Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mardi 4 décembre 2012

Six millésimes de brunello vandalisés



Dans la nuit de dimanche à lundi, des voyous ont vidé dix foudres de brunello di montalcino pour une contenance totale de 62 000 litres, soit la production de six millésimes, 2007 à 2012. L’affaire se passe à Montalcino chez un vigneron-star de l’appellation, Gianfranco Soldera, qui commercialise ses vins après six années en foudre. Son domaine s’appelle Case Basse. Pour mémoire, il fût l’un des rares à sortir le scandale des faux brunello-di-montalcino, il y a quelques années.
Vendetta à l’italienne ?
Tenant d’une ligne stricte de l’appellation, c’est-à-dire des vins composés à 100 % de sangiovese, il n’est pas exclu que cette prise de position lui ait valu quelques inimitiés. Le succès que Soldera rencontre dans le monde entier avec son brunello vendu autour de 150 euros la bouteille montre bien que ces vins assez peu colorés et d’une grande finesse, loin des brunellos noirs et bodybuildés défendus par Suckling à une époque, sont une expression juste du sangiovese. Toutes choses de nature à provoquer de la jalousie. Là comme ailleurs, le succès des excellents dérange les mauvais.



Je n’ai jamais goûté les vins de Soldera, mais beaucoup ceux de Claudio Tipa (Poggio di Sotto) ces derniers jours, un brunello élaboré sur les mêmes principes. Ce sont des merveilles de dentelles et de soyeux. Répandre six millésimes sur le béton du chai est un crime. En plus, les voyous n’ont pas emporté de bouteille. Même pas une pour boire un coup après l’effort comme tout bon travailleur. Décidément…

ON SAIT QUI C'EST (MISE À JOUR DU 20 DÉCEMBRE 2012)
La police italienne a fait le boulot et identifié le coupable en moins de trois semaines. Bravo, les carabiniers. C'est un employé du domaine Soldera, vexé par une remarque de son patron et jaloux d'un autre employé, qui a ouvert les vannes. Tout ça pour ça. Quelle misère.

QUATRE ANS DE PRISON (MISE À JOUR DU 23 MARS 2013)
Finalement, le vandale n'a pris que quatre ans ferme et il fait appel. Lire ici l'article du Los Angeles Times (en anglais)

Lire les détails ici (en italien)
Une affaire aussi scandaleuse, mais en France, ici

Les photos : viennent du site de La Nazione et de celui de WA (Wine Anorak)

9 commentaires:

  1. Les Poggio di Sotto que l'on goûte sont encore ceux du grand Piero Palmucci.. Claudio Tipa a acheté le domaine en 2011, sagement sans faire des vagues.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Moritz, tu as raison et je le savais, mais je ne savais pas le nom du précédent propriétaire que Claudio a mis cinq ans à convaincre de lui vendre Poggio di Sotto.

      Supprimer
  2. D'ailleurs, c'était très suave de voir Soldera et Tipa dîner ensemble quasi en tête à tête lors du gala dinner au dernier WWS.. et pour moi l'occasion rare d'oser l'approcher pour lui faire goûter un Caberlot 2002. Nous avons le même importateur au UK, Zubair Mohammed. Plus old-school il n'y a point. Une petite caisse va prendre la direction de Case Basse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça, Moritz, c'est très chic de ta part, bravo.

      Supprimer
  3. Oui, c'était très étrange cette table où ils n'étaient que eux.
    Beau geste, Moritz !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. François, quand je pense que j'ai croisé Soldera au Davos trois ans de suite sans savoir qu'il était un vigneron extrême… Je ne l'ai pas reconnu sur les photos de presse et tout de suite remis sur les photos de ton blog. Bon, j'espère qu'on le verra next year.

      Supprimer
  4. Oui : il sera là. Compte sur moi pour cela !

    Non seulement il est là chaque année, mais c'est qu'il me convoque toujours avant chez lui pour discuter … des sujets à discuter à Villa d'Este.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ça, c'est un sujet qui devrait être débattu. On va trouver le temps.

      Supprimer
  5. Bravo pour l'article Nicolas. La fin du monde a donc bien eu lieu pour certains. Ca fait peur quand même. Revenant d'un déplacement en Toscane, je peux dire que Brunello est une appellation de plus en plus décriée. 10 domaines il y a 20 ans, 150 aujourd'hui, l'appel du gain sans doutes, les jalousies, puis des scandales à répétitions. Cela ne va pas arranger les choses de voir un de ces fleurons durement touché. On pourra toujours se raccrocher à Plan Dell Orino ou aux vins de la comtesse Stella.

    RépondreSupprimer