
Voilà que Moët & Chandon nous envoie un magnifique dossier de presse pour annoncer la sortie du grand-vintage 2002. C’est la nouvelle merveille de Benoît Gouez, chef de caves et magicien chez Moët. Ce 2002 est un grand vin, même pas très cher à 45 euros, très peu dosé (5,5 grammes de sucre par litre), ce qui signifie que Gouez a utilisé des raisins mûrs, ce qui signifie également que les grandes maisons de Champagne (celle-ci déjà) se préoccupent enfin de faire de grands vins ou que Gouez a réussi à imposer cette exigence-là, merci et bravo. Comme il est très beau, on feuillette le dossier de presse, les photos extraordinaires de notre chère amie Mathilde de l’Ecotais en font vraiment un objet en soi. On lit un peu les quelques infos et là, patatras, le machin vous tombe des mains. Dans un coin, à la sournoise, voici qu’un concept a été installé par quelque cinglé du marketing. Le gourming, ils appellent ça le gourming. Pourquoi pas le gourmanding ? Ou le gourmeting ? Non, c’est le gourming. Consternation. Où l’on apprend que ce mot grotesque recouvre une tendance nouvelle, que c’est (je cite) « la version moderne et pétillante des traditionnelles mondanités de fin d’après-midi », je vois que vous baillez d'ennui, c'est pas fini (je cite encore) : « la seule règle est de proposer des mets en parfaite harmonie avec Grand Vintage 2002 ». Ben, ouf, on craignait le pire. Des trucs immangeables avec du champomy. Non, ce ne serait pas gourming.
Sans être grand clerc, on peut prédire un avenir des plus limités à cette fausse tendance ridicule. Benoît, te laisse pas faire, ils abîment tout avec leurs conneries.
Bravo, Nicolas,
RépondreSupprimerJ'ai vainement essayé de me faire inviter en Champagne, lors de la soirée DomPé à l'Observatoire, pour tester le gourming, suite à ton billet. Qui a enchanté à l'externe et à l'interne de M&C. Ils n'ont pas donné suite. Je pense que ton blog a pour l'heure enterré cette malheureuse initiative marketing. Nicolas dans le killing ?
Eric V.
Pardon d'en rajouter, mais c'est irrésistible : Gourming, ils ont osé. Le mot pourtant, loin de renvoyer à gourmand, part de gourme, maladie infectieuse redoutable et très contagieuse, de la gorge du cheval. Un mot bien stable, le même depuis le XIVe siècle. Qui par analogie est devenu un synonyme familier de l'impétigo. Le gourming alors,symptôme de l'impétigo, fort contagieux, en effet de la bouche... des gens de marketing. Encore plus maladroit quand il s'agit d'un produit de bouche.
RépondreSupprimerIls arrêtent le gourming. Une rédactrice, pour Culture Zap by CB News, a suivi le dernier opus. Tout ce mercredi sur la news 119. Je vous enverrai le lien.
RépondreSupprimerEric V.