| Le Pont-Marie noyé de pluie, avant le TupperWine |
En cette nuit de tempête, nous avons rendez-vous sur un bateau. Une péniche amarrée sous le Pont-Marie. C’est là que Fabrice Le Glatin reçoit le monde pour un énième TupperWine. Un TupperWine, au-delà du clin d’œil malin, c’est une réunion d’amateurs organisée par Fabrice le blogueur pour initier qui veut aux arcanes de la dégustation. Fabrice y ajoute un goût prononcé pour les vins les moins connus des régions les plus ignorées. Ce qui, forcément, provoque un intérêt accru. Ce soir-là, il affichait complet et nous voilà dans le grand carré d’une péniche doucement secouée par les vagues des bateaux-mouches. Il y a la petite foule habituelle des amateurs, on reconnaît ici et là des amis Facebook, c’est amusant, en moins réseau et plus social, on ne se parle pas trop, timides ? Il y a aussi Philippe Betschart, vigneron bordelais (Graves de Viaud), Bruno Besson, alter-caviste à Ermont venu sans son garde du corps rennais, Théophile fils d’Henri Milan, fameux vigneron provençal, un jeune blogueur vice-champion du monde de dégustation à l’aveugle lors du Concours Pol Roger (bref, une pointure, son blog ici).
Pendant que la dégustation se met en place, nous parcourons la péniche. D’un côté, l’autoroute urbaine des voies sur berge, de l’autre les façades altières, historiques et un peu tristes de l’île Saint-Louis. Ce qui m’évoque les ferries du Dodécanèse, les Turcs regardent la côte (turque) et les Grecs regardent le large. Nous ne regardons rien, il pleut des cordes, on n’est pas en Grèce.
Premier vin, un blanc de Loire, un muscadet qui ne ressemble pas trop à un muscadet, un vin que je connais bien et que je ne reconnais pas du tout. La température, peut-être. Ce soir-là, dans ces conditions-là, ce vin-là, cette bouteille ne m’évoquait rien. Le cépage : melon de Bourgogne. C’est l’amphibolite-nature de Jo Landron.
Ce TupperWine est consacré à six vins mono-cépage, trois blancs puis trois rouges. Le deuxième blanc, fort en couleurs, un poil oxydé, pas très bien en place, est un carignan blanc, il s’agit de Lune Blanche, un vin de Daniel Le Conte des Floris. Au troisième blanc, on évoque l’exotisme des cépages-klaxons. C’est un viognier du domaine Monier, un VDP des côtes rhodanésiennes, euh… rhodaniaises, euh… rhodésiennes. On est perdu, tout d’un coup. Avec le léger roulis de la péniche, on affiche perte de repères sur nos GPS internes. Dieu merci, un géographe en provenance d’Ermont, dans le Val d’Oise, remet chacun dans ses marques en lâchant un « rhodaniennes » salvateur.
Aux rouges, maintenant.
| Le Pont-Marie noyé de pluie, après le TupperWine |
D'autres TupperWines racontés ici, ici et là