Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



jeudi 27 novembre 2014

Elle est où, la solidarité ? (dans ton cul)

Rappel des faits.
On est en juillet 2013. Un violent épisode de grêle met en danger les exploitations viticoles les plus fragiles. Un mouvement de solidarité se dessine et de généreux contributeurs essaient de venir en aide aux vignerons sinistrés, chacun envoie son chèque. Les syndicats d’appellations tentent d’organiser cette solidarité.
Seulement voilà.
Lisez le courrier sur la photo (cliquez pour agrandir).



Honteux, non ?
« Dans quel monde on vit ? » s'interroge l’ami écœuré, avec son chèque autour du cou, qui m’a adressé cette photo. (Où l’on apprend au passage que les dons sont taxés à 60 % et il se trouve encore des gens qui ne comprennent pas pourquoi tant de jeunes adultes choisissent l’exil) (bravo au syndicat de Pomerol qui balance la vérité avec ce courrier circulaire).

Si vous aussi, vous trouvez que ça suffit comme ça, que cette administration est complètement dépassée par la réalité, que la charité de l’État n’est pas réservée à une catégorie, que chacun a le droit d’être secouru quand les circonstances l’exigent, même un vigneron, dites-le en déposant un commentaire sur cette page. Attention, pas de grossièretés, vous vous croyez où ?

Mon commentaire à moi, ce serait de demander les noms des fonctionnaires, de leurs chefs, des chefs de leurs chefs, de ces gens qui ont le culot d’ânonner des réponses pareilles du fond de leurs bureaux, je voudrais que les pros de l’émotion indignée aillent faire une interview au service des impôts de Libourne (je suppose) et que les responsables argumentent leurs tristes décisions, qu’ils disent au nom de quel intérêt supérieur « l’administration fiscale n’a pas accepté de transiger ». N’a pas accepté de transiger. Énorme.
Et si c’est juste une vendetta locale, une querelle de clocher, une petite embrouille minable, qu’on le sache. Si ça se trouve, ils ont de bonnes raisons. Vous n’en croyez rien, mais ça vaut le coup de vérifier.
Moi, c’est ça que je voudrais. Savoir pourquoi c'est impossible d’aider les plus affaiblis dans ce pays prostré.
Et vous, que voulez-vous ?


29 commentaires:

  1. Vraiment bizarre cette histoire que je rapproche de l'initiative de Stéphane Derenoncourt qui avait lancé une vente aux enchères dont le produit a été intégralement remis aux vignerons en difficulté sans, autant que je sache, que les zeus de Bercy aient taxé quoi que ce soit.
    Un juriste-fiscaliste dans la salle ?

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    1. Je confirme le produit de la vente aux enchères a été intégralement remis aux vignerons en difficulté. Rien n'a été taxé.
      Nous avions ouvert un compte à cet effet, et la totalité de l'argent récolté a été redistribué.

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    2. Merci de cette confirmation, Stéphane.

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  2. Rappelle toi Nicolas, "le changement...", c'était annoncé plus d'un an avant.
    Et encore plus visionnaire, la célèbre phrase d'Henri Krasucki : "il faut prendre l'argent là où elle est (sic)".
    Ils ne prennent donc personne par surprise.
    Avaient-ils peur que les organismes de défense fassent un usage détourné de ces dons ?
    Après les tempêtes, des mouvements de solidarité avaient permis à des équipes bénévoles de remettre en état les vignes endommagées.
    Curieux que la DIRECCTE n'ait pas condamné les bénéficiaires pour travail dissimulé.
    Car l'entraide entre voisins ou parents est également taxée.
    Jean-Marc Reiser avait raison : "nous vivons une époque formidable".
    Et il est important de ne pas laisser passer un sou facile à prendre.
    La culture de l'effort, tu sais, dans certains milieux...

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    1. Merci, Christophe. C'est curieux, en effet.

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    2. Bonsoir, lire l'article du Blog du château Hourbanon dans le Médoc, ou sur sa page Hugues Hourbanon, là un viticulteur du nord du Médoc propose à ses confrères de donner chacun 2 hl pour compenser les pertes des vignerons grêlés, un grand à refusé, édifiant. Chacun pour sa pomme, mais la roue tourne / Loïc SIRI

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    3. Petite merdage tristement humain. On en connait plein.

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  3. Le coup des 60%, ce n'est pas comme les dons faits aux associations ? 60% à déduire des impôts... La phrase est assez alambiquée, mais je pense que ça signifie cela.

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    1. Je n'ai qu'une envie, que vous ayez raison et moi, tort. Hélas, j'ai bien l'impression que ce n'est pas le cas. Les syndicats d'appellation ont retourné les chèques aux donateurs, donc, c'est que ça coince.

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  4. Donc l'État veut que nous aidions les associations, et pas les petits entrepreneurs. C'est vrai que les associations, ça n'a pas de but lucratif, ça ne dégage pas de bénéfices, ça ne paye pas d'impôts alors faut tout faire pour qu'il y en ait tant et plus. Mais des petits entrepreneurs qui composent avec les aléas météo dans le métier d'agriculteur - le plus fragile de France quand ce sont des petites exploitations, non, ça non.

