Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



jeudi 1 novembre 2012

Et maintenant, Gourt de Mautens…


Sous le fallacieux prétexte du manque de typicité, le domaine Gourt de Mautens se voit débarqué de l’appellation Rasteau par les braves gens de l’ODG. On vous expliquera de compliquées raisons, mais une fois de plus, ne serait-ce pas la qualité supérieure des vins de Jérôme Bressy qui est en cause ? Et le remarquable travail qu’il mène avec un pépiniériste pour la réintroduction de cépages traditionnels à peu près disparus. Pas typiques, sans doute.
En étant le meilleur représentant de Rasteau, il est de facto une tête à couper. La voilà qui roule dans la sciure.
D’autres avant lui on fait les frais de cette politique imbécile. Nous pensons à Trévallon, à Marcel Richaud, au Domaine de Souch et plein d’autres encore, comme nos amis Tari à Bandol. Chaque fois, il s’agit des meilleurs de leurs appellations respectives. Chaque fois, leurs vins sont refusés par la commission d’agrément, toujours pour manque de typicité. Qu’est-ce que la typicité ? La norme imposée par les mauvais d’une appellation ? Il faut le croire. Et le regretter.
Dans le cas de Rasteau, ça sent en plus la reprise en main vigoureuse, après l’éviction regrettable du directeur J.J. Dost, un Bordelais égaré en Côtes du Rhône pendant plus de dix ans. On sent que là on a affaire à des scrogneugneux, ça ne rigole plus. Faut rien qui dépasse, je ne veux voir qu’une seule tête.
Rendez-vous pour juger des résultats de cette politique virile dès l’an prochain et les années suivantes… On ne va pas rater ça puisqu’il y a tant à nous montrer, à démontrer. Messieurs, c’est à vous et on vous regarde.


L'affaire des Tari à Bandol, ici.
L'histoire de Trévallon en vidéo, ici 
Et Marcel Richaud, c'est

39 commentaires:

  1. Mais quelle connerie! Bravo de le dire, Nicolas!

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  2. Perdre la mention AOC, un désavantage? Pas vraiment. Au contraire même, l’AOC s'apparente à un carcan ne permettant ni aux vignerons ni à la viticulture française d’évoluer sereinement mais de perdurer dans un traditionalisme devenu complètement désuet.

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    1. Je ne suis pas tout-à-fait d'accord avec tes assertions. Mais il est vrai que le retrait de l'appellation a bien servi la gloire de Trévallon.

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    2. Ça dépend vraiment de tes marchés, Fabrice, de tes importateurs. Parfois, ça peut être compliqué. Et surtout, encore une fois, c'est con, incroyablement con.

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    3. Quand tu peux marquer sur ta bouteille Gevrey Chambertin tu le fait. Mais si c'est côtes de toul, tu peux t'en passer...

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  3. Fabrice, j'ai eu maintes fois cette discussion avec des amis vignerons à très forte notoriété.
    Arrivés à un certain niveau, en effet leur nom et leur renommée font qu'ils peuvent sans doute se passer de l'AOC.
    Mais pour arriver où ils sont aujourd'hui, je pense que toutes ces vedettes ont acquis leur notoriété, au moins à leur début, grâce au système AOC que l'Europe a adopté et que les producteurs du nouveau monde singent maintenant.
    Il existe peut-être des contre-exemples ?
    Mais pour l'immense majorité d'entre-nous vignerons laborieux, je suis persuadé que cette conversation n'existerait pas sans le système AOC, certes devenu une usine à gaz... perfectible en la simplifiant, cette usine ?

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    1. Régis, tu as globalement raison

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    2. Merci Nicolas, étant partie prenante, difficile d'être objectif... même si nous vignerons râlons contre des contraintes parfois absurdes, souvent sans fondement technique, etc. je reste persuadé que les inventeurs du système étaient des types géniaux, et qu'aujourd'hui encore l'immense majorité des producteurs AOC vit moins mal avec que sans.
      Et cracher dans la soupe, facile quand on est à l'extérieur du truc.
      L'essentiel, c'est que la promesse faite au consommateur soit tenue, et là il reste encore un peu de boulot.

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  4. Est-il possible que Gourt de Mautens se soit planté sur un millésime ? Quand on reste soumis aux aléas climatiques et qu'on tutoie les étoiles ...

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    1. Je crois qu'il s'agit plutôt d'une histoire de parcelles plantées avec des cépages pour lesquels un pourcentage en surface relative (à la surface totale de l'exploitation) est requis

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  5. Dans ce cas, j'imagine qu'il s'agit de proportions fixées par les vignerons de l'AOC eux-mêmes et que ce domaine a déjà produit d'excellents vins sous ces contraintes ?

