Le blog de Nicolas de Rouyn

Bonjour.
Ceci est un blog dédié au vin et au monde du vin, qu'on appelle aussi le mondovino. Et à tout ce qui entoure le vin, les belles tables,
les beaux voyages, les tapes dans le dos et les oreilles tirées.
Cela posé, ce qu'on y lit est toujours de-bon-goût-jamais-vulgaire,
ce qui peut plaire à votre mère. Dites-le lui.
(Only dead fish swims in ze stream).
Les photos sont signées Mathieu Garçon, sauf mention. Pour qu'elles soient belles en grand, il suffit de cliquer dessus.
Au fait, il paraît que "l'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération".
Nicolas de Rouyn



jeudi 28 novembre 2013

Fricote, le magazine en papier
avec de l’e-magination dedans




Fricote, le magazine qui ringardise les blogs food, livre son 13e numéro. Toujours aussi bien fait, c’est un délice pour l’amateur de belles maquettes, de belles photos, de textes drôles et intelligents. Je ne m’en lasse pas, je trouve que ce magazine est un modèle indispensable.
Voici ce qu’ils nous disent pour le lancement de ce numéro 13 :
« Même en le demandant très fort à Zoltar, rien n’y fera, nous sommes bien dans une nouvelle ère : le temps des portables à table, des copains partageurs et de la bonne franquette virtuelle qui nourrit l’e-magination. Clic. C’est dans la boîte. Vous lirez dans ce numéro que chacun a ses raisons, ses positions sur le "food snapping", l’anglicisme qui crée le schisme. Allez, mangez tant que c’est beau. »
Eux, ils sont modernes à fond avec infiniment d’esprit.
C’est tout ce qui compte à la fin.


lundi 25 novembre 2013

Michel Creignou est mort




Michel Creignou est mort, terrassé en peu de mois par une de ces maladies qui ne vous laissent pas le temps de discuter.
Michel Creignou était un épicurien élégant, discret et raffiné, un amoureux de la vie et de tous ses délices, un dégustateur émérite, un mec charmant, spirituel et drôle, un compagnon épatant et léger, à table comme en voyage.
Bref, un être humain de grande qualité.
Quand j’ai fait irruption dans ce métier, il a fait partie des quelques-uns qui m’ont bien accueilli, une courtoisie dont je lui ai toujours su gré.

Il me revient le souvenir d’un moment partagé avec lui chez Madame Gasqueton, au château Calon-Ségur à Saint-Estèphe.
La conversation roulait tout doucement et, pour la meubler, notre ami Michel Creignou, bon connaisseur du vignoble, posa à Madame Gasqueton la question suivante, à propos des Bouygues à Montrose : « Que pensez-vous des grands travaux entrepris dans l’une des belles propriétés de Saint-Estèphe ? » Elle n’eut pas besoin de réfléchir, elle savait déjà ce qu’elle en pensait et, du tac au tac : « Il vaut mieux que chacun reste à sa place. » C’était pour ce genre de déclaration excessive qu’elle était diversement appréciée. Moi, évidemment, le côté politiquement incorrect m’avait enchanté. Dans la voiture de retour, Creignou et moi, étions tout gondolés de rire. Puis, nous nous étions arrêtés chez un charcutier de Pauillac qu’il connaissait bien et là, il a fait son marché. Et le mien.

Adieu, Michel. Tu nous manqueras beaucoup.


Le off du Grand Tasting, ça prend forme

Tous les grands événements provoquent un off important. Regardez le Festival de Cannes. Le Grand Tasting, c’est pareil. Cette période est propice aux événements Vin.
La saison a commencé avec Vin sur Vin fait salon, le petit salon organisé par le blogueur Fabrice Le Glatin sur une péniche dans l’un des plus beaux décors du Paris historique. C’était beau et c’était bien et le côté confidentiel collait bien à l’intention.
Bientôt, c’est Philippe Cuq qui inaugure sa nouvelle cave, Le Lieu du vin, du 4 au 8 décembre au 3 de l’avenue Gambetta à Paris, dans le 20e. Un garçon sincère avec une belle sélection, allez-y en confiance. Déjà, Allcool a ouvert au 123, boulevard Voltaire dans le 11e. Là, les vins sont sélectionnés par Bettane+Desseauve.
On attend à tout moment l’annonce du prochain Grunge Tasting cher à nos radicaux préférés. Paris fête le vin, en somme. Ce n'est pas tout.



