Les aventures du Guide Michelin ne m’intéressent pas beaucoup. De loin en loin, je reconnais un cuisinier distingué par l'institution, mais pas plus. Ainsi de Philippe Mille, au Crayères à Reims. Il décroche une deuxième étoile. Je pense qu’elle est largement méritée, il a sorti l’admirable maison de l’impasse dans laquelle l’avait mené le précédent cuistot, jamais en phase avec sa clientèle ou avec le champagne. Souvenons-nous toujours qu’un cuisinier n’est jamais seul. Aux Crayères, moins qu’ailleurs. Il y a un propriétaire (Thierry Gardinier), un patron (Hervé Fort) et un sommelier. Là, il a bénéficié de la complicité intelligente de Philippe Jamesse, le sommelier, très éminent spécialiste du champagne. Compétent au point d’avoir créé une ligne de verres magnifique. Ce sont ses verres sur la photo, prise lors d’un déjeuner de présentation du dernier millésime de La Grande dame de Veuve-Clicquot, à l’hôtel du Marc finalement restauré. Un grand moment où l’on avait aussi découvert un vin hors-commerce, un côteaux-champenois (rouge tranquille) assemblage épatant de trois ou quatre millésimes du début des années 80. Un rouge de rêve. Merci Dominique Demarville de m’avoir fait ce plaisir-là.
Cette ligne de trois ou quatre verres d'une beauté et d’une légèreté inhabituelles donne toutes leurs chances à tous les champagnes, selon leur âge, leur assemblage, leurs caractéristiques. Pour faire bonne mesure, Philippe Jamesse a voulu des verres pas chers. À douze euros pièce, c’est réussi. Et Veuve-Clicquot n’est pas la seule maison de Champagne à avoir adopté les « Jamesse ». Charles Heidsieck avait ouvert le bal.
Pour savoir où trouver les verres de Jamesse, appelez les Crayères au 03 26 24 90 00 ou faites un tour sur le site.