Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swim in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



jeudi 13 octobre 2011

Vin & autorités, les vents mauvais


Deux affaires dans lesquelles les autorités en charge de l’administration des vins français ne sortent pas grandies. Ça craque de partout. La première est lourde de conséquences. Cette longue histoire met aux prises cinq viticulteurs bordelais et le CIVB (Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux). En cause, des cotisations que les uns ne veulent plus payer à l’autre au motif qu’ils ne se sentent pas soutenus par l’inter-profession en question et qu’ils assimilent cette cotisation à un impôt, tout en ne reconnaissant pas au CIVB de légitimité à lever un impôt. Ils parlent d’un « problème de gouvernance » et s’estiment en position de « légitime défense ». Il faut dire que payer des cotisations « volontaires obligatoires » peut en laisser plus d’un perplexe, et la justice aussi. Le CAVB (Comité d’action des vignerons de Bordeaux) vient de remporter une belle victoire juridique. Le tribunal de Libourne a reconnu la Question prioritaire de constitutionnalité et renvoyé l’affaire devant la Cour de cassation. L’idée étant que cette cour saisisse le Conseil constitutionnel. La rancœur est lourde pour ces vignerons bordelais. Ils dénoncent un « système historiquement clos » et une « confiscation du pouvoir par quelques-uns » ainsi qu'une « absence de transparence des comptes » du CIVB. D’après Dominique Techer, président du CAVB, le CIVB est « l'interprofession la plus riche de France ». Il ajoute que « si les adhésions étaient libres, seuls 3% des vignerons paieraient leurs cotisations (…) qui sont une très grosse charge et un impôt inéquitable ». Son interview sur France 3.

La seconde affaire est grotesque. Il s’agit du vigneron Olivier Cousin, frappé au porte-monnaie pour avoir fait de l’humour avec son AOC de référence, dont il s’est exclu de lui-même et qui lui en veut, semble-t-il, beaucoup. Certes, la loi n’est pas faite pour rigoler, mais la sanction est disproportionnée. Il fait du vin en Anjou, s’appelle Olivier Cousin, les trois initiales forment AOC, il les a portées sur les cartons d’expédition de ses vins. C’est assez spirituel, mais tout le monde n’a pas envie de rire en Anjou et le voilà devant le tribunal, menacé d’une amende exorbitante, plusieurs dizaines de milliers d’euros et/ou deux ans de prison au motif qu’il n’a pas le droit d’indiquer de provenance des raisins en raison de son classement en « vin de table » ou « de France », on ne sait plus bien, c’est une usine à gaz, cette administration. Là, on touche le fond du kafkaïen. Et il serait vivement souhaitable que les instances fassent le nécessaire pour que la sanction, et le problème, se règlent à l’amiable. Faute de quoi, les tenants de l’AOC Anjou pourraient se retrouver avec un sérieux problème d’image. La blogosphère s’est enflammée pour le cas Olivier Cousin et l’on sait les ravages que cela peut provoquer. C’est Sylvie Augereau sur son blog Glougueule qui a lancé l’affaire. Le monde entier s’en est emparé. Jusqu’au magazine Decanter en Angleterre et Mike Steinberger sur son blog The wine diarist. C’est en anglais, mais le contenu vaut le détour. On s’intéressera bien sûr au texte plein de bon sens de Mike (encore un Anglo-Saxon qui saisit le premier prétexte pour se foutre de la gueule des Français, mais bon, on n'a qu'à pas) et aussi aux commentaires de l’importatrice d’Oliver Cousin aux USA et la réponse que lui fait Michel Bettane.
On ne perd pas de vue que l’AOC « officielle » autorise l’aromatisation des vins avec des copeaux de bois, mais n’autorise pas qu’on rigole. On marche sur la tête, là.

La photo : découverte sur le site TumblR de l’excellent blog A girl called Georges

10 commentaires:

  1. Lire aussi ce qu'a écrit Michel sur notre blog au sujet d'Yvonne Hegoburu, un nom pourtant tant respecté dans le Jurançon.

    Pour le CIVB, ils ont de bonnes chances de gagner, vu l'articulation légaliste de leur action : est-il constitutionnel de demander des cotisations obligatoires ? A suivre de très près !

    RépondreSupprimer
  2. En effet, c'est très lourd de conséquences. Pour le CIVB, bien sûr.

    RépondreSupprimer
  3. Quel est votre blog Mauss??
    Merci

    RépondreSupprimer
  4. Le blog de François Mauss est celui du Grand jury européen : http://gje.mabulle.com/

    RépondreSupprimer
  5. A propos de copeaux de bois.
    Tu sais ce qui est petit, bleu et qui crache des copeaux de bois?

    RépondreSupprimer
  6. T'as qu'à demander à Pinocchio

    RépondreSupprimer
  7. De plus en plus abscons, l'Armand-68

    RépondreSupprimer
  8. En fin d'année 2010 j'ai commis un billet sur le CAVB et le CIVB. C''est là: http://winest.hautetfort.com/archive/2010/12/22/les-c-v-o-entre-le-c-i-et-le-c-a.html
    Vraiment ravi que les premiers aient été entendus, même si la route est encore longue et que des raisins auront été vendangés à nouveau quand la décision sera tranchée par la cour de cassation.

    RépondreSupprimer