Le Grand Tasting ouvre ses portes au Carrousel du Louvre le 6 décembre pour la Saint-Nicolas, l’attention est charmante, merci.
Le même jour, le Premier ministre fourgue quelques bouteilles chères pour en acheter des pas chères à la place, dommage pour les visiteurs étrangers. Déjà, ils ne se pressent pas à Matignon, mais là… Après le Maire de Paris et le Président de la République, il donne ainsi un exemple aux Français sur le thème « serre-toi la ceinture », une idée neuve, un timing parfait, on sent la maîtrise.
Je me demande si je ne vais pas faire pareil, moi, à la fin. J’hésite encore. C’est vrai, quoi, on ne peut pas continuer comme ça alors que plein de milliardaires n’ont à peu près rien à boire de convenable. J’hésite encore un peu, hein. À moins que j’aille faire un tour à Drouot pour cette vente de la cave de Matignon.

vendredi 22 novembre 2013

Si c’est défendu, c’est que c’est bon




Un caviste qui ouvre, c’est un peu d’obscurantisme qui ferme, me direz-vous. Oui, mais bon. On ne célèbre pas chaque ouverture. Par exemple, mon nouvel ami Philippe Cuq ouvre son « Lieu du vin » à côté de chez moi, devenant ipso facto mon caviste de référence et je n’en fais pas une communication à l’académie pour autant.
Là, c’est autre chose.
Un garçon très entreprenant ouvre aujourd’hui le premier maillon d’une chaîne qu’il souhaite mondiale et peut-être même interplanétaire, va savoir. Ça s’appelle Allcool. En soi, déjà, c’est très drôle. Poussant la provocation un cran plus loin, « Si c’est défendu, c’est que c’est bon » devient son accroche. Et là, on touche les étoiles, on a les yeux qui brillent, c’est Noël. Répétez en boucle : Si c’est défendu, c’est que c’est bon, Si c’est défendu, c’est que c’est bon, Si c’est défendu, c’est que c’est bon, Si c’est défendu, c’est que c’est bon, Si c’est défendu, c’est que c’est bon…
Bravo donc à Charles de Mercy (c’est lui le coupable) d’envisager la vie du vin sous cet angle carrément adorable.
Dernier détail. Vous pouvez vous y précipiter les yeux fermés puisque Charles a confié à Bettane+Desseauve le soin d’élaborer la sélection des vins vendus chez Allcool. Et c’est aussi une première.
Et n’oubliez pas, surtout toi : Si c’est défendu, c’est que c’est bon.
Merci, Mercy.

mercredi 20 novembre 2013

Le magnum est l’arme secrète du grand vin
(size does matter)




« Quelle est la différence entre une bouteille ? » aurait pu dire Coluche. « Un format idéal à deux, surtout quand l’autre ne boit pas », les blagues d’après-boire cachent toujours une vérité. Les grands amateurs n’ont jamais douté des qualités du magnum et, maintenant, tout le monde en veut.
En fait, la différence entre une bouteille et un magnum est énorme. Le magnum (1,5 litre) est le contenant qui favorise le vieillissement harmonieux du vin sous verre. Pourtant, la bouteille (75 cl) est le format le plus couramment rencontré. La vie à deux est la coupable. Peu à peu, les choses changent et le magnum devient un objet de mode, même si la vie à trois n’est pas des plus pratiquées. Il y a d’autres raisons.
L’évidence, d’abord, plus grand, c’est plus cher, plus valorisant et d’un meilleur rapport pour le commerce. Joël Robuchon, dans son restaurant L’Atelier à Paris, a eu le premier l’idée de servir les vins au verre à partir de magnums exclusivement. Chaque jour, un magnum de blanc et un autre de rouge était proposé à la clientèle. 25 euros le verre, il semble que c’est plus acceptable quand il vient d’un magnum. Dans le même ordre d’idées, le magnum est devenu le cadeau « vin » le plus satisfaisant pour celui qui donne comme pour celui qui reçoit. Grosse bouteille, gros cadeau, c’est facile à comprendre.
Au niveau organoleptique, qui n’est pas le moins intéressant, quelques spécialistes ont poussé la réflexion et sont arrivés à des conclusions passionnantes. Ainsi de la maison Bollinger qui a relancé son brut dans une forme de bouteille ancienne retrouvée dans les caves de la maison et qui date de 1846. Peu à peu, toute la gamme sera commercialisée dans cette bouteille à la forme d’un… « petit magnum », justement. Voici ce qu’en disait Mathieu Kauffmann, chef de caves de Bollinger à ce moment-là : « Approchant l’équilibre parfait d’un “petit magnum“, avec un col plus fin et une base plus large, le flacon 1846 ralentit très légèrement l’échange d’oxygène et offre une qualité de vin supérieure. » Une bonne raison technique pour une forme d’une belle élégance ? Il n’y a pas d’équation plus favorable. Naturellement, le magnum correspondant à ce « petit magnum » est épatant, il fait très envie, c'est aussi ce qu'on lui demande. En tous cas, il n’y a pas de format plus désirable que le magnum.
S’il parle d’opulence, il dit le plaisir et ceci explique mieux que toute autre considération l’engouement dont il est l’objet depuis quelque temps. Plus gratifiant, plus statutaire, plus opulent, entre un magnum et une simple bouteille, il y a un peu plus qu’une différence de taille.

