Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mercredi 18 décembre 2013

Les verres, rien d’accessoire

Partons du principe qu’on ne boit pas de grands vins au goulot. Il faut donc des verres. Le marché regorge de ces objets plus ou moins adaptés à cet exercice, d’une part et de qualités diverses, d’autre part.
Un verre à vin présente des différences importantes avec un verre à eau. Une forme tulipée pour le vin, en corolle pour l’eau. Pourquoi tulipée ? Pour retenir les arômes et permettre au nez de participer à la fête. Pour s’en convaincre, il suffit de boire du vin dans un verre à eau et que se passe-t-il ? Rien. On ne sent rien, le nez est absent, le vin n’a pas d’odeur, pas d’arômes, pas de flaveurs, il est comme absent. Pendant longtemps, les meilleures cristalleries du monde se sont évertuées à produire d’admirables verres parfaitement inopérants pour le vin. La plupart continuent, d’ailleurs.
À l’intérieur de ce champ de contraintes, quelques marques occupent le devant de la scène et le marché des verres dits « techniques », c’est-à-dire ceux qui mettent le mieux en valeur les qualités des vins. Pour simplifier, disons que les grandes cristalleries françaises ont longtemps abandonné le marché du verre technique à leurs concurrents étrangers, italiens et autrichiens surtout. C’est en effet la cristallerie autrichienne Riedel qui mène la danse depuis un long moment avec une gamme très large de verres adaptés non seulement au vin, mais à chaque cépage.

Un verre Riedel à jambe rouge


Mais Riedel n’est plus seule et aujourd’hui, de nombreuses marques se taillent des parts de marché plus ou moins enviables. Parmi les marques les plus emblématiques, les cristalleries Baccarat, puis Lalique ont chacune lancé des gammes très techniques. La ligne Château de Baccarat est censée éliminer les défauts du vin. Les nouveaux Lalique 100 points, imaginés avec le dégustateur américain Suckling, allient des qualités œnologiques certaines à une beauté formelle inattendue. Moins connues, d’autres marques se sont installées. Italesse est à la pointe de la technologie italienne, Schott et Spiegelau (propriété de Riedel), Zwiesel, Zalto occupent chacun une place dans le cœur des amateurs. Avec une mention spéciale pour Zalto qui fait un démarrage en flèche et plaît beaucoup aux grands amateurs. Et il y a les francs-tireurs comme l'expert en vieux millésimes, Laurent Vialette, qui a créé une ligne de verres utilisée désormais par le Grand Jury européen ou encore Philippe Jamesse, sommelier des Crayères à Reims et grand spécialiste des champagnes. Il a créé un verre très élégant dont le tulipage particulier fait merveille sur les champagnes les plus vineux, ceux dont le pourcentage de pinot noir compris dans l’assemblage est important. Veuve-Clicquot ou Charles Heidsieck en ont fait leur verre officiel. Si chacun des meilleurs propose une gamme complète dotée d’un verre à bordeaux, d’un autre pour le bourgogne, d’un autre encore pour les chiantis, tous ont intelligemment mis au point des verres « universels » qui vont avec tous les vins, ce qui facilite grandement la vie des amateurs. De même chaque marque propose des verres de contenance plus ou moins importante. Même si le format n’est pas follement déterminant, la plupart des amateurs préfèrent les très grands verres.

Lalique

Baccarat


Dans le droit fil des verres, les carafes ou décanteurs jouent un rôle majeur dans l’expression des vins. On préfèrera des carafes très larges pour les vins jeunes, elles favorisent l’oxydation parce que le disque est de grande surface et le vin perd ainsi de son austérité. En tout état de cause, les très beaux verres à vins, pourvu qu’ils soient efficaces, sont toujours un plaisir pour l’œil et c’est aussi pour ça qu’ils sont indispensables.




Cet article a été publié en novembre et sous une forme différente dans Série limitée, le supplément mensuel du quotidien Les Échos.

5 commentaires:

  1. exercice intéressant que de déguster le même vin dans des verres différents. Le contenant est loin d'être neutre.

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    1. Je crois que le public n'en a pas vraiment conscience

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  2. Tres vrai! Ca joue enormement. C'est stupide de boire des grands vins (et meme des petits) sans des verres adequats.

    Sans vouloir faire de pub. Nous on a l'habitude d'utiliser des Vinalies n.3 de chez Lehmann Glass, pour le blanc et le rouge. Verres bien techniques, avec un buvant fin et... solides. On en a une 100aine et on n'en a pas casse' depuis 3 ans. C'est en verre, pas trop cher.
    J'aime bien boire dans des Riedel egalement.

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    1. Bon compromis qualité prix que les Lehmann. Nous les utilisons pour toutes nos dégustations professionnelles ou privées. J'adore leurs flûtes aussi, élégantes, fines et incroyablement légères.

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  3. J'oubliais les verres Peugeot... completement delirants!

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