Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



vendredi 15 mars 2019

Mes magnums (91)
un nouveau châteauneuf-du-pape,
c'est un événement

Château de Nalys, châteauneuf-du-pape 2016 



Pourquoi lui 
C’est une arrivée récente dans le monde enchanté de Châteauneuf-du-Pape.
Mais la famille Guigal nous semble mieux armée pour y réussir que d’autres débarqués depuis un peu plus longtemps et qui n’y arrivent toujours pas. En attendant, curieux, de voir les performances des plus récents impétrants, je pense à notre cher Bernard Magrez.

On l’aime parce que 
L’appellation cultive un sens rare de la liberté. Treize cépages, en rouge et blanc,
le vigneron fait ce qu’il veut, il assemble au gré de son encépagement, du millésime, de ses envies, de ses lubies, de ses convictions, quand il en a. Il apparaît que les Guigal, qui sont les rois de l’assemblage gagnant, ont toutes leurs chances. Déjà, c’est bien parti.

Combien et combien 
120 euros. 1 000 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Avec des curieux, des explorateurs,
des découvreurs, des Christophe Colomb
du rouge ciselé. Pour les autres, les prudents, les dubitatifs, il y a Rayas, Beaucastel et plus.

Il ressemble à quoi 
À un châteauneuf-du-pape moderne et fin. C’est une tendance de plus en plus marquée dans cette appellation, comme d’ailleurs chez le plupart des amateurs exigeants.

La bonne heure du bonheur 
À table. Ce n’est pas du tout un vin d’apéritif, malgré sa délicatesse.

Le hashtag 
#c9dpfirst

Le bug 
Comme toujours dans ces cas-là, il faudra quelques années pour que les nouveaux opérateurs trouvent leurs marques, même si le départ est déjà réussi.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Nez réducteur, fond sur l’élevage. Bouche qui manque un peu de chair aujourd’hui. Finale très délicate, bonne persistance. Retour ciselé. Bon vin. 14,5/20



Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #14 sous une forme différente.
Le numéro 15 sera en vente chez votre marchand de journaux
le 29 mars.
Voilà la couverture de ce prochain numéro.


lundi 11 mars 2019

Mes magnums (90).
Un vin « nature », mais un bon

Renaissance, touraine 2017, Henry Marionnet

 
Pourquoi lui 
Voilà un vin rare. Un vin « nature », c’est-à-dire sans soufre ajouté. En plus, un vin issu d’une vigne non greffée, à la manière de ce qui se faisait avant le phylloxéra, un gamay originel, le père de tous les gamays. Henry Marionnet l’a appelé Renaissance en souvenir d’une époque où « La pureté du vin embellissait les dames et réjouissait le cœur des hommes. » Il n’y a plus que Marionnet pour parler comme ça.

On l’aime parce que 
C’est un vin pur et gourmand, merveilleusement fruité, fin, très présent.

Combien et combien 
50 euros. 300 magnums.

Avec qui, avec quoi 
Idéalement, on le boira avec Henry Marionnet. Sinon, c’est une bonne leçon de choses à l’adresse des fans du vin « nature », ces breuvages inintelligibles ailleurs.

Il ressemble à quoi 
Mieux qu’un vin, c’est un souvenir de vin,
un truc d’archéologue à la limite. Un vin d’amoureux du vin, d’abord.

La bonne heure du bonheur 
Bien frais, c’est un apéritif parfait qui accompagnera tout le repas qui suit, poissons, viandes, fromages, tout.

Le hashtag 
#silnenrestequun

Le bug
Il n’en reste qu’un

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Velouté et frais, sur une aromatique de cerise noire, ce vin caresse tout le palais dans un registre croquant. 15,5/20


Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #14 sous une forme différente.
Le numéro 15 sera en vente chez votre marchand de journaux
le 29 mars.
Voilà la couverture de ce prochain numéro.


