Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



jeudi 26 janvier 2012

L’Italie du vin, de plus en plus

Le Piémont vu de Barbaresco

L’Italie et moi, l’émoi le plus banal. Dites Toscane dans un dîner et tout le monde s’évanouit, les sourires d’affranchis, le fond des yeux se tapisse de souvenirs (certaines ont les joues roses), on s’y connaît en Toscane, le pia-pia s’affole. Les plus pizzas pousseront des petits cris « chianti, chianti ». Le tifoso, le vrai, dira « super-toscan » en expliquant de quoi il s’agit, il est le prof et vous, l’amphi. Vous baillez.
Je ne fais pas à ce point défaut à ce troupeau, mais.
Mon Italie est alternative très peu, un peu. C’est une Italie de demi-saison. Automne, printemps. C’est une Italie du nord, Piémont, Frioul, Vénétie et Trentin, Lombardie. Le bord d'un lac, s’il fait chaud. Ce plaisir est venu du fond de mon verre. Rien d’original, un barbaresco 01 de chez Gaja. En buvant cette bouteille, avec Angelo-paysan-fils-de-paysan qui ne vous raconte pas comment il est devenu Gaja le godfather des vitis transalpins, il nie, vous riez et vous trouvez que, oui, le Piémont ça joue juste. Vous y retournez sans cesse. Des lacs du nord aux ondulations des Langhe.

Un joli vignoble à Barolo

Cette fois, trois jours de truffes blanches à Treiso, au Ciau del Tornavento, le restaurant-planque des amateurs avec vue et cave de folie, à la suite de trois jours au bord du lac de Côme, au Davos du vin. Le Piémont en deux services.
Ici, les villages sont construits au sommet des collines. En novembre et sous un ciel bleu dur, les vallées sont envahies de brouillard toute la matinée et les villages respirent au soleil, il fait zéro, c’est tonique. Les vignes de toutes les couleurs du jaune, de l’ocre et même du rouge, plantées dans tous les sens, ce patchwork, dégringolent les pentes abruptes et on comprend très bien que ce sont des terroirs fantastiques et impossibles, des vignobles a mano. D’où les vins du Piémont. Trois jours de barolos, rien à moins de dix ans d’âge. Le moindre bistro de village paumé propose un choix de barolos au pichet et très bons, ils vont si bien avec une cuisine de bonté, cette spécialité italienne.

Le restaurant-hôtel Ciau del Tornavento est ce bâtiment blanc
au centre de la photo, à gauche de l'église de Treiso




Au Ciau, ce ciabot-mentin-ginestra, barolo 2001 de Domenico Clerico, des fleurs et des fruits, une ampleur et des saveurs, la persistance, si ce n’est pas le top de l’appellation, c’est son frère jumeau, ils sont quelques-uns, une vraie portée. Parmi lesquels, un autre barolo de chez Roagna. Un vin « biiip », non, je le dis pas, je vais me faire pourrir. Mais très bon. Dans la bonne humeur, poussons vers la porte d’à-côté. Le Haut-Adige, les Dolomites, les lagreins de Hofstatter ou de Alois Lageder, les teroldegos d’Elisabetta Foradori dont on a déjà beaucoup parlé sur ce blog, ces vins de pays froids et d’air pur qui vous rendent tout ce qu’ils ont pris, bien poliment.
Et puis, plus bas, la Toscane quand même, parce que oui, à la fin. Au nord de Lucques, la Tenuta di Valgiano à Laura di Collobiano, ses vignes en bio-d, ses vins profonds et fruités, envoûtants et personnels. Plus au sud et à l’est, la Tenuta di Arceno, un super-toscan de cépages bordelais fait par Pierre Seillan, l’homme qui vaut sept fois 100 points chez Parker pour son vin californien, le micro-vignoble des Rogosky qui produit il-caberlot, un vin unique, rare, miraculeux. Plus au sud et à l’ouest, la Maremme et ses latifundia, ces grands domaines en polyculture, comme le Castello del Terriccio et son fameux lupicaia, la collection complète des bolgheri. Tellement de vins différents à en attraper le tournis. Et encore plein d’autres, évidemment, des centaines. L’Etna, oui aussi, et le sud de la Sicile vers Noto. L’Italie, c’est pas comme la France, mais pas moins bien. L’idée, c’est la curiosité, moteur de l’amateur. Pour ce faire, le vin est une fusée inter-galactique dédiée au voyage. Comme la sorcière son balai, enfourchez votre verre et promenons-nous par les collines et les vallées, passons les rivières et les forêts, volons au-dessus des campaniles et des oliveraies, planons. Ne bouclez pas un bagage, oubliez EasyJet. Dégainez un flacon, un tire-bouchon, un bon voyage.


Les photos : le Piémont, mi-novembre 2011, par mes soins et mon iPhone.