La photo : Le magnum et le « petit magnum » (75 cl) ou comment appliquer les qualités du grand au petit. Photo Fabrice Leseigneur.
Cet article a été publié sous une forme différente le 7 novembre dans Série limitée, le supplément mensuel du quotidien Les Échos.

 

lundi 18 novembre 2013

Nouveau. L’étiquette de mouton 2011

En voilà du « breaking news ». Un lundi ordinaire dans une France « apaisée », des fusillades dans tous les coins, prise d’otages, déclarations solennelles de partout, un gars sur le carreau, grèves, manifs et paf, c'est Mouton-Rothschild qui informe le monde haletant de curiosité de sa nouvelle étiquette pour le millésime 2011.



Là, deux attitudes. L’investigation ou le copié-collé.
J'hésite. Mais pas longtemps.
Donc, voilà ce qu’en dit le blog d’iDealwine : « Le visuel du millésime 2011 a été confié par la baronne Philippine de Rothschild au peintre et sculpteur Guy de Rougemont.
Peintre, sculpteur français, Guy de Rougemont a toujours cherché à abolir la frontière entre les deux disciplines. Ses œuvres monumentales sont implantées sur de nombreux sites publics : places, parvis, rues, autoroutes… Épris de couleurs vives et chaudes, qu’il inscrit d’abord dans des figures géométriques régulières, il se tourne ensuite vers la « ligne serpentine », dont les sinuosités soulignent ou tempèrent les contrastes d’ombre et de lumière. Son dessin pour le millésime 2011 de Château Mouton Rothschild, s’inscrit dans la droite lignée de cette « ligne serpentine » : de l’or au rouge sombre, de la clarté des vignes ensoleillées à l’obscurité des caves, Rougemont nous fait parcourir en couleurs toutes les étapes de la naissance d’un grand vin. »
Super, non ?
En même temps, quand on regarde l'œuvre, on se demande si c'est pas un fake. Mais bon, je ne suis pas critique d'art contemporain, hein.

Plus d’info, ici 

 

Ils ont gagné un coffret du Château Montlabert

De nombreux lecteurs de Bon Vivant ont répondu aux cinq questions pour tenter de gagner un coffret Montlabert.
Voilà les gagnants :
Etienne Hrvt
Olivier Belet
Shirley Jagle
Théo Torrecillas
Patrick L
Bravo à nos cinq gagnants. Pour info, d'autres avaient trouvé les bonnes réponses, mais n'ont pas indiqué d'adresse mail. Une réponse incomplète et c'est raté. Désolé.



Les réponses aux questions :
- Qui est le nouveau propriétaire de Montlabert ? Châteaux et domaines Castel
- Le Château Montlabert est-il classé ? Non, c’est un saint-émilion grand-cru
- Qui est le consultant de Montlabert ? Hubert de Boüard
- Qui est le plus prestigieux des voisins immédiats de Montlabert ? Cheval Blanc
- Qui est le célèbre architecte en charge du nouveau chai de Montlabert ? Patrick Jouin

Merci à tous.
Les gagnants recevront un mail pour les informer de la suite. Il faudra sans doute donner un nom et une adresse postale pour recevoir le coffret. Un pseudo ou des initiales ne suffiront pas. La virtualité a ses limites.

Cinq bouteilles de grand vin
offertes par Bon Vivant, le blog


En cette période pré-généreuse, voilà que BonVivant, le blog, se met à faire des cadeaux. La semaine dernière, déjà, j’ai distribué cinquante entrées gratuites au Grand Tasting. S’agit-il de prendre tout le monde de court ? Oui, sans doute, mais les entrées gratuites, c’est fini maintenant.

Cette semaine, le propos est d’offrir à cinq des lecteurs de BonVivant, le blog, un coffret du Château Montlabert.
De quoi s’agit-il ?
C’est un domaine de Saint-Émilion récemment repris par des gens soucieux de l’emmener tout en haut de l'affiche.
Comment gagner ce coffret ?
En faisant vite et en répondant à ces questions :
- Qui est le nouveau propriétaire de Montlabert ?
- Le Château Montlabert est-il classé ?
- Qui est le consultant de Montlabert ?
- Qui est le plus prestigieux des voisins immédiats de Montlabert ?
- Qui est le célèbre architecte en charge du nouveau chai de Montlabert ?
Voilà.
Cinq coffrets aux cinq lecteurs qui auront répondu correctement aux cinq questions faciles.
Dites-moi tout ça, laissez vos réponses et votre adresse mail dans les commentaires ci-dessous et, surtout, faites vite. Je n’ai que cinq coffrets gratuits à distribuer.
First in, first out.