 

mercredi 6 mars 2019

Caroline Frey, le bio en grande taille

Sous l’impulsion de Caroline Frey, propriétaire de la maison Paul Jaboulet Aîné, le côtes-du-rhône Parallèle 45 est désormais un vin bio. L’évolution de cette cuvée de négoce historique de l’appellation est le reflet des convictions de cette vigneronne qui estime que « Les grands vins se révèlent par une viticulture bienveillante qui est un accompagnement de la vigne et pas un combat » et que « Le raisin doit être le fruit de la nature et pas de la chimie de synthèse. »



Caroline Frey a choisi de passer toute sa cuvée Parallèle 45 en bio plutôt que de lancer une gamme dédiée. Faire les choses en vrai au lieu de faire du marketing, y aller à fond plutôt qu’à moitié, ne se moquer de personne. Pas mal.
 
La maison Jaboulet Aîné, fondée en 1834, devient le plus gros acteur bio de l’appellation côtes-du-rhône, avec l’achat pour le millésime 2018 de 10 % des volumes certifiés de toute l’AOC. Engagé sur la voie de la viticulture biologique depuis 2006, année de sa reprise par la famille Frey, le vignoble de Paul Jaboulet Aîné a été certifié en 2016. Sans en faire tout un foin médiatique. Idem pour ses vignes situées dans les AOC hermitage et crozes-hermitages qui sont menées en biodynamie depuis 2017. Le climat chaud et sec de l’AOC côtes-du-rhône ainsi que le mistral qui y souffle étant propices à la viticulture bio, « Des partenariats ont été mis en place avec des vignerons sélectionnés afin d’élaborer un assemblage fidèle » aux origines de Parallèle 45 et ce, dans les trois couleurs. Pour marquer cette étape importante dans le développement de cette cuvée née en 1950, qui est la plus ancienne de son appellation, une abeille a fait son apparition sur l’étiquette, emblème de l’engagement dans le développement durable de la maison Paul Jaboulet Aîné.



Rappelant que « Les abeilles sont un véritable baromètre écologique qui reflète en temps réel les dégâts causés par la pollution, les produits de synthèse chimique, mais aussi par l’uniformisation des paysages », Caroline Frey précise que plusieurs refuges de biodiversité où sont installés des ruchers ont été créés dans le vignoble et que la maison mène également des projets de conservatoire avec la fédération des apiculteurs. Ne rien laisser au hasard sans se déguiser en contestataire de bazar, bravo Caroline.



lundi 18 février 2019

Même un peu, c’est trop

L’ail. Ce bulbe malodorant adulé par les cuisiniers paresseux ou radins ou les deux, ce fumet envahissant, entêtant, ces lendemains qui déchantent, ces réunions foutues, ces amis chers dont on s’écarte en détournant la tête, ces gigots sacrifiés, ces baisers repoussés. D’où nous vient cet Attila des saveurs, des goûts, des sensations, des plaisirs, derrière lequel les arômes ne repoussent pas ? D’une lointaine époque où nous manquions de froid. Pas de frigo, pas de conservation. Dans les pays du sud de l’Europe, les chaleurs avaient vite fait de mettre à mal les aliments frais et l’ail servait de cache-misère, prolongeait de quelques jours les aliments fragiles, viandes, poissons, légumes. Son goût très fort masquait les odeurs de pré-décomposition et chacun, je suppose, y trouvait son compte, faisait une économie. Très bien. Aujourd’hui, nos sociétés suréquipées et délicates jettent les aliments périmés avant que les choses deviennent graves ou juste incommodantes. Pas question d’une petite mauvaise odeur au creux du frigo familial. Quoique. Celle de l’ail, pas petite, y est trop souvent admise. L’ail règne en maître. Où que nos gourmandises nous portent, nos narines sont agressées par des odeurs d’ail, cru, cuit.

Un soir, dans un de ces néo-bistrots mal peignés, je demandais quel plat ne contenait pas d’ail. « Il y en a dans tout », avoua le serveur, piteux. Pour quoi faire ? Le cuisinier est incapable ? Le responsable des achats du restaurant se fournit en produits sans saveur ? L’ail sert à offrir un semblant de goût à une population élevée au Nutella et au burger. Ceux qui voient dans l’ail comme une signature du terroir sont souvent les mêmes qui se gobergent avec des vins aux arômes d’écurie ou de pomme blette. Ils se comptent aussi dans les rangs des matamores over-virils qui vous qualifient vite de palais en zinc, ils savent de quoi ils parlent.

