Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swim in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération". Nicolas de Rouyn



lundi 2 décembre 2013

Personne ne résiste à l’appel du luxe

Dans tous les métiers, c’est la même chose. Quand les majors entrent en scène, tout le monde le voit. Dans le vin, les grands opérateurs Castel, Grands Chais de France et Advini ont pris à leur tour le chemin de l’excellence et du luxe via des propriétés détenues de longue date ou récemment acquises.



Chez Castel, une petite vingtaine d’exploitations ont été regroupées au sein de l’entité Demeures et Châteaux Castel. Certaines sont des propriétés familiales depuis les années 60 et d’autres ont rejoint le groupe il y a peu. Parmi les plus récentes recrues et après la reprise de 50 % de Beychevelle, le Château Montlabert à Saint-Émilion porte les espérances du groupe au plus haut niveau et rien n’est épargné pour en faire un joyau du plateau. C’est Hubert de Boüard, co-propriétaire de Château Angélus et consultant réputé, qui est chargé de pousser les feux de la qualité et c’est l’architecte Patrick Jouin qui prépare un nouveau chai pour donner tous les moyens à Montlabert et à ses hommes. Et, aussi, pour l’inscrire dans le droit fil de ses glorieux voisins, Cheval Blanc, La Dominique, Angélus, La Conseillante, Pavie, Lassègue ou Faugères, tous dotés de chai ultra-modernes et/ou très spectaculaires. Dans le même temps, la famille Castel s’est constituée l’un des plus beaux portefeuilles de consultants pour tous ses autres domaines. Presque tous les meilleurs de Bordeaux sont missionnés dans telle ou telle propriété. Le mot d’ordre est simple : « le meilleur, le plus vite possible ». Aujourd’hui, dans le plus important groupe viti-vinicole français, on veut une locomotive de prestige pour accrocher les wagons de la grande diffusion et l’affaire est rondement menée. Pour être de souche bordelaise, le groupe y affirme son attachement à la terre aquitaine, mais ne s’en contente pas. Un beau domaine ligérien qui produit quelques magnifiques muscadets, dont le clos-d’orfeuilles, fait partie des fiertés légitimes des Castel.

Joseph Helfrich, patron fondateur de Grands chais de France a installé le centre du monde dans son village natal, c’est plus simple. Comme son nom l’indique, Kirrwiller est en Alsace, loin de tout, rural et bucolique. Il a construit une usine gigantesque à la sortie du village, c’est le siège de l’empire. Avec beaucoup de prudence et l’aide passionnée de son épouse, il a pris pied dans le monde enchanté des grands vins. Son plus beau coup ? L’acquisition du Château de Fesles qui produit de grands blancs dans la Loire. L’homme est secret, il est difficile de lui extirper des informations sur sa stratégie, ses projets, ses prochaines destinations-acquisitions. Mais on sait qu’il a acquis des domaines bordelais et que ce n’est pas pour y faire de gros volumes. À suivre, donc.

Le modus operandi du groupe né de la fusion entre Jeanjean et Laroche, Advini, est très différent. Quand la famille Jeanjean a confié les clés du groupe à Antoine Leccia, elle savait parfaitement que le wonder-boy élevé à l’ombre tutélaire des frères Jeanjean ne se contenterait pas de gérer l’existant. Pour lui, la croissance passait par l’acquisition de propriétés à fort potentiel qualitatif. C’est ainsi que, l’une après l’autre, les maisons Ogier (Châteauneuf-du-Pape), Gassier (Provence), Capet-Guillier (Saint-Émilion), Cazes (Rousillon) et Rigal (Cahors) sont peu à peu venus complèter l’offre initiale jusqu’au regroupement entre les Jeanjean et la maison créée par Michel Laroche à Chablis. En tout, quelque 1 500 hectares dont la moitié en bio ou biodynamie et le reste en conversion. Aujourd’hui, Advini est une grande maison très clairement positionnée sur un marché de haut de gamme et l’acquisition d’une structure de négoce spécialisée sur les grands crus bordelais confirme ce mouvement. L’intention est d’y occuper une place de plus en plus importante. Pour les uns comme pour les autres, au gré des opportunités comme des convictions, l’idée s’est installée dans les conseils d’administration. Les grands crus sont devenus une composante essentielle des portefeuilles de ces grands opérateurs du vin. Le luxe est un objectif, il peut aussi être un sillage.




Cet article a été publié sous une forme différente dans Série limitée de novembre, le supplément mensuel du quotidien Les Échos

4 commentaires:

  1. « le meilleur, le plus vite possible », t'as qu'à voir : Lestac, roche-mazet, malesan, villageoise, vieux papes, Kriter. On fait pas mieux ( pour cracher ) ni plus vite ( pour l'évier ). Sinon ça boume ?

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    1. C'est amusant cette incapacité à comprendre ce qu'on lit. Ou alors vous le faites exprès ?

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    2. Oui, j'ai du boire trop de Pisse-Dru étant jeune. ça laisse des traces. And you ?

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  2. Ouais attendez: jusqu'a present Castel n'a jamais fait dans la qualite'. les bouteilles les plus crasseuses dans les rayons des hypers c'est eux. Ils ont aussi rachete Patriarche... Savent-ils vraiment ce qu'est la qualite'?

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