Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



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mardi 29 juillet 2025

Caroline Frey se retire dans ses montagnes

  

 

Caroline Frey jette l’éponge. Elle quitte les domaines familiaux à effet immédiat. Elle en était l’œnologue depuis 2004.

Pour quelles raisons ? Je n’en sais rien, aucune importance et ça ne regarde qu’elle.
Nous garderons le souvenir d’une personne très concentrée sur la qualité de ses vins, éloignée des joutes du mondovino, droite comme un i. Et capable de mener avec la même aisance trois grands domaines. Château La Lagune, cru classé en haut-médoc ; Paul Jaboulet Aîné, grande maison du Rhône ; La Chapelle, hermitage ; Château Corton C. en Bourgogne.
On attend dans des délais rapprochés la nomination de l’œnologue qui lui succèdera.
Elle a choisi de se concentrer sur son domaine personnel dans les montagnes du Valais (voir ici clic).

Le communiqué de Caroline :

« Avec beaucoup d’émotion une page de ma vie se tourne. Merci à tous ceux qui m’ont accompagnée ces vingt dernières années. Chaque millésime de La Lagune, La Chapelle, Jaboulet et Corton est une immense fierté et porte haut les couleurs de chaque terroir.
Mon histoire avec chacun de ces vins se prolongera maintenant avec vous, lorsque vous ouvrirez ces bouteilles. Je ne peux que souhaiter que chacune vous apporte toute l’émotion et le bonheur que j’ai eu à les élaborer avec mes équipes.
La suite s’écrira dans le même esprit, portée avec la même exigence par mon père et ma sœur Delphine.
Ils annonceront prochainement la personne qui reprendra la direction de la viticulture et de l’œnologie – une relève pensée dans un véritable esprit de continuité, respectueuse de tout ce qui a été bâti, et tournée vers l’avenir.

De mon côté, comme beaucoup d’entre vous s’en doutent déjà, c’est en Suisse que je vais continuer ma passion avec un nouveau projet, dans les vignes plus que jamais. »

C’est peu de dire que je regrette sa décision. Cette belle personne nous manquera.



Photo Mathieu Garçon

Pour lire tout ce que j'ai pu écrire sur Caroline et ses vins, tapez son nom dans la barre de recherche, en haut à droite de cette page et cliquez.



dimanche 20 juillet 2025

Je n’oublierai jamais Gérard Perse

 



 

Le brillant propriétaire des châteaux Pavie et Monbousquet, crus classés de Saint-Émilion, est mort après des années et des années de lutte contre la maladie. 

Sa disparition me touche profondément. J’avais pour cet homme le plus grand des respects. Il était un spécialiste confirmé du succès. Dans une première vie, d’abord, avec son extraordinaire réussite dans la grande distribution. Dans le vin ensuite, avec la reprise de Monbousquet en 1993, puis plus tard avec Pavie, récemment classé A. Prouvant deux fois que faire des grands vins est affaire de travail et d’implication, deux qualités qu’il avait chevillées au cœur. 

Fort de cette nouvelle réussite, il avait entrepris de rendre à Saint-Émilion ses lettres de noblesse. Il a sorti du sommeil un hôtel de luxe puis, par son intervention bienvenue, sauvé de la faillite un restaurant à la mode. Tout ce qu’il touchait se transformait sans délai en autant de succès éclatants.

Gérard Perse, lirremplaçable, manquera à Saint-Émilion et au mondovino.

À Chantal, sa femme, son infatigable complice, à sa fille Angélique qui prend sa suite et à Henrique, son gendre que tout le monde aime, je présente mes condoléances très émues.

 

 

En savoir plus sur Gérard Perse clic

La photo est signée Mathieu Garçon

 

mardi 24 juin 2025

Caroline Frey en grande taille dans le Valais

Japprends, au détour d'une conversation sur Facebook, que Caroline Frey vient dacquérir un joli domaine dans le Valais, celui de Benoît Dorsaz, bio-dynamiste convaincu et pratiquant depuis des années.
Bien que je ne dispose d
aucune information, je pense que cette acquisition est une initiative personnelle de Caroline et pas un investissement de la famille Frey.
J
ai trouvé confirmation de cette histoire sur le site de monsieur Dorsaz, un communiqué en allemand et pas en français lors même que ce site est intégralement francophone. Bon, rien de grave.
Ceci contredit aussi une vague rumeur qui court et qui donnerait Caroline en rupture totale de vigne, de vins, de vinif, etc. En fait, la passion est toujours plus forte.
Cela dit, je ne sais pas quand cette acquisition a eu lieu.