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  6. On est revenu sur l eviction de jj Dost et le changement de direction hier... Tu as raison nicolas, ça ne rigole plus a Rasteau. A lire ici : http://www.intothewine.fr/magazine/rencontre/jean-jacques-dost-le-fond-et-la-forme

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    1. C'est sur ton blog que j'ai appris que Dost était viré. Je le connais et, donc, ça m'a frappé.

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  7. En tous cas, pour les amateurs, c'est du Gourt de Mautens, du Jérôme Bressy, je pense qu'il n'a pas vraiment besoin de l'appellation pour vendre.

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  8. On comprend rien a` ces histoires. Son vin est il atypique de l'AOC Rasteau? Si oui pourquoi?
    Pour le reste si son vin est meilleur que les copains il n'a peut etre pas besoin de l'AOC. Par ex. c'est pas la peine de vendre un vin en cab-sav avec l'appelation Rasteau.

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  9. Tous les ans, on a de nouveaux exemples d’aberration de ce type...et tous les ans je me dis que sortir des AOC comme le font Mark et Martial Angeli a du sens s'il on peut le faire...pour dénoncer les dysfonctionnement du système.

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    1. En effet, c'est une démarche intéressante

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  10. Vive la connerie bureaucratique de ces personne qui tentent de niveler vers le bas.Encore une façon de décourager ces viticulteurs qui travaillent avec leurs coeurs et leurs tripes .
    Chapeau Nicolas de le citer!

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  11. Le cas Bressy est gravissime et hélas le signe de la progression tragique de ce concept stupide de typicité. Il y a vingt ans je disais que je tirais à vue dès que j'entendais le mot, aujourd'hui il faudrait remplacer le pistolet par le bazooka! On confond en effet typicité et stéréotype et la liberté de conscience est remplacée par l'esclavage de la norme. Les meilleurs en font les frais mais un jours nos appellations périront de médiocrité et de conformisme à la façon de nos grandes industries comme l'automobile ou le textile. Il est peut-être encore temps pour les viticulteurs de Rasteau de réintégrer le plus imaginatif et le plus talentueux d'entre eux. Michel Bettane.

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    1. Merci Michel de ce témoignage auquel j'adhère complètement

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    2. Dost vs Bressy ?

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    3. Je n'en sais rien, mais je ne crois pas.

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    4. Typicite' un vain mot? Certainement pas!
      Quand j'achete une boite de camembert au supermarche',
      je veux du camembert, pas du roquefort. Les AOC sont la pour ca.
      Qd je bois des Bourgognes je veux des vins typiques et surtout pas des vins qui ressemblent a` des Bordeaux. Qd je lis l'etiquette d'un climat, je veux ce climat!

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  12. L’exclusion de l’excellence (pardon pour tous ces x dans le texte), est décidément un sport national. Les entreprises françaises se sont fait une expertise de chasser pour hérésie quiconque perce leur plafond trop bas. Combien de gens talentueux, au lieu d’être reçus comme une chance par les structures qui les ont vus éclore, sont poussés dehors par les dites structures ?
    Cette aberration présente du moins une session de rattrapage : les entreprises s’achètent ensuite à prix d’or ce qui leur était offert. Le talent, subversif à l’intérieur, devient délectable quand, passé à l’extérieur, il a muté en sacro saint « think out of the box » et vaut beaucoup d’argent. Ça paraît absurde, économiquement ça l’est un peu, mais beaucoup moins que ce à quoi jouent les AOC.
    Au moins les entreprises peuvent-elles en payant profiter du meilleur, de l’innovation réussie.
    Tandis que les AOC n’ont aucun moyen de rattraper le talent chassé. Appellation d’origine contrôlée. Pas appellation de règle, mais d’origine. Si l’origine peut offrir demain mieux qu’hier : plus de génie, d’innovation délicieuse, de chances économiques, l’origine a un avenir. Mais une fois le génie, l’innovation et la chance congédiés, l’AOC reste toute triste, toute terne, toute bête, bornée. L’étoile née ici le voudrait-elle, même pour un pont d’or elle ne pourrait plus rétroéclairer ce qui l’a aidée à éclore.
    Et si les AOC pratiquaient, au lieu du culte de leurs règlements, la loi de la nature, la réciprocité : je t’ai aidé à naître au grand jour, tu m’aides à monter au firmament en me montrant la voie de l’évolution de mes statuts ?
    On peut toujours rêver en regardant filer les étoiles dans le ciel d’hiver où elles sont si rares.
    Zu

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    1. Magnifique commentaire et très juste analyse. Ce blog monte d'un cran, merci.