ET VOILÀ, IL EST 12:38 CE LUNDI ET JE TIENS MES CINQ GAGNANTS
LE JEU EST FINI .


vendredi 15 novembre 2013

Votre entrée gratuite au Grand Tasting
en bas de ce texte



Le Grand Tasting, vous savez, c’est le grand machin qui se tient au Carrousel du Louvre les 6 et 7 décembre de 10 à 20 heures pour la huitième fois en huit ans.
L’occasion unique de rencontrer vos vignerons préférés et de déguster leurs vins. Avec 450 producteurs, il y a forcément votre chouchou à vous.  Moi, par exemple, je sais que mon chouchou y sera.
Mieux comme festival de vins, il n’y a pas. Les garçons sont bien élevés et les filles sont jolies, ce n'est pas pareil partout. En plus, il y a un espace réservé aux blogueurs, on cultive l'entre-soi, j'y recevrai tout le monde avec un bon sourire. Tout le monde. Même Antonin ? Oui, même Antonin (il ne viendra pas).
Pour partager ces moments uniques de félicité bachique, de bonheur à plusieurs, j’ai le grand plaisir d’offrir dix entrées gratuites à dix amateurs motivés.
Comment faire ?
Laissez votre adresse mail dans les commentaires ci-dessous et vous serez enregistrés à l’entrée du Grand Tasting. Un mail retour vous parviendra pour vous confirmer votre entrée gratuite.
C’est facile le bonheur, non ?

LA GRANDE DISTRIBUTION DES ENTRÉES EST FINIE.
UNE GROSSE CINQUANTAINE D'ENTRÉES ONT ÉTÉ ATTRIBUÉES.
MERCI D'AVOIR JOUÉ AVEC BONVIVANT, LE BLOG

mercredi 13 novembre 2013

Le Davos du vin, ce que je n’ai pas dit

Deux cuvées de Podere Forte
Je n’ai pas dit la valeur de ces deux domaines italiens, discrets piliers du salon de dégustation de la Villa d’Este.
Le premier, c’est Podere Forte. Un Toscan. Le monsieur s’appelle Forte, il a mis en réanimation un village entier, monté un domaine viticole, ouvert un hôtel, des maisons d’hôtes, un restaurant. Un grand morceau d’Italie, comme autrefois, comme Sassicaia, Castello del Terricio et quelques autres. Un entrepreneur avec une vista, le sens du long terme, pas le genre « take the money and run ». De tout ça, je n’ai vu que les photos et goûté les vins. Les photos font rêver et les vins donnent envie d’en boire encore. En ajoutant que ce signor Forte exploite son domaine en bio, il ne manque plus que d’aller y faire un tour. Un wine tour, bien sûr.
L’autre Italien, c’est un monsieur Fratini, charmant homme d’une courtoisie angélique. Son domaine s’appelle Argentiera, c’est à Bolgheri, Toscane maritime. Le voisin des grands, qu’on appelle aussi super-toscans. Le directeur du domaine est aussi le président de l’appellation. Échanger quelques mots avec ces deux-là, c’est comprendre comme le monde du vin italien s’est vraiment mis au service de la qualité et des vignerons. En Italie, ce sont les meilleurs qui décident, pas les plus mauvais. En Italie, il serait inconcevable de voir des grands vignerons mis à l’index par l’appellation qu’ils représentent mieux que les autres.

Féminin et masculin ? Vraiment ?

On comprend très bien où se situe cette cuvée dans la gamme Modat.
Je n’ai pas dit qu’il y avait deux Français aussi qui nous ont enchanté quatre jours de suite. Le Domaine Modat et Le Chêne Bleu. Eux se sont les mêmes. Comprendre qu’ils sont des néo-vignerons, passionnés à fond, impliqués comme personne, talentueux. Leurs vins résonnaient bien sous les hautes dorures des salons de la Villa d’Este, avec leurs arômes familiers et leurs bons sourires.



Enfin, je n’ai pas dit le prix Lalique. L’an dernier, François Mauss l’avait remis à un vigneron allemand, l’exceptionnel Dönhoff. Cette année, c’est le Hongrois Istvan Szepsy qui s’est vu récompensé. Grand artisan du renouveau des tokajis, il est le promoteur de l’ère post-communiste, post-productiviste. Ce prix Lalique, avec ses deux lauréats ultra-pointus, prend une bonne direction.
La question est : who’s next ? Je suis bien content de n’avoir pas à me prononcer, ce n’est vraiment pas évident.

Pour le plaisir, une dernière image du lac de Côme, photo prise deux minutes avant de partir :




Pour suivre la saga du Davos du vin, voir les six autres billets dans la colonne de droite. 