Ceci est un billet destiné à l’animation de blogueurs plus connue sous le nom
Les Vendredis du vin, thème : le voyage. Ben, oui. J’ai bon ?
Lien vers Du morgon dans les veines, le blog de Guillaume Nicolas-Brion-Président, en charge de ce 42e Vendredi et pensionnaire à l'année de la colonne de droite de ce blog, rubrique Tous ceux que j’aime.

Pour le blog des Vendredis du Vin, c’est par ici

22 commentaires:

  1. Putain de photos ! Et le Clerico en plus ! Alors là je m'incline...

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  2. On ne dira jamais assez à quel point l'Italie, quand on y va en modestie et sans a-priori, est un pays unique où la culture, dans son sens le plus noble, est vraiment partout à qui garde l'oeil ouvert en sympathie.

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    1. Voilà l'avis d'un spécialiste, mieux d'un expert.

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  3. Barolo, Barbaresco, voilà une Italie que je rêve de visiter, en passant par Alba :) La première photo dans la brume est superbe. C'est très "pentu" ou est-ce juste une impression ?

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    1. Une succession de collines assez abruptes, oui, des pentes.

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  4. Merci Nicolas ! Je suis bel et bien partie dans les méandres de tes lignes italiennes (et merci pour les photos !). Euh ... comment fait-on pour revenir, tu peux me donner le chemin du retour ? (mais à dire vrai, je ne sais pas si j'en ai envie ...)

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  5. Quel beau voyage ! Et ce ciel !!! C'est sûr, pas question de bouclez ma valise. On en redemande ... :-)
    Gérard G.

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  6. Bonjour,
    J’ai récemment créé un blog consacré à l'histoire de l’ancien vignoble normand, qui, contrairement à ce qu’on pourrait le penser, n’est pas complètement disparu: en plus d’un certain nombre de vignerons amateurs on trouve encore un vignoble commercial dont le vin est de qualité (affirment certains guides des vins). Je vais peu à peu raconter les 1300 ans de l’histoire du vignoble, d’Avranches à Evreux en passant par Alençon et Caen mais aussi m’attacher à mettre en valeur le travail des vignerons normands de 2012.
    Je vous invite à venir voir le blog ( vindenormandie.nibblebit.com) et, si vous le voulez, indiquer mon blog à vos visiteurs, en mettant un lien entre votre site internet et le mien.

    Je vous remercie par avance.

    Jean-Claude
    vindenormandie@yahoo.fr

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  7. Premier essai transformé !

    Mais, détail qui a son importance : si tu pouvais arrêter de sous-entendre que je suis de gauche... Tu dis souvent que blogueur rime avec approximation : c'en est une.

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    1. La rime est pauvre, mais c'est d'accord.

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    2. @Guillaume: Pourquoi t'es pas assez à droite pour être de gauche comme disait Guy Bedos? :-)

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  8. tres beau billet sur le piémont qui me rappelle en tous points la magie de mon précédent séjour en cette région, paradis de l'oenophile; évoquer la ciau del tornavento m'évoque des souvenirs....
    barolo et barbaresco sont les deux "mammelles" de cette magnifique région
    allez je vais m'occuper d'un ptit sottimano ce soir(on est vendredi...)
    amitiés
    bertrand le goffe

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  9. Et dire que c'est Pivot qui a écrit le dictionnaire amoureux du vin. Qu'est ce que tu foutais à ce moment là? tu n'étais pas dispo?
    Je suis amoureuse, à l'aveugle, de tout ce dont tu parles ici.

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    1. C'est marrant cette façon de toujours dire le mieux. Je t'ai pas parlé de ton dernier post ? Je vais le faire.

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  10. Le goût des paysages, c'est pas rien

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    1. CLERICO, n'est-ce pas le proprio du Moulin Rouge et du Lido, entre autres cabarets ?

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    2. Comme ça, je dirais pas, mais chi sà ?

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  11. Si je peux me permettre, le Piémont a bien plus de mamelles que Barolo et Barbaresco, bien plus que ça ! Des centaines ! La région est incroyablement diverse et vaste. Après avoir découvert les Langhe il faut oser remonter ou partir à l'Est, à l'Ouest, on sera surpris comme on ne peut l'imaginer on allant fouiner du côté du Monferrato, du Roero, de l'Alto Piemonte, du Valsusa, du Canavese, etc... et au milieu de tout cela, Turin, à ne pas oublier.

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  12. Oui, Nicolas. J'ai rencontré Gabriele Bava et d'autres, plus à l'est. Mais bon, ne perdons pas de vue que c'est une histoire sans fin.

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  13. Nicolas(H),

    On voit cela ensemble bientôt à Toulouse ?

    Goûté avant-hier soir un Barolo Ravera san Lorenzo de Rinaldi un peu atypique ... camphré, capiteux ... un 2003.

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