Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mardi 20 novembre 2012

La loi Evin a un parrain (manquait plus que ça)



Il y a deux façons d’encadrer l’alcoolisme. La bonne ou la mauvaise. L’éducation vs. la répression. Poutine, président de toutes les Russies, a décidé de frapper d’interdiction la moindre mention du nom d’un produit contenant de l’alcool, sans distinguer le vin des alcools forts (pour les alcools forts, + 36 % de taxes supplémentaires, tiens, prends ça, ivrogne).
Comme en France, vous demandez-vous ? Oui.
Le modèle est reproductible et tant qu’à faire dans le front bas, notre loi Evin à nous est parfaite. La grosse voix et le flou. La grosse voix pour faire peur aux enfants et le flou pour ouvrir la porte à toutes les tartouilles possibles. En France, avec vingt ans d’expérience, on s’y connaît. On a vu la courbe de consommation du vin s’effondrer et celle des anxiolytiques monter en flèche. Celle de l’alcoolisme des jeunes aussi. Du coup, Poutine se dit qu’il a plus à gagner que de recevoir trois ou quatre caisses de grands crus, de loin en loin.
Et, justement, il va plus loin. Non seulement la pub est bannie, mais ce qu’on appelle l’éditorial aussi, même si c'est écrit par des journalistes. Presse et internet compris. Le blogueur russe du vin (y en a) fait la gueule. On lui fait la même réponse que celle que Hollande a faite à un blogueur (français) il y a quelques mois : « Faites des blogs de gastronomie ».



– Mais alors, si je m’appelle Taittinger ou Henriot ou Duvaux-Blochet ?
– En prison…
– Et si je m’appelle Smith et que j’ai rien à voir avec Haut-Lafitte ?
– Prouvez-le !

Bien sûr, les esprits éveillés sur cette terre russe crient au scandale avec le succès qu’on imagine. Un importateur russe, M. Pinski, dit ceci : « Il faut valoriser la culture du vin contre celle de la vodka et des bières à fort taux d’alcool. Il faut comprendre que le vin est un produit de gastronomie. Les gens qui mangent bien et boivent bien ne se saôulent pas. »
Le législateur n’entend pas ces arguments de bon sens, à Moscou comme à Paris, comme à Ryad, Téhéran ou Islamabad, toutes ces grandes capitales où on a éteint la lumière. La presse aussi tord le nez, pour des raisons différentes, 20 % de son chiffre d’affaires publicitaire venant des importateurs de vins et spiritueux étrangers.
On aura vite fait de brocarder le soupçonneux, mais comment ne pas se dire que les Russes vont découvrir les joies de la consommation des petites pilules du bonheur qui fait tant d’imbéciles et de bien pensants au bénéfice exclusif de quelques actionnaires et des pouvoirs qui leur servent la soupe ?

Pourtant, on voyait la Russie bien partie quand, il y a deux ou trois ans, les autorités en charge ont décidé de favoriser la plantation de vignes pour éradiquer les ravages alcooliques de la vodka. C’était Medvedev qui portait le projet. Sait pas compter celui-là.
Tout ceci fait un peu beaucoup penser à un nouveau tomber de rideau tricoté au point de croix chez Ordre & Discipline, non ? Je vais demander aux Pussy Riot ce qu’elles en pensent.


Les détails sur themoscowtimes.com (en anglais, pas en russe)

Les belles images viennent du site TumblR du blog A girl called Georges

4 commentaires:

  1. Les élèves dépassant parfois leur maître, il est probable que Poutine frappe encore plus fort qu'Evin...D'ici à ce que cela donne des idées aux Chinois ....

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  2. Si je ne me trompe pas, les autorités chinoises poussent plutôt vers la consommation de vins plutôt que des alcools forts non ?

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    1. Je crois, oui. Mais c'était aussi le cas en Russie

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