dimanche 10 novembre 2013

Le off du Davos du vin

C’est la marque des grands événements de susciter un « off » de grande qualité. Que seraient le Festival de Cannes sans la Semaine de la critique ou Vinexpo sans Renaissance des appellations ? Chez Bettane + Desseauve, nous encourageons vivement les événements off du Grand Tasting parce que nous considérons que c’est une part importante du succès. C’est aussi ce qu’il se passe au Davos du vin.
De quoi s’agit-il ?
Cet événement réunit différents publics du vin, amateurs et professionnels, il arrive que les préoccupations des uns soient un peu étrangères à celles des autres. Ainsi tels sommeliers russes n’ont pas fait le chemin de Côme pour passer trois jours de vacances. Bien évidemment, ils doivent déguster de manière approfondie le maximum de vins susceptibles d’être un jour servis à leurs différentes clientèles. Le grand salon dédié aux dégustations en continu est l’endroit idéal pour se rencontrer et plus si affinités. Pour prolonger la conversation, certains producteurs se mettent à l’écart du reste du monde pendant quelques dizaines de minutes pour faire déguster et faire comprendre, au calme d'une chambre ou d'une suite de la villa d'Este. Et c’est très bien comme ça. Et c’est l’intelligence de François Mauss de l’avoir compris. Ce sont aussi ces pratiques qui donnent au VDEWS tout son sens de grand événement haut de gamme.
Dans un registre comparable, certains grands amateurs viennent au Davos avec des bouteilles d’exception dont ils veulent faire profiter leurs pairs et leurs plus proches amis. Ces bouteilles rares sont ouvertes en marge des dégustations officielles. Pendant les dîners, c’est très amusant de voir ces verres qu’on se passe et se repasse avec des airs de conspirateurs. Et plus tard, dans certaines chambres, c’est la valse des bouchons. À la Villa d’Este, pendant le Wine Symposium, on boit beau et beaucoup. Voici un très, très bref aperçu du genre de vins ouverts dans le plus grand secret (de Polichinelle) :









On voit bien (on boit bien aussi, oui) que l’émergence du phénomène « off » est une preuve de plus de la fécondité de l’événement.


Pour retrouver les épisodes précédents, passez par la colonne de droite, tous les sujets "Davos du vin" de ce mois de novembre 2013. Ou cliquez ici, ici, ici, ici et

samedi 9 novembre 2013

Des vins français au Davos du vin (quand même)


Haut-Carles, la grande comète installée durablement dans le ciel de la Rive droite présentaient trois millésimes. Avec La Dauphine (Fronsac) et La Pointe (Pomerol), ci-dessous, ils constituent la relève, la nouvelle génération des vins excellents et abordables. Il y en a d'autres et pas seulement Rive droite. Mais ici, à la Villa d'Este, ce sont ces trois-là qui montrent le chemin.




On a goûté aussi quelques bourgognes parmi les meilleurs. Ce gevrey, ce corton ou ce mazoyères-chambertin sont trois bons exemples.



Du même producteur Taupenot-Merme, nous avons eu la chance de goûter aussi un somptueux charmes-chambertin 1983 qui a confirmé à la fois l'excellence de son terroir, la compétence de ceux qui l'ont élaboré et sa capacité à affronter trente années de vieillissement de toute beauté. Un grand moment.
Autre grande chance, ce graves blanc goûté en très bonne compagnie (Vialette, Khayat, Bourguignon, Borlant) sur une terrasse au bord de l'eau, à l'heure où le blanc est le bienvenu sur nos papilles. Un 1985 du Domaine de Chevalier. Le troisième millésime d'Olivier Bernard dans cette propriété. Un grand silence se fit, ces amateurs pourtant bavards étaient sous le charme de ce blanc d'exception, 28 ans est un très bel âge.






La dégustation sans fin au Davos du vin

Des centaines de verres propres en permanence




Ce blanc de Toscane est un assemblage à parts égales de chardonnay et de pinot blanc, c'est un vin étrange, d'humeur assez sombre. Que les amateurs se rassurent, ce nom usurpé n'a pas duré longtemps. Quand le vin est sorti, la lettre de l'Ambassade de France en Italie ne s'est pas fait attendre.

Lui, c'est Krishna. Si.
Un vin du sud de l'Inde, vers Hyderabad. Un des pionniers de la viticulture indienne, conseillé, je crois, par Derenoncourt. Krishna Prasad et sa femme Uma sont d'authentiques passionnés.


Un blanc d'Allemagne, aérien, pur, 8 degrés alcooliques, trente ans déjà, une limonade raffinée, on en boirait beaucoup. C'est le grand mérite du Davos du vin de rassembler les curiosités les plus inattendues.


Encore un truc étonnant, une sorte de bombe atomique en provenance de la Sonoma, en Californie. On n'est jamais très sûr si c'est un vin de table ou un apéritif pour le cadre sup' en séminaire. Le vin typique du concept "trop de tout". Mais attention, ce n'est pas mauvais du tout.


Pas trace d'hydrocarbures dans ce riesling luxembourgeois pur et droit comme un I. L'idée même qu'on peut se faire d'un vin propre.


Encore un très joli blanc allemand. Celui-ci est un pinot gris de grande finesse. Heitlinger fait aussi un pinot noir très pâle de couleur, un vin très agréable à boire. On peut croire qu'on a encore rien vu avec les vins allemands, tout ce qu'on a pu goûter à la Villa d'Este est dans le sens de l'histoire, plus de finesse, plus de propreté, plus de légèreté. Mais il n'y a pas de gros volumes, ils resteront des vins de grands amateurs.


