Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



jeudi 18 décembre 2014

Mes premières fois dans le Médoc

Première fois au château Lagrange.

Chez Lagrange, on ne craint pas la comparaison.
Une belle horizontale pour le dîner.
Ce saint-julien vient d’une belle propriété et livre, millésime après millésime, des vins de bonne tenue toujours marqués par un style médocain affirmé. C’est un grand domaine qui appartient à l’entreprise japonaise Suntory, comme une moitié de Beychevelle. L’amateur de bel immobilier de campagne appréciera le petit château qui se mire dans son grand étang, bel endroit. J’étais là avec mon ami Burtschy et le jeune dégustateur Axel Marchal, wonderboy du métier et chercheur à la Faculté de Bordeaux sous la direction de Dubourdieu, nous assistions aux dégustations d’assemblage, exercice de professionnels s’il en est. Je me demande si je ne devrais pas inviter un patron de cru classé à assister à un bouclage, pour le regarder bailler d’ennui. Là, on déguste des vins issus de différentes parcelles, c’est intéressant de les comparer, très bien et je comprends les motivations de la fine équipe qui gère Lagrange, soucieuse de faire valoir l’excellence de son travail, mais qu’en dire de plus ? Que les vins sont bons ? Vous le savez déjà puisque vous lisez le Guide Bettane+Desseauve, 17/20 pour le 2010, bravo.

Chez Lagrange, le dîner se conclut sur un coutet 96, un vin d'or profond.



Première fois au château Latour.

Bienvenue au château Latour
L’un des trois premiers pauillacs, un mythe mondial. On arrive là, un peu timide, excité comme une puce, un enfant devant les vitrines de Noël des Galeries Lafayette. Il fait du vent, la pluie guette, ce méchant temps d’ouest et d’hiver livre les bâtiments sans le moindre fard. Il a beaucoup plu ces derniers jours sur le Médoc, on court autour des flaques. Château Latour, les chais, c’est beau et c’est austère, des bâtiments de travail XIXe revisité par un propriétaire très exigeant et un architecte du minimalisme, c’est plus la Douane de mer que le Palais Grassi. L’ensemble est une ode à l’idée même de sobriété et l’intérieur est très impressionnant. François Pinault a une idée moderne de la modernité. De hauts murs, pas une fantaisie, quelques œuvres d’art contemporaines d’une égale discrétion. Une visite passionnante, les yeux écarquillés, les travaux d’aménagement ont été gigantesques, invisibles de l’extérieur, tout se passe en sous-sol, on y a gagné seize mètres de profondeur. Plus tard, nous déjeunerons avec un latour 2001, grand vin très jeune. Bientôt, nous reparlerons de Latour et de ses initiatives commerciales aussi réfléchies qu’iconoclastes. Et si c’était le seul grand Bordelais à avoir décidé de mettre enfin le pied dans le XXIe siècle ?

Un déjeuner pas comme d'autres


Rien à voir (quoique)
Il y a quelques années, mon ami David Cobbold et moi nous trouvions dans la gare Saint-Jean, effarés de voir le niveau du buffet de la gare de Bordeaux, capitale mondiale du beau vin. Là, à l’époque, on ne proposait que du vin rouge, blanc ou rosé en pichet, voir ici. C’est fini, regardez la photo, le buffet de la gare est devenu un bar à vins moderne et accueillant pour l’amateur. C’est une avancée, enfin. Même si on n’a pas encore un choix d’enfer, mais bon, c’est la gare et c’est déjà bien.

Le nouveau look du buffet de la gare à Bordeaux. Bravo, bel effort.