Ci-dessous, le communiqué en allemand. Vous avez sûrement une appli de traduction ou une épouse polyglotte.

Liebe Kunden und Freunde

Für uns geht ein Kapitel zu Ende, das Abenteuer auf unserem Weingut geht jedoch weiter.

Im Alter von fast 60 Jahren haben wir uns auf die Suche nach einem Nachfolger gemacht, der unseren Rebberg und unser Weingut übernimmt.

Heute teilen wir euch mit grosser Freude mit, dass Caroline Frey unser Weingut übernehmen wird.

Caroline ist erfahrene Önologin und erfüllt alle unsere Kriterien: Sie hat das gleiche Interesse an präzisen Weinen, das gleiche Engagement für den biodynamischen Weinbau und die gleiche Leidenschaft für Petite Arvine.

Die Übergabe läuft ab diesem Frühjahr reibungslos. Unsere Mitarbeiter bleiben an Bord, wir begleiten den Übergang und sind je nach Bedarf weiterhin auf dem Weingut aktiv.

Ein Teil der Weine wird noch in diesem Jahr unter unserem Label verkauft. Die Liste findet ihr im Anhang.

Caroline Frey wird die Weine dann unter ihrem eigenen Namen vermarkten. Wir halten euch im Herbst auf dem Laufenden. Unsere Weine leben durch Caroline weiter und wir bitten euch, sie zu unterstützen.

 

Sur ce même site, jai trouvé cette jolie photo. Tout sexplique.



 

lundi 16 juin 2025

La mort brutale de Frédéric Panaïotis

 


 

Mon cher Frédéric, brillant chef de caves des champagnes Ruinart, s’est noyé ce dimanche au cours d’une plongée en apnée, quelque part en Belgique. Grand sportif de lextrême et adepte des défis les plus fous, la mort ne lui a pas laissé une seconde chance. Il avait 60 ans.
J’aimais beaucoup ce garçon assez fantasque qui avait su mener Ruinart au sommet de la célébrité, il en avait fait une marque à la mode, une championne des classements en tous genres. De nos nombreux échanges, il reste sur ce blog la transcription d’une interview qu’il m’avait accordée quand il a annoncé ne pas millésimer sa cuvée-phare Dom Ruinart en 2008 (clic). À contresens de toute la Champagne, dans un pas de côté qui était bien dans sa manière. Il jugeait simplement que malgré la qualité reconnue du millésime, ses chardonnays n
étaient pas au niveau de sa grande cuvée.

Frédéric manquera à tous ceux qui l’ont aimé. Il manquera à Ruinart, déjà.

Et ce soir en discret hommage à ce garçon volontiers rieur, nous ouvrirons un précieux flacon de dom-ruinart dans un millésime amorti.

 

 

La photo est évidemment signée Mathieu Garçon
Bien sûr, et comme souvent c'est Sophie Claeys qui a sorti l'info la première.

mercredi 12 mars 2025

Repose en paix, André Drappier

 

 

Michel et son père André Drappier.
Fou rire, complicité et grands vins


 

André Drappier est mort et cette absence nouvelle m’émeut beaucoup. J’aimais bien ce vieux monsieur très drôle qui a légué à son fils Michel, un type épatant, une maison de Champagne de premier ordre avec des vignes et une histoire exclusive. Je ne vais pas vous raconter les anecdotes avec le général de Gaulle, vous les connaissez déjà. Michel a transformé une belle maison en grande maison.

Je me souviens de plus d’un fou-rire avec André dans le salon de la maison. Il se permettait toutes les blagues, le privilège du grand âge, et on aimait ça beaucoup. Qu’il repose en paix.

Depuis ces rencontres répétées dans les collines de la côte des Bar, à Urville, j’ai beaucoup bu ses champagnes, toujours bons. Et, ces temps derniers, cet admirable rosé brut nature que tous mes amis adorent et que j’achète par six. Mon caviste n’en a plus, il faut acheter par douze. Rien de grave, je me suis rabattu sur le rosé de saignée, autre réussite Drappier.