Pour retrouver les épisodes précédents, passez par .






vendredi 8 novembre 2013

Le Davos du vin se passe en Italie

L’Italie est un grand pays de grands vins.
La preuve en images pendant le dîner d'hier :


Il-caberlot 2001, Tenuta Il Carnasciale. Le all-time chouchou de la Villa d'Este et du Davos. Un vin très exclusif. 2 500 magnums par an. Une tuerie. Le monde entier est d'accord. Ce blog aussi. Ici. Et .


La-serra, barolo 2007, Roberto Voerzio. Ce vin du Piémont est un cadeau, une chance dans une vie. 2007 est un beau millésime, déjà fréquentable. Venu après le caberlot, il montre bien que le Davos du vin a des atouts sérieux.



Petreto 2006. Ce rare liquoreux est produit dans les collines de la Toscane centrale. Un vin fin, très élégant.

Ajoutons quand même un vin français qui a ouvert le dîner hier soir. Le très joli blanc de Reignac. Un domaine qui, décidément, aligne les coups de maître. Merci à ceux qui, ici, ont sélectionné les vins divins.
Et merci à Laurent Vialette et Moritz Rogosky qui savent comme personne améliorer l'ordinaire.


Les deux premiers articles de ce blog sur le Davos du vin VDEWS 2013, ici et

Le Davos du vin commence bien

Cet après-midi, après dissipation des brumes matinales, un petit run sur le lac.


Hier soir, étonnante verticale de Cheval-Blanc, huit millésimes de 1967 à 2000. Trois petits millésimes (67, 69, 75), trois grands (82, 89, 90), un petit (94), un grand (00). Pierre Lurton a le sens de la mise en scène et il faut bien dire que ce choix était parfait.
Premier constat : Cheval Blanc est une famille. Comme dans toutes les familles, il y a une certaine diversité, des échevelés, des bien peignés, des sages, des déconneurs, des curés et des putains. Mais tous partagent une théorie de points communs. Cheval, c’est pareil. Chaque vin a sa personnalité propre, chacun envoie son message à lui, mais les liens de parenté sont bien serrés et cette parentèle se distingue bien des autres grands familles du vin français, à commencer par ses voisins.

1967 est fatigué, mais pas plus que ça. De belles saveurs dans un registre attendu, il ne déroge pas à son petit millésime mal considéré. Pourtant, on s’attendrait à un vieux jus mince et non, il y a encore de la matière et des arômes. Il est même assez goûteux.
1969 est dans un schéma semblable avec peut-être un peu plus d’élégance, de tenue, d’allure. Un dégustateur italien lui a trouvé une note d’olive noire en finale.
1975, c’est le millésime qui devait s’ouvrir, qui allait s’ouvrir, qui ne s’ouvrait pas. Ce cheval 75 est figé dans son éternité. Ouvert ? Non, pas vraiment, entrouvert peut-être. Bu en magnum, il y a deux ans, ce vin est tel qu’en lui-même, posé sur un palier avant une descente annoncée. Bien sûr, le visage de ce cheval est beaucoup plus avenant que ce que le millésime très controversé pouvait laisser espérer. Les vins ont une vie propre, juste pour emmerder les spécialistes.

Le passage par ces trois millésimes est intéressant en ce qu’il montre l’importance de la nuance dans le jugement qu’on peut porter sur un millésime. Ce ne sont pas des bêtes à concours, mais voilà de très bons vins à boire sans tarder, à table un soir où ni Parker, ni Bettane, ni Jancis ne dîne avec vous.

1982 a été un grand moment. Après trois millésimes un peu plus courts, c’est la Fête de la musique, tout d’un coup. C’est un vin majuscule. On perçoit très bien le bénéfice de matière, d’ampleur, de saveurs, de longueur que confère le grand millésime. Au-delà de ça, c’est la richesse aromatique, ce changement de minute en minute, qui fait le plus beau travail. Une fille qui porterait cheval 82 en eau de toilette, je l’aimerais. En attendant l'improbable, j’ai fini mon verre, rien craché, qu'un peu de ce miracle agricole entre dans mon ADN.
1989 a encore à gagner au vieillissement. Coincé entre 82 et 90, c’est pas de chance. J’ai trouvé ce 89 un peu cramé en attaque, un beau déroulé en suivant et très long en finale.
1990 est sans doute l’idée qu’on peut se faire d’une approche de la perfection, à toucher, tout près, là. S’agissant d’un vin, disons l’équilibre et l’élégance, l’ampleur et l’allure, la longueur et la finesse. Si c’était une longue fille émouvante, on parlerait de grâce. C’est pareil. La grâce est l’atout premier de ce cheval 90. Pour complaire aux techniciens, j’ai chaviré avec une pointe de griottes d’un chic absolu.
1994 est encore jeune, tonique, bien dans son verre. Petit millésime, mais cheval-blanc quand même. Tiens, une caisse de 94 aux enchères, ça doit pas valoir beaucoup de sous (avantage des petits millésimes, personne n’en veut, cette erreur) et ça me semble une très bonne affaire, du coup.
2000. Avec ce millésime, on entre dans l’ère moderne. Treize ans, c’est la force du jeune âge, la maturité déjà, mais à peine, l’ouverture, oui. Le nez est un monstre de finesse, de complexité. De minute en minute, il se dévoile un peu plus, changeant, de plus en plus complet. C’est Salomé et la danse des sept voiles. Ce vin est un charmeur, il commence sa carrière. Il y a de la perspective, l’horizon est loin.