    Ces petits viticulteurs attaqués par la grêle, qu'ils deviennent donc chômeurs - là, c'est bien, l'État sera même content de payer. Bon, c'est pas sûr qu'ils aient droit au chômage alors ils iront aux Restos du Coeur, là aussi ce sera bien, on pourra faire des dons et l'État nous paiera pour ça, en déduction d'impôts.

    Mais faut quand même pas qu'ils croivent qu'ils vont recevoir de l'aide POUR continuer de travailler, ce privilège. Surtout que leur travail contribue à alimenter le 2e poste d'excédent budgétaire français et ça, on n'aime pas. Le pire, c'est que pour un peu ils en profiteraient pour contribuer aux vestiges de prestige que la France peut avoir dans le monde. La honte, pas bien, pas permis, taxé.
    Zu.

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    1. Je peux digresser ?
      Allez, quoi.
      Pendant ce temps, les travailleurs saisonniers espagnols qui ont fait les vendanges (eux) remplissent les documents pour toucher le chômage.
      En France, bien sûr.
      Mais eux, ils les ont faites, les vendanges.
      Ils étaient 15.000 annoncés à Bordeaux cette année.
      Pendant que les chômeurs français touchaient le chômage sans s'en occuper, des vendanges.
      Et ça n'a l'air de déranger que moi.
      15.000 emplois...
      Au moins, ils ont le mérite de mettre de l'ambiance dans le quartier, car l'Espagnol est volubile, enjoué, vivant.
      Il met de la musique, il chante, il frappe dans ses mains.
      Et il accepte les boulots physiques dont le secteur agricole a besoin pour produire nos bons vins, entre autres.
      Je sais pas.
      Il y a un truc que je ne comprends pas.

      Que cela ne t'empêche pas de réaliser un très beau salon, Nicolas.
      Au nom de la belle viticulture française.
      Qui se lève tôt le matin pour travailler ses vignes et ses vins.

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    2. Ce n'est pas une digression, Christophe. C'est un développement. Merci pour ça.

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    3. Qu'Est-ce que vous ne comprenez pas dirpauillac ?

      Que l'Espagne est dans une bien plus grosse mouise que la France et que niveau salaire c'est loin du smic français ?
      Pourtant avec 20-25% de chomeurs en Espagne (40% chez les jeunes), ce sont les Marocains qui font les fruits en Andalousie... allez savoir.

      Que le chômage, si on ne travaille pas... on ne le touche pas (ça marche aussi pour les chomeurs français) ?

      Que pour le toucher il faut avoir bosser 4 mois minimum (à moins que pour les vendangeurs de 15 jours, il y ait des dérogation mais l'alloc doit être bien faible...). 4 mois de boulot = 4 mois de chômage, 66% du salaire net, 1er mois rien. Si mes souvenirs sont bons.

      Il y a plein de choses difficile à comprendre. Mais les réponses ne sont pas simplistes et on va éviter les raccourcis populistes.

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  5. Je crois que c'est le choc de simplification.
    Avant il y avait les dons subventionnés par l'État.
    Maintenant il y a en plus les dons ponctionnés par l'État.
    Comme ça, on sait pas trop si c'est simple, mais on est sûr que c'est un choc
    Ano

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    1. Très drôle (si ce n'était pas consternant)

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  6. Je partage! C'est assez drôle de voir des adultes découvrir que les dons sont taxés... ça vous en bouche un coin n'est-ce pas? En ces temps de "trou-du-culterie" gouvernementale caractérisée partager ce genre d'info a au moins vertu de défouloir!

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  7. Et que pensez-vous de cela :
    Une autre forme de solidarité est attaquée, mais pas par l'état, cette fois.
    http://www.vitisphere.com/index.php?mode=breve&id_breve=71638

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  8. Il me semble que pour que les dons ne soient pas soumis au régime fiscal en question, il aurait fallu en premier lieu que la préfecture déclare un état de catastrophe naturelle suite aux épisodes de grêle. Est-ce le cas ? A-t-elle reçu une telle demande ?

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  9. J'ai quitté la France il y a 12 ans, mais ma cave est remplie de vins de Bourgogne (ma région). Je ne reviendrai dans mon pays que lorsque la classe dirigeante (celle en place depuis Pompidou jusqu'à maintenant) aura fui le pays ou aura été incarcérée. En attendant, j'attends patiemment le français en uniforme qui reprendra les rênes, de gré ou de force.

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    1. En uniforme ? Vous êtes sûr ? En France ?

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    2. Allusion au Général de Gaulle, sans doute.

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    3. Sans doute, oui. Et puis, non, le commentaire ci-dessous…

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  10. La démocratie est pervertie. La fin de la Ve ressemble à la fin de la IIIe. Pour reprendre en main le pays, la France a effectivement besoin d'un grand coup de balai que seul un militaire français (pas étranger et encore moins allemand) pourra faire. C'est triste mais c'est comme cela. Et pour info, je suis très très loin d'être le seul expat. à avoir fait le deuil de cette démocratie là. alors j'attends, comme mes vins dans ma cave qui peuvent certainement attendre beaucoup plus longtemps que la patience et le porte monnaie du peuple de France.

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    1. Je ne suis pas certain que laisser de tels commentaires donne une image positive du blog. Même Poujade aurait tempéré.

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  11. Exactement ! Et quand on voit certains messages bien plus tempérés et argumentés être tout bonnement "modérés" ou censurés, cela renforce cette image négative.
    Dont acte !

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