Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



mercredi 4 septembre 2013

« Pas de philosophie dans le vin »



Dans un texte intitulé « Pas de philosophie dans le vin », Michel Bettane s’attaque à quelques-uns des néo-préjugés les plus à la mode du moment. J’en publie un court extrait qui me semble de nature à intéresser ceux qui s’amusent d’une boîte à gifles largement ouverte.

« Une génération de viticulteurs croyant au « progrès » et persuadée que le recours à la chimie et à la mécanisation progressive du travail permettrait de produire davantage, à moindre coût et sans perte de qualité, n’a fait que dégrader les sols et banaliser son vin soumis aux règles d’une œnologie triomphante, indifférente à l’origine. 
Les viticulteurs les plus idéalistes de la génération suivante, dans leur volonté de racheter les fautes de leurs prédécesseurs, ont donné à la nature trop d’importance, dans un mouvement de balancier inverse, comme ce n’est que trop humain. Ils se persuadent avec une naïveté désarmante que la nature est toujours plus juste et plus morale que l’intelligence humaine. Leurs vins “ nature ”, les fameux “ sans, sans, sans ”, soumis aux hasards du climat et du ferment, étrangers au meilleur des traditions et du style conquis de haute lutte des appellations historiques, séduisent une partie du public, déculturé (vive notre école) et succombant à l’attrait des mots qui définissent la “ philosophie ” de ces “ rebelles ” du “ goût vrai ”. Il est sûr que le caractère stéréotypé de certains vins “ de luxe ”, noyés dans le bois neuf et l’exagération volontaire des saveurs et des odeurs ne vaut guère mieux que l’imprécision et les défauts des vins “ nature ” mal faits. 
On admettra donc que les journalistes et les critiques se laissent séduire par les uns ou les autres, ayant à juger de plus en plus vite et de plus en plus tôt des vins commercialisés beaucoup trop jeunes. Cette course à l’information renforce leur tendance instinctive à projeter dans le vin leur propre idéologie et leur propre goût. Leurs préjugés dictent des généralisations abusives du genre “ les bordeaux sont ennuyeux ” ou “ seuls les vins d’artisans et de petite propriété familiale respectent le terroir ”. Personne, bien entendu, n’est obligé de suivre ce type de raisonnement infantile. »

Le début et la fin de ce grand texte se lisent dans le nouveau Guide Bettane & Desseauve ou sur le site MyBettaneDesseauve.fr