S’il faut vraiment le dire pour conclure, c’est le 90 qui gagne. Là, c’est mon copain Armand qui a fini le verre. Mais j’ai fait un rempart de mon corps pour protéger mon yquem 88. Comme souvent, Pierre Lurton ajoute un verre d’yquem en fin de dégustation de cheval-blanc. J’avais justement besoin qu’on me prenne dans les bras, qu’on me cajole un peu, qu’on balaie le léger spleen dans lequel me plonge toujours la fréquentation des lacs, c'est pure gourmandise, bien sûr. Yquem, comme une amoureuse attentive, fait ça très bien. Ce 88 est un monde en soi, un verger du sud, un soir de printemps un peu frissonnant.

Le Davos du vin, ça va commencer, ici

jeudi 7 novembre 2013

Le Davos du vin, ça va commencer


Le lac de Côme, au pied de la Villa d'Este

Il y a des choses rassurantes en ce monde, parmi lesquelles les lacs alpins. Celui de Côme, comme le Léman ou celui d’Annecy offre au voyageur cette permanence des paysages, de paix, de beauté qui évacue en douceur tous les chats noirs. Il faut se laisser porter par la molle du lac, cette langueur, cet engourdissement qui guette le promeneur et qui fait le séjour divin, la villégiature exquise. Ici, à la Villa d’Este, l’endroit sublime dans son décor immuable, l’impression est décuplée par l’ambiance qui règne avant le grand rassemblement du Villa d’Este Wine Symposium, le nouveau nom du WWS aussi connu comme le Davos du vin, ce think tank haut de gamme créé par François Mauss.

Arriver avec quelques heures d’avance permet de saisir les lieux dans leur vérité, le pâle soleil de novembre, cette douceur du temps qui est une constante. Chaque année, au Davos du vin, il fait beau. Ici, quelques-uns s’agitent encore un peu pour tout caler, mais sans excès. Les autres finissent la saison, c’est une affaire de routine. Déjeuner seul face au lac qui brille, avec deux verres d’un margaux remarquable de finesse, l’idéal marquis-de-terme, comme un ultime rempart avant le grand saut vers les vins moins souvent pratiqués. C’était un 2010 en magnum, où l’on s’aperçoit que le travail mené depuis six ans par Ludovic David (cette année, son vin est venu sans lui) porte ses fruits, un beau fruit mûr et délicat, le bordeaux moderne, un vin comme on en boira de plus en plus souvent, un vin qui porte en lui toutes les promesses d’avenir et qui est un enchantement dans son très jeune âge. Là, on n’a pas l’impression de commettre l’infanticide.

Comme chaque fois, on attend du beau monde pour cette cinquième édition du Davos du vin. Il y aura les grands habitués, Aubert de Villaine dirige ce gros des troupes. Il y aura des nouveaux, d’Inde ou de Russie, de Chine. Il y aura les voisins italiens. Il y aura les amis, dont Moritz et son caberlot, tout récent vainqueur du Wine Premiere de Bettane + Desseauve à Londres, il y a quinze jours. Il y aura un ou deux journalistes, pas plus. Tout commence en fin d’après-midi. La perfection est installée sur la rive du lac de Côme. À suivre ici.

Et pendant ce temps 
À l'autre bout du monde, Bettane+Desseauve livre sa troisième édition du B+D Wine Experience Hong Kong. La fine équipe, accompagnée d'une grosse cinquantaine de producteurs, s'apprête à recevoir le meilleur de la profession chinoise. Ce salon est, en effet, réservé aux professionnels. Déjà, les premières photos.

L'affiche de la B+D Wine Exp HK

Florence et Daniel Cathiard (Smith-Haut-Lafitte) entourent Michel Bettane. 

mardi 5 novembre 2013

Pendant que j'y pense #23

Grande dégustation hier soir aux Beaux-Arts à Paris. Eugène Raoux, négociant bordelais, présentait tous les vins qu’il met en marché. Il y avait du beau monde. Et de beaux vins. Chaque propriétaire, chaque directeur de château, avait apporté ce qu’il jugeait intéressant à déguster à ce moment. On a bu des choses magnifiques. Je ne vais pas les citer tous ici, mais trois mentions spéciales à calon-ségur 98, beychevelle 10 et malartic-lagravière 08, d’une rare suavité.
J’ai profité de l’occasion pour bavarder un peu avec certains propriétaires dont l’excellent Alfred Tesseron, venu là avec son vin et son cognac, les deux en pleine forme. Ce qui nous a permis de tordre le cou à une rumeur qui court ici et là et de confirmer que oui, il y aura un beau pontet-canet 2013 et que oui aussi, la bio-dynamie certifiée à Pontet-Canet continuera encore longtemps. L’abandonner n’est pas du tout à l’ordre du jour, au contraire. Voilà qui est dit, comme un point sur un i, merci Alfred. Les oiseaux de malheur peuvent aller se rhabiller.