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    2. Faire de chaque cas un prétexte à généraliser n'est pas si rare, ici-bas

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  13. Jerome is an artist, who lives and suffers for his work. It is more than just making wine. It is the whole way of living a life. No wonder he has his admirers (including me) and his detractors. All appellations (sorry to us that word) need a Jerome. He is a cult among wine aficionados, the real wine referees. He helps to put Rasteau, a wonderful appellation, on the map. With or without Rasteau Jerome will survive. By now, they need him more than he needs them. The AOC system is silly, but which system isn't?

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  14. Que de justesse dans ces commentaires! Je suis de très près le cas de Jérôme et je mesure l'impact qu'une décision pareille peut avoir : d'abord psychologiquement, ne plus voir le nom du village d'où sa famille est originaire sur ses étiquettes, ça fait un choc. Sur le plan commercial, les conséquences sont effectivement pas aussi lourdes qu'elles pourraient être pour un jeune débutant. Toutefois, cela implique un effort accru de pédagogie auprès de ses clients. Cela représente du temps, surtout sur les marchés export.
    D'un point de vue plus large, de telles décisions renforcent l'idée que les AOC sont en train de se tirer une balle dans le pied. On aura bien compris que derrière cette décision qui pénalise directement Jérôme Bressy, on trouve un collectif de vignerons qui entend s'assurer que ses pratiques (irrigation, rendements élevés et grenaches faiblardes compensées par des syrah bien mûres) s'imposent comme un standard, tout comme les caractéristiques organoleptiques qui en découlent.
    Effectivement, le Rhône fait l'objet d'une reprise en main particulièrement sévère pour promouvoir la marque "Rhône", notamment sur les marchés américains. Tous les vins produits dans la vallée doivent offrir la même garantie de fruité, de densité… Bref, les crus, les villages n'offrent que des variations d'étiquetage. C'est donc finalement le contraire du mandat initial.
    L'INAO adopte le pilotage économique de la viticulture, au dépens du travail des vignerons engagés comme Jérôme ou de la défense de cépages minoritaires.
    Voir toutes les étoiles sortir du système des AOC souligne la faiblesse de ce dernier, véritable "homme malade." C'est hélas un recul du collectif,

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    1. Évidemment. Virer le meilleur de l'appellation, c'est pénaliser d'abord l'appellation.

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    2. L'ODG est un organisme geré par les vignerons qui a en charge de faire respecter les decrets d'appellation qui ont ete elaborés par les vignerons. il se peut que Jérome Bressy n'ait pas respecté le decret d'appellation Rasteau
      Si il n'est pas daccord avec celui ci il peut sortir de l'appellation si il ne le respecte pas il est exclu,rien de plus normal. En ce qui concerne JJ Dost il etait le directeur de la cave coopérative son eviction n'a rien à voir avec l'ODG et l'appellation Rasteau c'est un problème interne a la cave coop.

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  15. C'est qui les vignerons de l'appellation ou plutôt c'est quoi ce collectif? Qui a guidé leur main, qui a rédigé le cahier des charges de l'appellation après consultation de qui? une majorité, une minorité, une tête pensante. Qui s'estime propriétaire de cette appellation, la foule des médiocres (moyens en bon français) l'élite des meilleurs? Juge-t-on sur papier ou sur bouteille? Le prix de vente et la notoriété sont-ils des critères moins importants que les traditions bidon ou la myopie des des dégustateurs locaux? a-t-on simplement même intégré dans l'enquête préalable à la rédaction du décret les observateurs privilégiés et indépendants que sont les critiques de vins les mieux informés, les oenologues et agronomes les plus idéalistes et indépendants? Une appellation n'appartient pas à ses vignerons mais à la nation, propriétaire du concept de l'appellation et ses membres qui en ont la notion la plus exigeante ont autant le droit de dire leur avis sur les vins qui l'expriment avec le plus de force que les "anciens vignerons" qui n'ont que le mot exclusion dans la tête! Michel Bettane.

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  16. Bien dit ! J'ai été très surpris aussi lorsque j'ai appris ça !

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  17. Un grand merci à Michel Bettane pour cette mise au point aussi juste que vigoureuse

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  18. Tous ces commentaires font que Jérôme BRESSY aurait dû avoir la mention CRU ayant été l'avant gardiste d'un respect du vignoble de RASTEAU et restera l'ambassadeur de l'héritage de nos anciens qui ont sus donner la notoriété d'un vin. N'oubliez pas que toute civilisation s'identifie à son héritage.

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