Ci-dessous, en discret hommage, la photo du brut zéro. Voyez un peu la couleur, elle fait envie, elle dit tout.

 

 


 

Photo du haut : Mathieu Garçon 

 

 

mercredi 14 février 2024

Angélus (re)devient Château Angélus


Est-ce important ? Qu’est-ce qui compte ?

Autrefois, Angélus s’appelait Château Angélus. Puis, Hubert de Boüard avait défait le mot Château. Angélus, donc. Même si la mention Château Angélus était conservée dans l’illustration iconique qui entourait la cloche d’or, chère au marché asiatique qui avait baptisé Angélus Golden Bell.
Stéphanie de Boüard-Rivoal, la fille d’Hubert en charge des affaires du domaine depuis dix ans, en a décidé autrement et revient à l’ancienne dénomination. Bon.

Tout ceci au bénéfice d’un habillage particulier pour le millésime 2022, assez singulier lui aussi, très, très épuré, quasi cosmique. Ainsi, trois hectares de merlot viennent compléter l’assemblage. C’est donc un peu plus qu’un simple mouvement d’habillage, c’est un changement de style qui s’opère avec ce millésime.

Moi, ce qui me plaît bien chez Stéphanie, c’est qu’elle est gonflée, qu’elle trace sa route, elle n’hésite jamais longtemps, elle y va, elle fonce. C’est le sens de l’histoire, je suppose. 

 

Et voilà la nouvelle bouteille pour le millésime 2022 :

 


 

mardi 24 octobre 2023

Billecart chez Brétaudeau, la bonne idée

 

Jérôme Brétaudeau et Mathieu Roland-Billecart

 


Une bonne nouvelle pour se dire que tout ne va pas si mal.
La maison Billecart-Salmon vient d’investir chez Jérôme Brétaudeau, remarquable vigneron, l
as des as du muscadet. Un goût partagé sans doute pour les grands blancs et les pinots noirs somptueux. Après avoir signé Brétaudeau comme consultant en bio-dynamie, Mathieu Roland-Billecart franchit un pas de plus en déclarant vouloir pérenniser le domaine viticole de Brétaudeau. C’est bien d’apporter une touche de rigueur à un vigneron de génie en même temps qu’une distribution plus rationnelle. En tous cas, je suis comme tout le monde, j’adore les cuvées de ce domaine nantais et, surtout, surtout, sa cuvée Statera, tellement rare et désirable que les marchands ne vendent cette toute petite production qu’à l’unité et j’aime bien aussi les vins de Billecart-Salmon, surtout le Brut Nature, et depuis longtemps.
Si Billecart-Salmon n’est pas le premier Champenois à investir dans la Loire, il est le premier à viser aussi juste.
Bien joué, les garçons.

 

 

Source : Sophie Claeys et son blog à lire d'urgence. Le lien ci-dessous :

https://lachampagnedesophieclaeys.fr/la-maison-billecart-salmon-investit-dans-le-domaine-de-jerome-bretaudeau/

Photo : Leif Carlsson

lundi 11 septembre 2023

Les nouveaux cinq-étoiles de l'édition 2024
du Nouveau Bettane+Desseauve

 

Voici les nouveaux cinq-étoiles distingués par Michel Bettane et Thierry Desseauve avec Louis-Victor Charvet et les autres dégustateurs de la maison. Une promotion qu’on ne retrouve pas dans toutes les régions. Cette année, rien en Alsace, pas plus en Bourgogne ou en Champagne, rien dans le Rhône. Cette rigueur quasi-sévère est la nouvelle politique appliquée par Michel et Thierry pour ne pas sombrer dans une course aux étoiles sans queue ni tête, cette manière de jeu télévisé où tout le monde gagne. Cet enfumage qui ne sert personne et surtout pas l’amateur de vins, lecteur du Nouveau Bettane+Desseauve et/ou de EnMagnum.
Attention, cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’autres cinq-étoiles dans le Guide, cela dit juste qu’il n’y a pas d’autre nouveau. Tu mords le distinguo ?

Et comme toujours, tous les détails dans le Nouveau Bettane+Desseauve 2024, mercredi en librairie.