Le déjeuner Fourcas-Hosten ne m’a pas permis de retrouver Caroline Artaud-Debelmas, la directrice technique de ce listrac de haut niveau aujourd’hui propriété des frères Momméja. Dommage, une autre fois. Il y avait un 89 et un 2010 magnifiques l'un comme l'autre pour des raisons parfaitement opposées. À table, c'est mieux que devant un crachoir. Les brothers de Fourcas- Hosten et Caroline, c’est facile, ils visent la confrontation avec le meilleur de la production médocaine et il n’est pas exclu qu’ils y parviennent. Déjà, ce premier millésime est en rupture totale avec ce qui précède et c'est très bon, bravo. Les projets sont passionnants, il s’agit surtout d’un blanc en bio avec des vignes plantées depuis peu sur des terres vierges de tout traitement. À suivre.

C’est l’automne, donc parlons de la Provence, ses vins. La Provence est une terre de rouges. Après le blanc du Château Les Valentines, voici donc leur grand rouge. Comme ils ont beaucoup, beaucoup travaillé pour le faire, ils l’ont appelé Bagnard. Le vin est un sacerdoce, donc. Pour grossir le trait, chaque bouteille est numérotée avec un
« matricule » et la capsule confirme. Alcatraz n’est pas loin. J’ai goûté le millésime 2009. Beaucoup trop jeune. Le vin est puissant, tu tires le bouchon, t’as l’impression qu’un taureau furieux déboule dans ton verre. Le matador n’en mène pas large. Il y a de la matière, du jus, des arômes, de la couleur, l’intention est lisible. On le reverra avec plaisir dans deux ou trois ans.

Comme chaque année, le début du mois de novembre est dévolu à deux grands événements. La Bettane+Desseauve Wine Experience à Hong Kong. La cinquantaine d’exposants s’apprêtent à recevoir la petite foule des professionnels chinois venus découvrir leurs vins ou confirmer leurs impressions ou passer commande. Tout ira bien, cette cinquième édition s’annonce parfaite. Comme chaque année, je n’y suis pas pour cause d’overdose de travail. En revanche, je consacre deux jours au Davos du vin, dans le cadre d’exception de la Villa d’Este au bord du lac de Côme. D'ailleurs, le vrai nom du Davos du vin est aujourd'hui Villa d'Este Wine Symposium. C’est ma quatrième participation et, comme chaque fois, je publierai vers minuit sur ce blog le compte-rendu de la journée écoulée. On attend des dégustations immenses et de grands hommes du vin mondial. Comme d’hab. Et voilà une jolie photo de Riva sur le lac de Côme, parfaite illustration du raffinement du lieu.



La photo ci-dessus : signée Mathieu Garçon, elle a été prise au Davos du vin numéro 2, en novembre 2010. Cliquez sur les photos pour les voir en grand.

En savoir plus sur Caroline Artaud-Debelmas, ici.
Et sur le Davos du vin, en cliquant sur les mois de novembre 2010, 11 et 12, colonne de droite.





samedi 2 novembre 2013

Deux provences, mais pas de rosé




Le 8 du Château Les Valentines 
Un blanc très joli à regarder avec ses fines nuances roses. Un vin gras, ample, aromatique, avec du caillou en bouche, du caillou qui a eu chaud cet été-là, une minéralité très provençale ; plus loin, une note épicée. On est en Provence, pas à Chablis, ce n’est pas un monstre de tranchant ou de vivacité. Mais dans le suave, la partition est bien exécutée. C’est très bien fait. C’est un vin d’appellation côtes-de-provence-la-londe, sorte de surclassement de l’appellation générique locale depuis peu, 2008. Millésime 2012.




La Chapelle du Château Sainte-Roseline 
Encore un rouge qui plaide pour le rouge en Provence. À regretter qu’autant d’espace soit dévolu au rosé, mais le pli est en train d’être pris, le rouge regagne du terrain, ce n’est pas perdu. À Sainte-Roseline, ils sont bons pour les beaux rouges. Rien dans ce vin n’évoque les exagérations liées au climat, même la couleur n’est pas très dense. Le vin a de la finesse, de la précision et même une sorte de ciselé très bien venu, des tanins fondus. Avec ses six ans d’âge, il est parfait à table. Lui, c’est un côtes-de-provence tout court. Millésime 2007. C’était une bonne idée de l’attendre.