ne m’y retrouve pas du tout, même carafé deux heures avant. Il s’agit d’un vin « nature ». Les défauts que je lui trouve ne sont pas ceux couramment rencontrés avec ces vins. Là, je me sens plus dans le gros rouge qui tâche, mais baste. Tout ceci semble assez prometteur cependant, les loires rouges s’attendent, j’attendrai.

L’autre raison qui m’a fait acheter ces clos-cristal, c’est l’histoire de ce vin, assez étonnante et presque drôle. Une sorte de professeur Tournesol, Monsieur Cristal, a acquis une parcelle close et a commencé par construire des murs en travers avant de planter de la vigne au milieu des murs. Comprendre que le cep est positionné au nord du mur, à l’abri du soleil. Il traverse le mur par un trou prévu à cet effet et s’épanouit de l’autre côté, au sud, au soleil. Regardez l’étiquette ou les photos de Vincent Pousson, c’est clair. On ne connaît pas d’autre exemple de cette méthode, d’où le côté amusant. Une grande innovation pour le vin ? Jusqu’à présent, je ne dirai pas ça, mais nous verrons bien.
On en reparle dans trois ans.
Au passage, c’est une des limites de la prescription et qui peut provoquer des rejets. Dans le genre ci-dessous. C’est dommage.