Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



lundi 25 juin 2012

Dom Pérignon, David Lynch, The Kills
et les fantômes du Château Marmont

Altum Villare, c'est Hautvillers

Prétexte. Quatre jours à Los Angeles pour assister au lancement des nouveaux habillages et pubs de Dom-Pérignon, mis en scène et en images par David Lynch, avec The Kills dans le rôle de la cerise sur le gâteau.

Voyage. Champagne Philipponnat, Rully 08 de chez Joseph Drouhin, Baron de Brane 07 second vin du Château Brane-Cantenac, Cognac Tesseron lot n°90.
On a bu tout ça au déjeuner dans l'avion. Et pas en mignonnettes, en vrai.
Le A380 est un très gros navion avec deux ponts (ou deux étages si vous préférez). Les espaces réservés à la classe "Affaires" sont en haut, à l'étage. Comme ce n’est pas pour profiter de la vue, hein, c'est pour quoi exactement ? La fatigue et les substances ingurgitées pour dormir (voir ci-dessus) commencent à faire leur effet démultiplié par l'air comprimé de la cabine, l'esprit est en promenade, je me dis que si on met les riches en haut et les pauvres en bas, c'est soit par un vieux réflexe sociétal, une sorte de panurgisme de la symbolique, soit par calcul. Et, finalement j'ai compris. On met les pauvres en bas pour que, en cas d'atterrissage forcé, ils fassent aux riches un rempart de leurs corps, c’est horrible. La classe Éco, c'est la crash-box de la classe Affaires. En payant plus, t'as plus. De chances, entre autres. À peine le temps de réaliser que c'est pareil avec les autos (les Benz et les Modus, on voit tout de suite qui a une chance au cas où sur la quatre-voies), on nous propose une énième collation fatiguée-fatigante signée Guy Martin, ça fait pas rêver et même ma voisine (Américaine du côté des burgers et du surpoids) demande autre chose à manger. Guy, tu devrais pas jouer avec ta réputation, ça va mal finir. Je ne comprends pas pourquoi ces gens du catering (avitaillement, en français) s'évertuent à servir des trucs atroces sous des libellés avantageux alors que c'est sans solution. Même ton père, il avait compris. Pour le pique-nique, il prenait du bon fromage, du bon jambon et du bon pain et tout le monde était content. Là, on n’a que le bon vin. Au lieu de se payer un grand chef qui signe des merdes pour des gens pas contents dans une admirable virevolte perdant-perdant, comme disait Ségolène Royal, il irait chercher un bon boulanger, un fromager conscient et un charcutier espagnol, on serait bien, on serait content.

C'est l'heure des fantômes au Château Marmont

Hôtel. C’est comme si tu te baladais dans la vie de Mick Jagger, c’est le Château Marmont. Le mythe hôtelier le plus tout. Grande bâtisse construite dans les années 20, le Marmont était destiné à être vendu en appartements. Et puis, non, ce sera un hôtel. Il a vu défiler tout ce que le cinéma (on est à Hollywood, sur Sunset Boulevard) compte de célébrités extrêmes. Beaucoup y vivaient à l’année, certains y sont morts (Jim Belushi, Helmut Newton, d’autres fantômes). Le temps passant, les rockers sont venus appuyer les acteurs, puis le reste du monde, les top-models, les businessmen décalés (Branson, Jobs, etc.), moi, mes potes… Il faut dire que dans le genre palace, plus cool, il n’y pas. Le dernier du genre avec cendrier et allumettes en évidence sur la table basse de ta chambre. Et ce n’est même pas très cher. J’ai croisé Kylie Minogue dans un couloir, elle m’a fait un bon sourire. Ce doit être l’effet California. Tu croises Marie-Thérèse Le Trouézec dans les couloirs de l’Ibis de Saint-Brieuc, le sourire, c’est pas gagné.


Au-dessus de mon pool-bungalow cher à Keith Richards, il y a un immense billboard de pub Gucci. La fille me regarde avec des yeux, la bouche ouverte, le Marmont est dans son siècle, ce n’est pas un musée de la nostalgia.


Un débat s’est engagé entre mes potes et moi sur l’origine du nom « Marmont ». La vérité est là : il s’agit d’une contraction des mots espagnols mar et monte, mer et montagne. Marmont, c’est une indication géographique, et voilà. L’hypothèse d’un vague maréchal inconnu et traître à Bonaparte (en plus) est une pure construction wikipédiesque que nous avons balayée d’une coupe de dom-pérignon et d’un grand rire. Cela dit, personne au Marmont n’a su nous donner de réponse fiable.


