Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



lundi 20 juillet 2015

Le champagne est-il la gloire de la coopération ?

1846 n'est pas le millésime.


Je finis à l’instant un admirable magnum de brut de Devaux, la collection D. Une vieille bouteille, oubliée à fond de cave depuis quelques années. C’est un brut sans année, l’expression de base du champagne. Ce magnum était formidable de raffinement, un vin élancé, élégant même, délié, harmonieux, beau comme un top-model sur un catwalk. C’est un vin produit par une grosse coopérative, l’Union auboise.

Il se trouve que se multiplient les occasions de boire de très bons vins issus de la coopération. Les fins chablis de La Chablisienne, les gascognes blancs de Plaimont, les rouges puissants de Marrenon, les rhônes de la Cave de Tain-L’Hermitage, d’autres encore, les exemples abondent. Et la Champagne coopérative, plus que d’autres régions, produit des merveilles depuis quelques années. Devaux, bien sûr, mais aussi Mailly Grand Cru, Collet, Jacquart, etc. Elles sont nombreuses les coops candidates à la reconnaissance et qui, donc, se donnent les moyens de faire très bien.

Quand c’est joué habilement, l’avantage de la coop sur la grande maison de négoce est l’incroyable palette de crus mis à disposition des chefs de caves. Cette diversité dans l’approvisionnement leur permet de mettre en marché une multitude de cuvées dont un nombre de plus en plus significatif sont excellentes et rivalisent sans rougir avec le meilleur de la production champenoise d’où qu’elle vienne et à des prix très consumer friendly. En plus, il se trouve que les vignerons adhérents sont en général ravis de participer à ces aventures très qualitatives et qui font un bien fou à l’image même de la coopération. Pourtant, pour nombre de snobs irréductibles, un vin issu de la coopération, ça ne va pas. Ainsi, pour commencer, des cavistes. Rares sont ceux à ne pas pincer le nez à l’évocation d’un vin de coop. Plus rares encore, ceux qui en vendent. C’est incompréhensible et, surtout, c’est inexcusable, cette posture d’un autre âge, ce côté pas au courant. Désolé, mais entre l’improbable rosé de saignée d’un vigneron solitaire, aussi méritant soit-il (il semble que ce point fasse désormais partie des critères de jugement d’un vin, voir ici) et le rosé Mosaïque de Jacquart, j’ai choisi sans me retourner. Idem pour les blancs.

Parce que moi, je trouve ça très bien la coopération. L’époque que nous traversons (la « séquence » comme disent les commentateurs politiques) rend encore plus indispensable l’existence de structures qui garantissent que le vigneron ne soit pas seul face à l’océan de défis, d’enjeux, de monde, de concurrence qui peut stresser gravement quelqu’un qui n’y est pas préparé. La preuve ? Il y a de moins en moins de vignerons qui mettent en bouteille sous leur propre marque.



3 commentaires:

  1. En Champagne on peut aussi citer Villedomange qui fait d'excellents produits!

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    1. Merci de l'info, Jérémie. Je ne connais pas.

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  2. Les vins et les champagnes provenant de coopératives peuvent être délicieux. Dans le Saumurois, bon nombre de crémants de Loire sont réalisés par des coopératives. Ces pétillants sont aussi bons que ceux que l'on trouve chez les producteurs.

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