À mes yeux d’amateur, d’œnophile, d’amoureux des beaux assemblages, la messe est dite. De grands dégustateurs, dont Robert Parker, se sont exprimés sur le sujet. « Pas d’ail quand on déguste. » L’ail tapisse les papilles gustatives avec tant de violence qu’il couvre les saveurs et rend impossible l’analyse du goût du vin. Continuons. L’un des grands tics de la gastronomie est de cuisiner à l’ail nos champignons préférés, cèpes et girolles. « Très peu », argumente le cuistot avec le bon sourire du marchand de voitures d’occasion sur le point de conclure. Je me suis toujours demandé pourquoi on assassinait les délicats champignons avec un truc aussi vigoureux. Parce qu’ils sont d’une pauvre provenance, mous et véreux, sans goût. Eh les gars, changez de fournisseur. Achetez de beaux produits et respectez-les. Une tombée de persil plat, voire de coriandre, amusera les finesses au lieu de leur faire la peau. Ces champignons si rares, qui n’apparaissent qu’en certaines occasions climatiques, de l’humide et du chaud et hop, ça pousse, méritent qu’on les savoure, qu’on y comprenne quelque chose au lieu de les sacrifier dans des odeurs grossières et dévastatrices. Idem pour la salade ou le gratin dauphinois. Avec l’ail, tout aliment devient une texture et abandonne ses goûts à l’envahisseur. Pourquoi pas de l’ail dans la truffe noire pendant qu’on y est ? On m’objectera que la truffe blanche est un alliacée. Ceux qui se servent de ce cousinage comme bonne raison n’en ont jamais mangé, ils trouvent même à l’ail toutes sortes de vertus médicinales. C’est de l’obscurantisme. J’ai consulté un jour un cardiologue. Sa dernière recommandation après notre première entrevue a été de ne pas manger d’ail. Parce que c’est totalement inefficace et que ça l’oblige à porter un masque. L’homme avait de l’esprit et du savoir-faire. J’ai été guéri rapidement et sans ail.

Reste une piste pas assez explorée, à mon avis, où l’ail pourrait avoir un vrai rôle à jouer : la juste lutte contre les vampires. Ah. Enfin un vrai sujet.



mercredi 13 février 2019

Paul Dubrule en cavale

Ce qui a commencé comme une maison de vacances est devenu
au fil du temps un vignoble animé par une ambition.
Paul Dubrule, le célèbre co-fondateur et dirigeant du groupe Accor
y tient beaucoup


Le chai de La cavale avec son logo qui fait penser à quelque chose

« Mon intention était de faire la plus jolie cave du Lubéron dans laquelle il se passerait beaucoup de choses. » La première partie de la proposition a été réalisée par l’architecte Jean-Michel Wilmotte de 2010 à 2017. Puis, la nouvelle vie de La Cavale peut commencer avec l’arrivée d’une équipe dirigée par Corinne Conroy (ex-Brane-Cantenac à Margaux). Le maître-mot est œnotourisme et l’ambition, majeure. Pourtant, son logo au cheval cabré, comme Ferrari, le déçoit. « Je m’attendais à être traîné en justice par Ferrari, mais ils ne m’ont jamais attaqué. On ne peut faire confiance à personne. Je voulais du buzz. Et rien. Pfff. »

Foudres et barriques

Paul Dubrule a compris. Il a engagé un consultant, Alain Graillot, le roi des crozes-hermitage. Et aussi Lilian Bérillon, la star des pépiniéristes. Et Claude et Lydia Bourguignon, vedettes des sols. Ils sont venus rejoindre Jean-Paul Aubert, le directeur technique et La Cavale nouvelle commence. Paul Dubrule, lucide : « Je suis lent parce que je ne suis pas pressé. Comme le vin. » et « Ici, il y a 40 ans que je perds de l’argent. » Aujourd’hui, l’équipe nouvelle est sur le pont, écope en main. Il y a de sérieuses fuites de sous à colmater.