 

Beaujolais

Domaine Jules Desjourneys

 

Bordeaux

Graves 

Château Haut-Bailly (pessac-léognan)

Château Smith-Haut-Lafitte (pessac-léognan)

Sauternais 

Château Coutet (barsac)

Rive droite

Château Bel-Air Monange (saint-émilion grand cru classé)

 

Loire

Domaine du Clos Naudin (vouvray)

 

Provence

Château Simone (palette)

Domaine Tempier (bandol)

 

Sud-Ouest

Domaine Cosse-Maisonneuve (cahors)

 

 

Un verre Lalique, une truffe blanche et un simone blanc.
Tout près du paradis



Naturellement, je m’attends à tous les commentaires qu’une telle promotion peut susciter. « Et Machin, il les mérite pas, les cinq-étoiles ? » Si, vieux, sûrement, mais pas cette année. Et ce n’est pas moi qui décide et toi non plus. D’accord ? Et c’est sans relation non plus avec les annonceurs des publications de la maison. Le croire montre à quel point tu ne connais pas les rouages et l’indépendance de la maison Bettane+Desseauve. 

 

vendredi 8 septembre 2023

le Nouveau Bettane +Desseauve 2024,
une avant-première

 

Voilà du talent, en voilà plein.

Des étoiles montantes dans le ciel de l’excellence chère au vignoble français. Qu’ils soient fils ou fille de, qu’ils aient créé leurs exploitations ne change rien, quand on est bon, soucieux de bien faire, ça finit par se voir et la fine équipe de têtes chercheuses de Bettane+Desseauve les a repérés, tous ces jeunes.
Le Guide nouvelle formule, le Nouveau Bettane+Desseauve marqué 2024 paraît mercredi prochain. Ce qui suit est un avant-goût en avant-première.

Pour le reste, les détails sur chacun de ces jeune gens, je vous renvoie au Guide, très vite en librairie (le 13 septembre, donc).

 

Ambre Delorme dans les vignes de La Mordorée

 

La liste de ces talents 2024


Ambre Delorme

Domaine de la Mordorée, Rhône

 

Maï Roblin-Bazin

Juliénas, Beaujolais

 

Antonin et Victor Coulon

Domaine de Beaurenard, Rhône

 

Louis Gimonnet

Champagne

 

Anthony Aubert & Jean-Charles Mathieu

Négociants en Languedoc

 

Alice Gitton-Pouponneau

Loire

 

Clément Bärtschi

Bugey

 

Sophie et David Devynck

le Clos Sauvage, Beaujolais

 

Arthur Lotrous

les Sources d’Agapé, Beaujolais

 

Matthieu Collardot

Puligny-Montrachet

 

Jean-Baptiste Jessiaume

Bourgogne


Et puis, il y a plein dautres listes, des génies, des étoiles, des classements, des petits prix et des gros, des vins à boire, à attendre, tout ce qui fait un beau Guide chez Bettane+Desseauve.



Photo presse.

jeudi 27 juillet 2023

Stéphane Derenoncourt s’en va

  

Stéphane Derenoncourt à Chablis


Déjà, quand il est arrivé à Bordeaux chez Stephan von Neipperg au château Canon-La Gaffelière (Saint-Émilion), Derenoncourt faisait office d’ovni. Il n’était pas d’origine bordelaise et détonnait vraiment dans le paysage. Et puis, son talent s’est affirmé à un point tel qu’il est rapidement devenu la coqueluche des propriétaires bordelais (pour commencer). Il était une sorte de Michel Rolland à l’envers et c’était très bien comme ça. Moi, ce que j’ai toujours aimé chez lui, c’est la franchise de ses prises de position, son franc-parler, son caractère peu arrangeant. Bien sûr, nous n’avons pas toujours été d’accord, mais dans la joie et la bonne humeur, c’est tout ce qui compte. Pour préciser les choses Stéphane a pondu un communiqué de presse de façon à éviter au monde de se perdre en conjectures. Voilà, c’est net. Comme lui. Je le reproduis ici intégralement (le communiqué, pas Stéphane).

« Après 25 années passées aux commandes de Derenoncourt Consultants, j’ai décidé de transmettre cette fonction afin de pouvoir me consacrer pleinement à de nouveaux projets.
Il revient désormais à Julien Lavenu, Frédéric Massie et Simon Blanchard, mes associés depuis 20 ans, de poursuivre l’écriture de cette aventure professionnelle et humaine, sachant que leur niveau de compétence et d’expérience les classe, eux et l’équipe que nous avons su créer ensemble, parmi les meilleurs conseillers vitivinicoles.