David Lynch. Le réalisateur, star du cinéma indépendant américain, amoureux de Paris et de la méditation transcendantale, drôle et intelligent, s’est vu confier la charge de la communication des champagnes Dom Pérignon, blanc et rosé. Ce qu’il a fait est très artistique et bien dans la marque, c'est moins plan-plan que ce que faisait Karl Lagerfeld. On n’est pas obligé d’aimer, mais c’est là et ça tient la route. Il a donné une journée d’interviews aux journalistes présents, dont nous. L’un d’entre nous lui a demandé s’il aimait le vin. Sa réponse : « J’aime le vin. Le bordeaux. Et, oui monsieur, le lynch-bages. » Il est drôle, vous dis-je. En plus, il est net. À la question de savoir ce qu’il faisait à dessiner des packagings, la réponse fuse : « Money ». Et hop. Il n’a pas fait de film depuis dix ans, il faut dire. Les marques de luxe sont-elles les derniers grands mécènes des artistes en rupture de ?




The Kills. La surprise du chef. Le chef, c’est Richard Geoffroy, chef de caves de Dom Pérignon et patron de l’œnologie du groupe Moët & Chandon, icône dite baroque de la Champagne et du champagne. Pour présenter au monde ébahi la création de David Lynch, il avait convoqué la cour et la campagne dans un garage (un très grand garage, pas celui dans lequel vous rangez la Modus). Le public de Los Angeles, stars, demi-stars et wannabes, et nous, la presse mondialisante. Là, on parlait toutes les langues. Et on buvait du dom-p dans des verres Riedel vachement bien, un modèle que je ne connaissais pas, très beau, très efficace. Une ambiance incroyable, une tension folle, ce n’est pas un cocktail au Faubourg. Et voilà le grand barnum, un concert privé des Kills, introduit par David Lynch qui a repris les mots de ceux qui faisaient la même chose dans les concerts d’Elvis « hold on to your hats ». The Kills est un groupe de rock composé d’un garçon et d’une fille, avec deux percussionnistes et basta. Le garçon est également connu pour être le mari de Kate Moss, qui était là. De l’état civil de la fille, on ne sait rien (enfin, moi), mais la force est une beauté. Ils sont très lookés, savent d’où ils viennent, la Rickenbacker et l’ampli Vox en revival des sixties sans rien surjouer et la pêche des MC5, la colère sans le déferlement exagéré. Les deux font un bruit d’enfer, mais c’est incroyablement exciting, ils tiennent la scène comme personne. Des trois cents invités, la moitié seulement s’intéresse, ce qui fait un concert très agréable à suivre, less is more. J’étais collé à la scène comme une groupie que je suis, je n’ai rien raté, les stridences de la guitare du garçon m’ont transpercé la tête bien proprement et les hurlements de la fille, pareil. Tu décolles du sol, tu n'es plus sujet à l'attraction terrestre, j’ai adoré. Des serveurs passaient avec des plateaux de dom-p blanc ou rosé, un des tout meilleurs du genre. Je suis parti le dernier, ravi et extatique comme un socialiste devant une voiture de fonction.

Voilà, c'est fini


Les photos : les images qui vont avec les mots, c'est grâce à mon Ni-Phone

12 commentaires:

  1. Elle s'appelle alison mosshart. Superbe compte rendu, Nicolas !!

    RépondreSupprimer
  2. Bah ça alors, il ne manque plus que la bande son !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. La voilà, la bande-son :
      http://www.youtube.com/watch?v=MgaHy7DYs3g

      Supprimer
  3. Mais Nicolas, comment veux-tu qu'on t'invite en Bourgogne après ça? Finalement, quelquefois, je serais bien journaliste!! Aurore Devillard

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ah, flûte. J'avais oublié deux secondes la Bourgogne. Écoute, c'est pas grave, on va s'arranger, t'as bien une Rolls ?

      Supprimer
  4. http://www.youtube.com/watch?v=zNRQuk34cnI&feature=related

    RépondreSupprimer
  5. Plein de bonnes idées pour le jour où je t'invite à Vingrau ! Merci !

    RépondreSupprimer
  6. Nicolas, si je t'envoie une mule ( car mon vieux Land Rover ne fait plus de si longs voyages ) te chercher, tu viendrais dans le Priorat ?

    Fredi

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Hervé, Fredi, surtout ne changez rien 8-)

      Supprimer
  7. Cher Bon vivant, nous n'avons ni Scarlett, ni Keith, même pas d'hélico... on fait comment pour vous catcher nous, hein ?
    une (très) bonne omelette jambon + BSA sur un coin de zinc assis sur un tabouret en bois: ça vous dit ?
    Allez, je suis sûre que oui !
    Claire

    RépondreSupprimer
  8. La voiture balais a fait le ménage on dirait; tant pis pour les retardataires

    RépondreSupprimer