Paul Dubrule, debout

Regardez bien cet homme. Il fait penser à Sting, le chanteur anglais. En plus sympathique, plus drôle, plus humain. Encore marqué (la canne) par un accident de vélo survenu non loin de là l’été dernier dans la combe de Lourmarin, Paul Dubrule conserve l’élégance d’un Mick Jagger. Le cheveu rock’n roll, l’œil brillant, l’humour ravageur, il porte beau ses 84 ans. Intensément provocateur, il vient vous chercher là où vous vous y attendez le moins, histoire de voir ce que vous avez dans le ventre. Mais l’homme est courtois et, d’un trait d’humour, il emporte l’adhésion, il est très sympathique.
« Au début, je ne buvais pas mes vins. Et j’ai fini par comprendre que je devais absolument les servir à mes amis. Avec Alain Graillot, nous avons passé un seuil de qualité. »
Espiègle et désabusé, il fait rire l’assistance en évoquant la météo, les prix, les exigences des gens, celles des commerciaux. Et puisque tout est en place pour une nouvelle Cavale de première qualité, la conversion bio est entamée depuis 18 mois. Il se prend au jeu, finalement, puisque tout est un jeu.

Paul Dubrule, assis


Trois chiffres pour comprendre :
1986 première vendange
220 000 en bouteilles, la production annuelle
40 en hectares, la superficie du domaine de La Cavale

Les photos : Fabrice Leseigneur

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.

 



mercredi 6 février 2019

La mémoire de Dom Richard


Richard Geoffroy ne sera plus l’emblématique chef de caves de Dom Pérignon. Richard Geoffroy sen va créer un saké de haut niveau. Très bien. Il nous quitte, nous nous sentons comme abandonnés et ce, quelle que soit la qualité de son remplaçant, Vincent Chaperon, choisi et formé par lui, donc ultra compétent. Rien ne sera plus comme avant. Dailleurs, cest lidée. Les générations montantes ne montent pas pour faire comme leurs aînées. Né en Champagne, Richard Geoffroy est le champagne, son ambassadeur mondial, une marque à lui tout seul, licône des cuves et des flacons. Voici, en quelques mots décisifs, une idée de lapport du grand homme à ce dom-pérignon quil incarne si justement. 
Morceaux choisis pour lire vite.  



l’acidité 
« Un graal champenois dont il faut savoir s’affranchir. 96 était un monstre d’acidité, les 2/3 des vins sont déjà morts. 1959, année chaude, acidité basse, un vin au sommet aujourd’hui. Personne n’a jamais prouvé que l’acidité est un élément du vieillissement. »

le millésime 2003 
« Sur 2003, plus tu soufres, plus tu oxydes, donc on n’a touché à rien. Il ne fallait ni acidifier, ni sulfiter et là, tu as un vin d’une grande stabilité. Il est parti pour durer longtemps. »

ses racines 
« Quand tu viens de la terre, tu lui appartiens. Je suis fils de vigneron et j’ai une relation organique avec la vigne, voilà mes racines. »

ses vins
« Je n’ai rien changé, juste cherché à aller plus loin dans le projet
Dom Pérignon. Creuser le sillon, tendre vers un absolu, c’est une quête pour toujours. »
« La trace d’un esprit, c’est de laisser respirer le millésime, laisser s’installer un dialogue entre le style de la maison et les caractéristiques de l’année. Conjuguer l’un et l’autre de la manière la plus saillante. »
« La technique n’est pas dans la tradition Dom Pérignon ; le progrès, oui. »



moi, manager. 
« Mon passé de médecin m’a appris à exprimer ce que je veux d’une façon compréhensible par mon équipe. »
« L’excellence est dans le management. Emmener chacun à son meilleur niveau. C’est ce qui m’occupe le plus, ou pas loin. »

une vision 
« La continuité n’existe pas. L’esprit est plus important que la reproduction ».

le bio
« La viticulture en Champagne, c’est compliqué. C’est un jeu d’essais et d’erreurs. Mais il faut bouger. Au sens le plus strict de l’éthique, vis-à-vis de l’utilisation des produits phytosanitaires et aussi dans la recherche de plus d’expression du terroir champenois. Il faut continuer. Il n’y a pas de monde parfait. L’idée est de progresser. »

demain 
« Sur les millésimes à venir, attendez-vous à des surprises. Il y a moyen d’étonner en étant soi-même, sans se perdre. »

un conseil
«Il faut que la Champagne se détende. Il y a des vignerons qui bougent
les lignes. La Champagne est en mouvement, le travail d’excellence avance partout. »


Les photos : sont signées Mathieu Garçon

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


 

lundi 28 janvier 2019

Mes magnums (89) Un nouveau champagne. C'est possible ?