Afin d’assurer une transition efficace, je les accompagnerai sur le millésime à venir. Puis, je conserverai une activité de consultant auprès du Château Pavie-Macquin, domaine dans lequel je suis investi depuis 1990 et où je suis toujours intervenu seul. De même, je vais prendre une part plus active au développement du Clos Stegasta, sur l’île de Tinos, en Grèce, domaine dans lequel je suis maintenant associé à mon ami Alexandre Avatangelo.

Surtout, avec la même énergie et la même passion qui m’ont animé depuis le début de mon parcours de consultant international, il me tient à présent à cœur de hisser le Domaine de l’A, que j’ai créé avec mon épouse Christine, parmi les plus hautes références qualitatives du Bordelais. C’est un défi exigeant car il ne bénéficie d’aucun classement ni situation de rente.

Cela me conduira à m’impliquer plus encore dans l’associatif au service de la défense des crus artisanaux du Bordelais et de mettre à mal un « bordeaux bashing » encore trop présent. À cette fin, je m’investirai également dans la communication afin de témoigner de mon expérience et de mon expertise. »

Voilà. Stéphane s’en va planter des choux ailleurs, se consacrer à ses affaires familiales ou amicales ou corporatistes, il fait place nette, laisse toute la place à ses successeurs. Beau geste. Un peu comme Michel Rolland. Et comme pour Michel, on est en droit de se demander s’il s’agit vraiment d’une retraite.
Time will tell.

 

 

La photo : Stéphane Derenoncourt, photographié dans les vignes de Laroche à Chablis par Fabrice Leseigneur.

Pour en savoir plus sur Stéphane Derenoncourt, tapez Derenoncourt dans la barre de recherche en haut à droite de la page d’accueil de ce blog.

dimanche 2 juillet 2023

La mort de Jean-Michel Cazes
laisse un grand vide

 

Jean-Michel Cazes et son château Lynch-Bages

 

La mort de Jean-Michel Cazes me laisse sans voix, en proie à une tristesse infinie. Je laimais beaucoup, nous nous connaissions bien, partagions des souvenirs amusants et des soucis semblables. Pour l’amusant, il y avait eu cette conversation entre lui et Alain Juppé que nous avions organisée chez Xiradakis à la Tupiña. Cette conversation magnifique avait été publiée dans le supplément Vin du JDD.
Pour tout savoir sur l’immensité du personnage, je renvoie les amateurs à la collection complète de EnMagnum, de nombreux sujets lui ont été consacrés, dont un portrait magistral signé Thierry Desseauve et c’est ce même Desseauve qui a rédigé une nécro magistrale publiée sur enmagnum.com cette semaine. À lire en suivant ce lien :
https://www.mybettanedesseauve.fr/2023/06/29/un-geant-du-medoc/

 


 

Ces photos sont signées Mathieu Garçon, évidemment

mardi 16 mai 2023

Mes magnums (191) En hommage à Jacky Blot

 Domaine de la Butte, Mi-Pente, bourgueil 2020

 


 

 

Pourquoi lui

Jacky Blot est une légende de la Loire. Tout ce qu’il touche se transforme en succès. Qu’il s’agisse de ses montlouis, de ses cabernets francs, de ses effervescents blancs et rosés, tout le monde accoure, s’enthousiasme, applaudit, achète. Pour ce que j’en vois, il semble que les cavistes sont tous sous allocations, il manque toujours une référence ou une autre, Jacky est une star. Était. Jacky Blot est mort hier, le 15 mai 2023, victime d’un cancer foudroyant (mise à jour le 16 mai).

 

Avec qui, avec quoi

La gastronomie ligérienne est faite pour ses vins, n’hésitez pas. Ce cabernet franc a assez de caractère pour prendre la main sans discuter d’une belle viande goûteuse autour de laquelle vous aurez disposé quelques-uns de vos plus valeureux bons vivants qui, tous, connaissent l’une ou l’autre des productions de Mister Blot. Évidemment.

 

Combien et combien

60 euros.
500 magnums.

 

Ce qu’en dit le Nouveau Bettane+Desseauve

Beaucoup de fraîcheur sur ce millésime : les accents de graphite se double d’une complexité florale qui rend la persistance aromatique noble et permet de gagner en profondeur.

