Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



samedi 28 mars 2015

Les primeurs en primeur, jour 1
Une inauguration et un dîner

Une inauguration au château
Rencontrés à Pédesclaux : Jean-Michel Wilmotte et son nouveau chai, Jacky Lorenzetti et son nouveau cru classé. Nous voilà à Pauillac sous un ciel d’ouest, lumière et gris. De loin en loin, un rayon illumine la scène, qui est double. À gauche, le chai. À droite, le château.


Le chai est un bâtiment fort que Wilmotte nous fait visiter avec une gourmandise de gamin. Il nous fait découvrir les mille astuces et détails infinitésimaux destinés à améliorer le travail ou le plaisir du travailleur ou les deux. Il dirige 210 collaborateurs répartis dans plusieurs pays et la fierté qu’il affiche n’est pas, bien sûr, de l’auto-satisfaction, il est surtout fier du travail de ses équipes. Il est certain qu’il y a une part de ses talents et savoir-faire, mais l’essentiel vient de ses boys’n girls. Évidemment. Et c’est bien comme ça.
Le château était une maison étriquée et déséquilibrée. Jacky Lorenzetti lui a demandé de lui donner un peu d’ampleur. Alors, Wilmotte l’a emballé dans un cube de verre ou, plutôt, a pris la façade en sandwich entre deux cubes de verre rééquilibrant l’ensemble sans singer l’histoire du lieu. C’est étonnant à regarder et, certainement, un beau geste contemporain. Nous verrons les images de mon pote Mathieu Garçon en fin de semaine prochaine.



Château Pédesclaux revit. C’était le dernier grand cru classé 1855 encore en déshérence. Sa récente acquisition par Jacky Lorenzetti, finement conseillé par Emmanuel Cruse (Château d’Issan) lui rend peu à peu la vie et ce nouveau chai est un atout majeur dans le développement entrepris.
Pédesclaux is back in town.



Un dîner à la campagne
Les frères Todeschini ont repris les rênes de Château Mangot, propriété familiale, avec une belle énergie. Ils prennent le temps qu’il faut pour avancer sans désespérer les deux générations précédentes qui observent tout ça avec attention, mais il est certain que leur travail portent ses fruits, millésime après millésime. Il faut dire que le terroir – un amphithéâtre de vignes au-dessus de Faugères – est sublime, chacun s’accorde là-dessus.


Nous étions cinq à table, les deux frères, Laure (la femme de Karl), Guillaume Pouthier (Les Carmes-Haut-Brion) et moi. Nous avons goûté (ou bu) huit vins, deux blancs et six rouges. Tout à l’aveugle, c’est comme ça à Bordeaux, tous les dîners un tant soit peu amicaux tournent au défilé d’Anonymous, le vin avance masqué. Pour les rouges, on a vu quelques millésimes de mangot face à d’autres bordeaux de mêmes millésimes. Ils s’en sortaient plutôt très bien, les mangots.
La grosse surprise est venue d’un blanc qu’aucun d’entre nous n’a été capable de placer sur la carte ou même d’en imaginer le cépage. « Un sud dans un millésime frais », disais-je bêtement. « Du chenin de Loire, mais très atypique » promettait un autre. Un chablis 2002 de chez Defaix, en fait. Allez, hop, circulez. Bon, un premier-cru qui a emballé tout le monde sur des huîtres chaudes. Un grand bravo de nous cinq, très émus par ce vin prodigieux, à Daniel-Étienne Defaix.