Château de Bligny, champagne blanc de blancs, brut NM 



Pourquoi lui 
Cette marque renouvelée est issue d’une importante maison de négoce et porte de grandes ambitions consultables dès l’étiquette, qualitative et furieusement "tradi", comme on dit chez les modernes. C’est un vin issu des 30 hectares de vignes qui entourent le château, c’est donc un mono cru.

On l’aime parce que 
C’est un blanc de blancs précis et aérien. Plutôt tonique, on est content d’y goûter.

Combien et combien 
2 000 magnums, 70 euros le magnum

Avec qui, avec quoi  
Servir à ses amis un champagne à peu près inconnu est la marque de savoir-vivre des audacieux, des découvreurs.

Il ressemble à quoi 
Un vin léger, de ceux dont on a toujours envie.

La bonne heure du bonheur 
L’apéritif a été inventé pour ce champagne

Le hashtag 
#newchampagne

Le bug 
Je n’en avais jamais vu ou entendu parler avant qu’on me mette le nez dessus.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Des notes de fruits blancs de belle maturité s’associent à un nuance plus saline au nez comme en bouche, l’ensemble a de la chair et de la finesse. C’est un blanc de blancs gourmand et harmonieux, fait pour l’avant et le début d’un repas raffiné. 15/20

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


 

mardi 22 janvier 2019

Mes magnums (88)
un chardonnay franc du collier

Vignerons des Terres Secrètes, Croix-Jarrier, mâcon-verzé 2012 



Pourquoi lui 
Parce qu’on aime ces blancs du Mâconnais, cette expression bien droite du chardonnay quand il est bien mené.

On l’aime parce que 
« Vignerons des terres secrètes », c’est une belle enseigne pour une coopérative et des territoires très secrets, en effet. Ce n’est pas une destination, hélas, c’est une région qu’on traverse sans la voir vraiment ou depuis l’autoroute. C’est idiot, la campagne est sublime.

Combien et combien 
400 magnums, 18 euros le magnum

Avec qui, avec quoi 
À l’approche de l’automne et pourvu qu’on ait le bon fournisseur, ce joli blanc fera merveille avec des quenelles de brochet, ce plat de roi en voie de disparition. Et avec une paire d’amis ouverts sur la diversité des vins de France et pas snobs.

Il ressemble à quoi 
À un chardonnay de Bourgogne, parce que c’en est un.

La bonne heure du bonheur 
De l’apéritif à la table, sans l’ombre d’une hésitation.

Le hashtag 
#chardonnayforever

Le bug 
À ce prix-là, il n’y en a vraiment pas beaucoup. Mais c’est en vente à la cave uniquement, ce qui laisse une chance.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Droit, du fruit et de la tension, longueur souple et assez précise.

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


mercredi 16 janvier 2019

Mes magnums (87)
un nouveau côtes-du-rhône épatant

Domaine de l’Odylée, cuvée La Tempétueuse, côtes-du-rhône 2016 



Pourquoi lui 
C’est le premier millésime de ce domaine reconstruit par Odile Couvert et fièrement nommé L’Odylée. Avec ce qu’il faut d’humilité, le domaine s’est fixé comme objectif de produire des côtes-du-rhône « d’exception ». Nous sommes pour.

On l’aime parce que 
Un assemblage syrah-grenache très marqué syrah, c’est un voyage dans les profondeurs de ces vins-là. De l’ampleur pour exprimer la puissance. C’est drôlement bien, les côtes-du-rhône. En plus, il a tout à gagner avec un peu de patience. Allez, trois ans minimum.

Combien et combien 
100 magnums, 45 euros le magnum.

Avec qui, avec quoi 
Avec ce qu’il faut de simplicité, sans en faire des tonnes dans le registre « copains ». Ce magnum mérite mieux que juste ça.

Il ressemble à quoi 
À l’idée qu’on se fait d’un vin du Rhône quand il est bien fait.

La bonne heure du bonheur 
Tout est dans la perspective. Qu’est-ce qu’on attend ? Des tannins arrondis, des saveurs confirmées, des longueurs remarquables. Alors, on attend. Si on veut le vin fougueux, en avant maintenant.