95

mardi 9 mai 2023

Encore une fille aux commandes à Bordeaux

Cest Laure Canu qui préside maintenant aux destinées du cru classé haut-médoc Château Cantemerle et du saint-émilion Château Grand Corbin. Elle prend la suite de Philippe Dambrine. Un challenge. Puisque cest nouveau, nous lavons rencontrée, interviewée, photographiée. Bordeaux en pleine mutation

 

 

Laure Canu et le grand platane de Cantemerle
 

 

D’où venez-vous ?

J’ai grandi à Rouen jusqu’à mes 20 ans. Je rejoins Paris pour y faire des études de droit. Je travaille pendant quatre ans en tant qu’avocate. C’est un métier passionnant et stimulant, qui inflige aussi beaucoup de stress. C’est lors d’un voyage à New-York avec ma meilleure amie que je décide de changer de vie. Là-bas, tout bouge à une vitesse folle. Nous avons rencontré beaucoup de gens, découvert des parcours de vie différents. Au retour, nous avons toutes les deux démissionné.

 

Et le monde du vin ?

J’avais le choix. Le vin ou l’édition. Le vin a toujours fait partie des plaisirs de ma vie, ceux que je partage avec ma famille. À New-York, la culture du vin est décomplexée, j’y ai retrouvé le goût du vin et l’envie d’apprendre, la curiosité. L’édition est un secteur qui m’attire, je suis passionnée par la littérature ; hélas, la reprise d’études y est plus difficile que pour le vin. Je postule donc dans deux masters spécialisés, à Bordeaux et Dijon et suis prise à Bordeaux, je n’y avais jamais mis les pieds. Il a fallu trouver une alternance. Après plusieurs tentatives, Philippe Blanc accepte de m’accueillir pendant un an à Château Beychevelle. Cette expérience m’a permis d’intégrer et de comprendre le fonctionnement de la place de Bordeaux, notamment grâce à une étude sur la distribution des vins de Beychevelle que Philippe m’avait demandée. S’ensuivent des expériences chez Wine Services, aux châteaux Pichon-Longueville puis Chauvin avec Sylvie Cazes, puis avec Stéphanie de Boüard au château Angélus. J’apprends qu’un recrutement est en cours aux châteaux Cantemerle et Grand Corbin. J’appelle Philippe Dambrine qui m’invite à intégrer le processus de recrutement, et c’est ainsi que je suis embauchée comme directrice générale de ces châteaux, propriétés de la SMA.

 

Cette double responsabilité est-elle difficile à gérer ?

Grégory Thibault est en charge de la partie technique sur les deux propriétés. Beaucoup de salariés travaillent d’ailleurs sur les deux châteaux. Ils sont tous remarquablement motivés et cela facilite mon travail. C’est une chance d’être rive droite et rive gauche, nous avons deux terroirs, deux groupes de cépages majoritaires et, bien sûr, deux propriétés différentes.

 

Cantemerle, c’est grand comment ?

200 hectares de propriété dont 98 de vignes. Celles-ci cohabitent avec des bois, un grand parcs, des prairies. C’est un domaine qui a peu évolué au cours de son histoire depuis 1855. Le parcellaire est très resserré autour de la propriété, dans la continuité de ce qui a toujours été.

 

Combien de bouteilles par an ?

400 000, pour les deux vins.

 

Vous y avez entrepris un programme de travaux considérable.

Oui, c’est un projet fondamental pour le château. L’équipement technique est obsolète. Nos futurs outils vont nous permettre de travailler en précision, de mettre en pratique les recherches à venir. Je peux remercier pour cela les actionnaires SMA qui nous épaulent malgré le budget colossal que ces travaux représentent. Le président de la SMA nous a dit : « Soit on investit, soit on vend ». C’est un signe fort pour les équipes qui nous prouve que l’actionnaire a envie de continuer avec nous et ne craint pas d’investir pour les cinquante années à venir. Il a accepté d’investir en une seule fois, ce qui va nous permettre de rénover entièrement la propriété.

 

Laure en salle de dégustation

 

 

Et le vignoble ?

Le vignoble a fait l’objet d’investissements dès les années 1980, à l’arrivée de la SMA. Il est aujourd’hui en très bel état, les vignes sont renouvelées régulièrement et ont 40 ans en moyenne. Cependant, la frustration est grande lorsque l’on arrive au cuvier. Nous n’avons pas l’outil qui permet de bien travailler les raisins de ce vignoble et de leur faire honneur.

