Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



lundi 6 octobre 2014

La romanée-conti à 11 000 euros



Ah, bien sûr, c’est agaçant pour les spécialistes de la fin du monde.
Un lot de 114 bouteilles de romanée-conti, soit six bouteilles de chacun des 19 millésimes de 1992 à 2010, vendues aux enchères à Hong Kong pour 1,2 million d’euros, 11 000 euros la bouteille, acheteur inconnu.
Bon, voilà qui prouve deux choses.
Un, ce vin français tient le haut de l’affiche.
Deux, il y a un gars – ou une fille – qui vient de mettre un sérieux coup de polish à sa cave perso (cette chance de trouver 114 bouteilles d’un seul coup).

On a lu beaucoup de bêtises sur le « coup d’arrêt » porté aux vins français par la politique anti-extravagance du gouvernement chinois, on en a vu des Cassandre se repaître de l’idée que les exportations de vin français connaissaient un (très) léger tassement en Chine, on en a supporté des exégètes auto-proclamés qui vomissaient leur fiel sur tous les grands vins au seul motif de leur impécuniosité ou, c’est pareil, au nom d’une idéologie dépassée. Où l’on se souvient que parmi les cinquante vins les plus chers du monde, on ne trouve que deux bordeaux, les pomerols pétrus et le-pin, 38 bourgognes et un rhône (nord).

Moi, je suis ravi de voir que nos vins immenses provoquent un tel engouement, je sais que pour un milliardaire qui achète des bouteilles à 11 000 euros, il y a un public dense qui s’intéressera aux vins français, à tous les étages de l’argent. Que c’est une juste reconnaissance des performances de nos terroirs et de nos vignerons et que, derrière cette brillante locomotive, une foule de wagons porteront au reste du monde la bonne nouvelle. Le vin français va très bien.


La photo : une bouteille de romanée-conti avant habillage (sur le site du domaine) 



13 commentaires:

  1. Comme je n'aurais jamais la "chance" de déguster de tels vins je ne peut que réver devant une telle merveille. Si cela se trouve la personne acheteuse de ce lot n'en connait pas la nature juste le prix.
    Par contre affirmatif sur la baisse d'importations en Chine (- 3,5 %) il faudra peut-etre faire attention.
    Au plaisir de vous lire. UN petit amateur.

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    1. Ou peut-être s'agit-il d'un passionné richissime ? Qui sait ?

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  2. En espérant qu'elles soient toutes vraies

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    1. Il paraît que la provenance est certifiée.

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  3. Tanguy & Laverdure7 octobre 2014 à 10:39

    Un gars, ou une fille, a rempli sa cave de flacons qui font rêver. Peut-être. Ou un fond d'investissement qui vient de faire un juteux placement. Ou alors une organisation qui avait des millions qui n'existaient pas et vient de les transformer en actifs qui existent. Il ne faut pas limiter son imagination face à cet "acheteur anonyme".
    Car vous vous réjouissez de la bonne santé de la filière viticole française, et je m'en réjouis avec vous, Mais il se peut que cette vente soit l'arbre qui cache la forêt. La Romanée-Conti c'est du vin, mais pas seulement. C'est surtout devenu un actif fiable. Un bien avec une valeur établie. Valeur qui tend même à monter. Un bien dont la rareté est prouvée. Un bien dont on sait qu'il n'y en aura pas plus de 7000 nouveaux exemplaires par an. Un bien facile à transporter, facile à stocker, qui craint juste les écarts de températures. Et surtout un bien connu dans le monde entier. Un bien finalement au moins aussi désirable que de l'or. Et cette dimension là de la Romanée-Conti il ne faut pas la négliger. Certes, c'est toujours le vin qui fait rêver les amateurs du globe. Mais c'est aussi devenu un actif extrêmement convoité par les investisseurs, qu'ils soient personnes physiques ou institutionnels. C'est sans doute cela que cette vente couronne, plus que l'excellente santé du vin français.
    Après, il y a deux attitudes, la votre, positive, libérale, qui se réjouit de tout ce qui est richesse. Et celle de ceux qui ne pensent pas comme vous. Ceux que vous appelez les "impécunieux", les "haineux", les "idéologues", les "spécialistes de la fin du monde". Ceux qui se contentent peut-être simplement de ne pas être fasciné par l'argent. Sans envie ni haine. Ceux qui considèrent que le prix d'une bouteille n'est qu'un indicatif de marché. Une forme de réussite, certes, mais partielle. Un peu comme ces oeuvres d'art qui valent des dizaines de millions et finiront englouties dans les méandres de l'histoire. Est-ce beau ? Non, mais c'est cher. Ah, alors, c'est forcément beau !
    D'ailleurs, si les dirigeants de la Romanée-Conti pensaient comme vous ils stimuleraient la spéculation. Ils voudraient que leurs bouteilles se vendent 100.000 Euros. Mais ils ne le veulent pas. Sans doute parce qu'ils savent qu'il y a d'autres critères pour évaluer la valeur d'un bien qui est le fruit de leur travail et qu'ils voudraient destiné à être bu plutôt que stocké dans des ports francs en attendant d'être revendu dans des ventes événements. Sans doute parce qu'ils ont d'autres priorité que l'argent. Que le toujours plus d'argent. Sans doute parce qu'ils savent que les veaux d'or finissent par se retourner contre ceux qui les ont conçus. Et aussi contre ceux qui les ont admirés avec beaucoup de véhémence et d'emphase.
    Moi je ne suis pas certain que le vin français aille si bien que ça. Que 114 bouteilles de Romanée-Conti se soient vendues 11000 Euros pièces fera sans doute plaisir à quelques marquis de hubs aériens. Ca fera aussi plaisir à ceux qui en ont dans leur cave et se réjouissent de posséder un tel patrimoine. Ca devrait aussi flatter l'égo de ceux qui les boivent. Mais le viticulteur français, lui, je crois, dans sa grande majorité, s'en fout un peu. Il se réjouit peut-être pour ses collègues de Vosne-Romanée. Mais il a d'autres chats à fouetter. Il a d'autres critères pour savoir si le vin français va bien ou pas. Le vin français c'est 70.000 exploitations viticoles. Pas 114 bouteilles de Romanée-Conti vendues à Hong-Kong.

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    1. C'est vrai qu'on est bien loin du vin avec ces histoires... C'est presque paradoxal car DRC reste un bon vin.

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    2. Oui, malgre quelques millesimes faibles, mais ca ils y peuvent rien.

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  4. Faut etre idiot pour payer de sa poche une bouteille de piche 11000 euros. En plus DRC y'a plein de faux.

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  5. Etre vigneron n'est pas une profession obligatoire et hélas on a eu trop tendance par le passé à venir en aide à des viticulteurs (principalement coopérateurs) en difficulté,même si ces difficultés relevaient de leur responsabilité (qualité médiocre ou commercialisation maladroite). Je ne connais pas le cas d'une production de qualité qui n'arrive pas à trouver preneur pour peu que le producteur se bouge un peu pour la faire connaître. Quant à ceux qui récoltent par choix personnel un quart de récolte parce qu'ils ont perdu du raisin ou dont le vin ne plait qu'à une minorité incapable d'acheter toute la production, un jour ou l'autre ils disparaîtront avec la possibilité quand même de changer de métier! Bettane.

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  6. "Je ne connais pas le cas d'une production de qualité qui n'arrive pas à trouver preneur pour peu que le producteur se bouge un peu pour la faire connaître."

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