Le hashtag 
 #thenewrhone

Le bug 
Production confidentielle, comme souvent.

Le statut 
En conversion bio.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Une grande dominante de syrah complétée de grenache structure ce vin assez puissant. Sans la fraîcheur et l'immédiateté de La Talentueuse, autre cuvée de l’Odylée, mais avec plus de structure et une matière plus affirmée. On le réservera aux viandes en sauce.

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


 

lundi 14 janvier 2019

Mes magnums (86) Cuvée prestige + magnum, tout y est

Nicolas Feuillatte, cuvée Palmes d’or, champagne brut 1999 



Pourquoi lui 
La cuvée de prestige de la plus grande réunion de coopératives de France est forcément un passage intéressant. Surtout dans ce millésime.

On l’aime parce que 
Parce que l’âge est passionnant et la fraîcheur de cet âge est surprenante. Parce que le chef de caves a tous les moyens de choisir le meilleur pour cette cuvée, coopérative oblige. Comprendre que le principe d’une grande coopérative est de multiplier le nombre de coopérateurs et donc de terroirs différents.

Combien et combien 
Quantité non communiquée, 150 euros le magnum

Avec qui, avec quoi 
Bien sûr, à l’apéritif avec le palais vierge encore de toute saveur et, dans le même mouvement, on passera à table avec un vrai grand vin.

Il ressemble à quoi 
Pile à l’idée qu’on peut s’en faire, pourvu qu’on ait déjà goûté ces champagnes de vingt ans. Un riche mélange de miels et de sous-bois, une longueur saline, des trésors de saveurs qui s’entremêlent.

La bonne heure du bonheur 
Bien sûr, il en a encore sous le pied. Cela dit, ne vous privez surtout pas de faire sauter ce bouchon dès maintenant, c’est très bon.

Le hashtag 
#coopfirst

Le bug 
Une cuvée qui n’a pas l’image qui correspond à ses performances.

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Dense et intense, encore marquée par une amertume qui s’épanouira avec le temps, c’est un champagne consistant et profond. 15,5/20

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.


 

lundi 7 janvier 2019

Mes magnums (85) le grand blanc de Régis Franc

La Cocotte Blanche 2016, Domaine Chante-Cocotte 

 
Pourquoi lui 
C’est Régis Franc, le bande-dessinateur
à lire dans les dernières pages de En Magnum, qui a créé ce petit domaine
à Fontcouverte dans les collines des Corbières. Là, il a repris des vignes de merlot et de grenache pour les rouges et une très ancienne parcelle de macabeu plantée en 1907 de laquelle il obtient ce blanc unique par assemblage avec
10 % de grenache blanc.

On l’aime parce que 
À l’aveugle, difficile de dire d’où vient cette élégance puisqu’il n’a pas vraiment les caractéristiques des blancs de soleil. Ce vin fondant et tendu a enchanté les dégustateurs et, dès le premier millésime,
il a reçu ce qu’il faut de notes et de commentaires élogieux.

Combien et combien 
45 magnums, 84 euros le magnum

Avec qui, avec quoi 
Comme ce vin est très réussi, il mérite le mieux en gastronomie et en tour de table. Vive l’amateur curieux et sensible, c’est à lui qu’il faut faire l’hommage de ce magnum.

Il ressemble à quoi  
Aux meilleures productions du sud de la France, Provence et Languedoc réunis.

La bonne heure du bonheur 
C’est dommage d’en faire un apéritif quand c’est un tel compagnon de la belle assiette. Malgré le peu de bouteilles (900) mises en marché, on veillera à ne pas tout boire et lui donner quelques années de cave.

Le hashtag 
#newsouth

Le bug 
Toute, toute petite production

Ce qu’en dit le Bettane+Desseauve 
Arômes très épanouis de fruits blancs, pêche et pâte d’amande. Bouche large et opulente.

Cette chronique a été publiée dans EnMagnum #13 sous une forme différente.
Le numéro 14 est en vente chez votre marchand de journaux.
Voilà la couverture de ce fameux numéro. Strass et diamants, c'est très EnMagnum ? Pour une fois, oui.