 

Le château Grand Corbin est bien plus petit.

C’est une des plus grandes propriétés de Saint-Emilion, avec 37 hectares. 28 sont classés et le reste entre dans la composition des Charmes de Grand Corbin en saint-émilion grand cru. Le classement de 2022 ne faisait pas partie de nos objectifs pour cette propriété. Nous sommes plus à la recherche de qualité pour nos vins. Ces envies et ces projets sont désormais portés par Axel Marchal qui est notre consultant depuis le millésime 2022. À Cantemerle, nous travaillons depuis toujours avec Éric Boissenot et son équipe, ce sont des gens motivés et impliqués qui garde un esprit novateur avec cette envie d’avancer et de découvrir. Je suis très attachée à ce concept d’équipe et ne souhaite pas engager de consultant extérieur.

 

Cantemerle est un bon vin. Il vieillit admirablement. Il reste le moins cher des grands crus classés du Médoc. Est-ce une volonté, un positionnement, un handicap ?

C’est une position que je veux faire évoluer. Je ne veux plus que Cantemerle soit seulement le meilleur rapport qualité/prix du Médoc. Les vins de Cantemerle méritent qu’on parle d’eux et non de leur prix. J’aimerais que les consommateurs et les distributeurs prennent conscience de la qualité de ce vin et de sa capacité de vieillissement. C’est tout un travail que l’on doit faire sur la communication et la distribution. Mais nous avons une base très solide que Philippe Dambrine a construit au fil des années. Des fondements clairs, une distribution internationale, une image très forte auprès du consommateur. Nos leviers se concentrent sur le marketing et la distribution.

 

Pensez-vous à la parcellarisation pour vos seconds vins ?

Des réflexions sont en cours. J’ai un interlocuteur à la SMA qui vient souvent parler de nos projets, ils ont un attachement très fort à la propriété. Nous sommes d’ailleurs en train de réfléchir à des changements dans la commercialisation. Je suis convaincue de l’intérêt de la place de Bordeaux et pense que nous ne l’utilisons pas de manière optimale.

 

Avez-vous prévu d’installer un caveau de dégustation ?

Il y aura en effet une boutique, des espaces de dégustation, et quelques chambres supplémentaires. Toute la difficulté de ces travaux réside dans le fait de conserver l’âme de Cantemerle tout en apportant innovation et nouveauté.

 

De quelle sorte d’âme parlez-vous ?

Quand je passe les grilles du château, je me sens comme à la maison. Dans un espace de sérénité et de calme. Le parc est magique et dégage quelque chose de formidable. Pour moi, il est primordial de conserver cet esprit qui rend ce lieu si unique ; ce n’est pas un hôtel.


Laure dans le salon de Cantemerle




Propos recueillis par Nicolas de Rouyn, photos Mathieu Garçon

mardi 28 février 2023

Le Guide Michelin fait sa pub
sur le dos de Guy Savoy

 

Guy Savoy dans sa tenue quotidienne
 

Le Michelin fait sa chochotte en retirant une étoile à Guy Savoy. Sérieux ? Ils n’ont pas été déjeuner chez Savoy ? Le gars, l’inspecteur avait le covid, plus de goût, plus d’odorat ? Il lui faut quoi de plus au Michelin ? Voilà un restaurant d’exception dans un lieu de grand prestige, une déco Wilmotte à la pointe, une assiette hors normes, une sommellerie de premier ordre, un chef présent à tous les services qui accueille lui-même ses clients, des salons de grand confort pour les clients. Alors, quoi ? Il lui faut Guy Savoy en tutu qui récite le catéchisme woke ?  
Non, ceux du Michelin retirent une étoile au chef encensé par toute la planète food uniquement pour faire les malins, pour faire le buzz, pour que la sortie du Guide soit l’objet d’une controverse propice à la diffusion de l’opus annuel. C’est leur lancement à eux, ils sont pitoyables. Et, bien sûr, ce faisant, ils garantissent à l’adorable Guy Savoy l’affection éternelle de sa clientèle. Il y a déjà longtemps qu’on s’en fout du nombre d’étoiles. Ce ne sont pas ces étoiles-là qui nous guident dans le ciel gastronomique.